| UNSPECIAL
No 613 Décembre - December 2002
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| ÉDITORIAL INTERVIEW Vers l'universalisme
de la connaissance? PERSONNEL Le HIV/SIDA
sur le lieu de travail SPÉCIAL ESCALADE 400e ammiversaire
de l'Éscalade de 1602 ARTS Que mangerons-nous
demain?
LAST MINUTE WHO's 8th
Annual Solidarity Fair/8e Fête de solidarité de l'OMS
OBITUARY Doreen Maria
Brown, WHO ROSES & CACTUS Des roses et des cactus/Roses and cactus |
LEscalade, cétait il y a 400 ansRachel El Haloui-Deléglise, ONU
Le pape Sixte Quint lors de son avènement, en 1585, avait fait part au beau-père du duc de Savoie, Philippe II dEspagne, de son souhait de voir Alger reconquise sur les Maures, lAngleterre envahie et ramenée dans le giron de son église et Genève reprise trouva écho en la personne du duc de Savoie Charles Emmanuel. Le caractère de ce dernier, extrêmement ambitieux, conduisit le roi de France Henri IV en dépit du traité de Vervins à occuper la Bresse et à envoyer une armée vers le pays de Gex. Tout le monde, et en particulier les Genevois, croit la paix conclue lors du traité, et comme la saison hivernale est peu propice aux opérations militaires, aucune mesure particulière nest prise pour assurer la protection de la Cité. La nuit Lors de la nuit «la plus longue», celle du samedi 21 au 22 décembre 1602 et pour les Genevois de lépoque du 11 au 12 décembre (calendrier julien), le Duc Charles-Emmanuel de Savoie fait attaquer Genève par surprise. Au terme dune marche partie de Bonne et de La Roche (en Haute-Savoie), larmée ducale conduite notamment par le Seigneur Charles dAlbigny et le Baron de la Val dIsère parvient à Plainpalais, un peu hors les murs. Avec eux les soldats du Duc de Savoie ont emporté des éléments déchelles longs denviron 1 m 70 chacun, emboîtables. Cette idée de génie donnera son nom à lescalade. Tirés de leur sommeil par un coup darquebuse, les Genevois prennent leurs armes pour aller contrer lennemi. La célèbre marmite que Catherine Cheynel, épouse de Pierre Royaume, surnommée affectueusement la Mère Royaume, a expédiée sur la tête dun assaillant le faisant passer ainsi de vie à trépas est passée à la postérité comme le symbole de la résistance genevoise. Le fait que la Mère Royaume faisait cuire une soupe à 3 heures du matin peut paraître étonnant, mais sachons accepter la part du mythe qui accompagne tout épisode de lhistoire. Cest dailleurs en hommage à la Mère Royaume, que la tradition veut que le jour de lescalade on casse une marmite en chocolat remplie de faux petits légumes en massepain au cri de «quainsi périssent les ennemis de la République». Revenons au cœur de la bataille. Le projet de lennemi de faire sauter la porte Neuve pour favoriser le passage au gros des troupes ne se réalise pas. Bien que 10 de ses 11 co-légionnaires aient pris leurs jambes à leur cou, le garde Isaac Mercier fait tomber la herse. Face à cette situation, et se rendant compte que lattaque a échoué, les troupes du Duc sempressent de retourner à leurs campements avant la levée du jour. On comptera dix-huit morts du côté gene- vois: leurs ossements seront conservés au temple de Saint-Gervais. Cinquante-quatre cadavres ennemis sont ramassés dans les rues et dans les fossés au pied de la muraille. Treize prisonniers sont jugés et confiés au célèbre bourreau Tabazan. Leurs têtes ont été exposées quelques mois en public, à Genève. La paix A lété 1603, le traité de Saint-Julien marquera la fin des nombreuses tentatives de Charles-Emmanuel de faire de Genève sa capitale au nord des Alpes: «la capitale de ses états en deçà des monts». Les cours européennes, notamment le roi de France Henri IV, qui venait de signer lEdit de Nantes (1598), la cour dAngleterre, avec successivement Elisabeth Ire puis Jacques Ier, ne ménagèrent aucun effort en vue de la réalisation de ce traité. Dès lors, lEscalade symbolisera la volonté dindépendance des Genevois et marquera la fête officielle de cette cité. |
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