QUAND LA PHILOSOPHIE S’EN MÊLE...
S’il est une discipline qui devrait dans l’idéal faire son chemin dans notre
Organisation, c’est la philosophie.
EDMOND DE TARADE, ONUG
En effet, cette discipline, appelée à juste titre
reine des sciences prend toute sa rigueur et
tout son sens, ou du moins devrait les prendre
dans cette organisation qui prétend protéger
les droits de l’homme.
Mais d’abord, pourquoi l’appelle-t-on la reine
des sciences ?
Simplement parce que c’est elle qui s’applique
à rechercher et à poser les premiers
principes de la connaissance :
Il y a parmi toutes les sciences qui se posent
à l’homme, trois degrés de connaissance
ou d’abstraction.
Le premier est le plus particulier, le plus simple,
bien qu’il puisse regrouper des sciences
difficiles comme la physique etc... c’est le degré
de l’observation. C’est celui de la leçon de
choses des maternelles qui appréhendent
un rond, un carré, lourd et léger etc. mais
c’est aussi celui des observations astronomiques
! L’esprit va abstraire de l’objet qui lui
est proposé ses qualités physiques. Son objet
est l’être physique.
Le deuxième degré s’élève un peu plus haut
en abstrayant de l’objet le quantifiable : c’est
l’objet propre des mathématiques et de toutes les sciences qui s’y rapportent comme
les finances, mais aussi la partie mathématique
de la physique quantique, et de la
théorie de la relativité générale. Son objet est
l’être quantifiable.
Le troisième degré, lui, va abstraire de l’objet
qui lui est proposé l’être lui-même. C’est
la métaphysique, science propre de la philosophie.
Son objet est l’être en tant qu’être.
C’est dans ce troisième degré, par exemple,
que l’on va pouvoir poser le principe de
non-contradiction (appelé aussi principe de
contradiction suivant les auteurs) : « une chose
ne peut pas être et ne pas être en même
temps, sous le même rapport.»
Ce troisième degré là étant le plus haut parce
qu’ayant une vue beaucoup plus générale, il
doit guider les autres sciences dans leur cheminement,
mais surtout être un garde fou
pour leurs conclusions.
Mais alors me direz vous, qu’est ce que cela
a à voir avec l’ONU ?
Et bien dans l’idéal, les droits de l’homme ne
peuvent pas fonctionner sans un principe
très simple que nous enseigne la philosophie,
mais que l’ONU ou ses membres ont parfois
tendance à oublier : tout droit implique des
devoirs.
Dans la charte des droits de l’homme, le mot
« droit » au singulier ou au pluriel est utilisé
plus de soixante fois. Le mot devoir n’apparaît
quant-à lui qu’une seule petite fois à l’article
29 alinéa 1 : « L’individu a des devoirs envers
la communauté dans laquelle seul le
libre et plein développement de sa personnalité
est possible » C’est bien de le dire, c’eut
été mieux peut-être de les énoncer, ces fameux
devoirs !
Le problème est très simple : l’oubli de nos devoirs les plus fondamentaux nous enseigne à oublier les autres et à faire passer nos droits avant les leurs. Savoir considérer les droits des autres, voilà justement un devoir que l’on ferait bien de méditer un peu plus : cela s’appelle le respect.

