UN Special
 
                    ONU

QUAND LA PHILOSOPHIE S’EN MÊLE...

Le Penseur (The thinker) - Auguste Rodin (1840–1917) - Photo: www.Flickr.com; steven n fettig

S’il est une discipline qui devrait dans l’idéal faire son chemin dans notre
Organisation, c’est la philosophie.

EDMOND DE TARADE, ONUG

En effet, cette discipline, appelée à juste titre reine des sciences prend toute sa rigueur et tout son sens, ou du moins devrait les prendre dans cette organisation qui prétend protéger les droits de l’homme.
Mais d’abord, pourquoi l’appelle-t-on la reine des sciences ?
Simplement parce que c’est elle qui s’applique à rechercher et à poser les premiers principes de la connaissance : Il y a parmi toutes les sciences qui se posent à l’homme, trois degrés de connaissance ou d’abstraction.
Le premier est le plus particulier, le plus simple, bien qu’il puisse regrouper des sciences difficiles comme la physique etc... c’est le degré de l’observation. C’est celui de la leçon de choses des maternelles qui appréhendent un rond, un carré, lourd et léger etc. mais c’est aussi celui des observations astronomiques ! L’esprit va abstraire de l’objet qui lui est proposé ses qualités physiques. Son objet est l’être physique.
Le deuxième degré s’élève un peu plus haut en abstrayant de l’objet le quantifiable : c’est l’objet propre des mathématiques et de toutes les sciences qui s’y rapportent comme les finances, mais aussi la partie mathématique de la physique quantique, et de la théorie de la relativité générale. Son objet est l’être quantifiable.
Le troisième degré, lui, va abstraire de l’objet qui lui est proposé l’être lui-même. C’est la métaphysique, science propre de la philosophie. Son objet est l’être en tant qu’être. C’est dans ce troisième degré, par exemple, que l’on va pouvoir poser le principe de non-contradiction (appelé aussi principe de contradiction suivant les auteurs) : « une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps, sous le même rapport.»
Ce troisième degré là étant le plus haut parce qu’ayant une vue beaucoup plus générale, il doit guider les autres sciences dans leur cheminement, mais surtout être un garde fou pour leurs conclusions.

Mais alors me direz vous, qu’est ce que cela a à voir avec l’ONU ?
Et bien dans l’idéal, les droits de l’homme ne peuvent pas fonctionner sans un principe très simple que nous enseigne la philosophie, mais que l’ONU ou ses membres ont parfois tendance à oublier : tout droit implique des devoirs.
Dans la charte des droits de l’homme, le mot « droit » au singulier ou au pluriel est utilisé plus de soixante fois. Le mot devoir n’apparaît quant-à lui qu’une seule petite fois à l’article 29 alinéa 1 : « L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible » C’est bien de le dire, c’eut été mieux peut-être de les énoncer, ces fameux devoirs !

Le problème est très simple : l’oubli de nos devoirs les plus fondamentaux nous enseigne à oublier les autres et à faire passer nos droits avant les leurs. Savoir considérer les droits des autres, voilà justement un devoir que l’on ferait bien de méditer un peu plus : cela s’appelle le respect.

Up