
CHRISTIAN DAVID
rédacteur en chef
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DÉVELOPPER UNE CULTURE DU COURAGE DANS NOTRE ORGANISATION
Bagdad bientôt cinq ans, Alger quelques mois, l’an dernier quarante-sept de nos collègues ont perdu la vie, laissant une famille sur les théâtres d’opérations. Que doit-on dire à cette jeune femme qui a perdu son mari, dont l’enfant n’a pas connu son père? L’ONU vous soutient? Vaste plaisanterie lorsque l’on sait que les familles des victimes de Bagdad ont été laissées dans l’abandon le plus total, que certains ont développé des dépressions graves et que le traumatisme a été traité avec l’efficacité habituelle de la bureaucratie surpuissante. Quelques initiatives sont prises depuis pour accompagner les victimes «récentes et à venir ». Il faut bien entendu souligner et remercier les volontaires qui donnent leur temps, leur énergie et leur humanité pour leur venir en aide. Il s’agit maintenant de demander à notre Organisation d’avoir le courage de traiter les cas qui ne sont pas résolus, de mettre en place une vraie structure. Il s’agit d’avoir le courage prendre des positions fermes envers les états hôtes pour faire fermer des enceintes non sécurisées ou non conformes aux normes établies par le Département de la Sécurité et de la Sûreté, en faisant fi des pressions des pays qui veulent utiliser l’image de l’ONU à des fins politiques, économiques ou même publicitaires sans assurer ce minimum requis. Faire cesser ce marché de dupes nécessite un réel courage politique. Notre Organisation et ses chefs d’agences en sont elles capables?
DEVELOPING A CULTURE OF COURAGE IN THE UN
It’s been five years since the bombing of our office in Bagdad, just a few months since the bombing of our office in Algiers. Last year forty-seven more of our colleagues lost their lives, leaving behind families, spouses and children in the line of duty. What should we say to the young woman whose husband was killed and whose child will never know his father? Should we say “the UN is behind you all the way”? That would be an unpleasant joke, since we know that the families of the victims in Bagdad have been totally abandoned, that some have become seriously depressed and that the trauma has been treated with bureaucratic disregard. Some initiatives have been taken to care for the present or future victims of these disasters, certainly we should highlight those, and thank the generous assistance of volunteers who gave so much of their time, their energy and their human kindness to this cause. At present, we need to ask our Organization to have the courage to examine cases that remain unresolved, to establish a true infrastructure for these, and to have the courage to close those duty stations that remain unsafe for staff members. It should reject the undue pressure from countries that wish to use the prestige of the UN for their own political and economic ends. To stop this sort of blackmail of our image will need real political courage. Are we, members of the United Nations, capable of that?

