UNSPECIAL No 613– Décembre - December 2002

ÉDITORIAL

The 2002 vintage
Le cru 2002

INTERVIEW

Vers l'universalisme de la connaissance?
Security at the Palais des Nations: What does the task really involve?

PERSONNEL

Le HIV/SIDA sur le lieu de travail
HIV/AIDS in the UN System Workplace
A day in the life of...
La carrière onusienne d'un marin daltonien
La "résistance au changement"
Don't Fear Whistle-Blowers
When...
Journals at your fingertips/Journaux et revues sur vos écrans
Gagnants du concours UN Special 2002/UN Special 2002 Quiz Winners

SPÉCIAL ESCALADE

400e ammiversaire de l'Éscalade de 1602
L'Éscalade, c'était il y a 400 ans
Fabrication de la marnite en chocolat

ARTS

Que mangerons-nous demain?
Le Jardin des Nations
Safety technology by means of the...Arts?

 

LAST MINUTE

WHO's 8th Annual Solidarity Fair/8e Fête de solidarité de l'OMS
Hommage à Charlie Chaplin

 

OBITUARY

Doreen Maria Brown, WHO
Francis Couty, le 20 juin 2002

ROSES & CACTUS

Des roses et des cactus/Roses and cactus

 

L’Escalade, c’était il y a 400 ans

Rachel El Haloui-Deléglise, ONU

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Le pape Sixte Quint lors de son avènement, en 1585, avait fait part au beau-père du duc de Savoie, Philippe II d’Espagne, de son souhait de voir Alger reconquise sur les Maures, l’Angleterre envahie et ramenée dans le giron de son église et Genève reprise trouva écho en la personne du duc de Savoie Charles Emmanuel. Le caractère de ce dernier, extrêmement ambitieux, conduisit le roi de France Henri IV – en dépit du traité de Vervins – à occuper la Bresse et à envoyer une armée vers le pays de Gex. Tout le monde, et en particulier les Genevois, croit la paix conclue lors du traité, et comme la saison hivernale est peu propice aux opérations militaires, aucune mesure particulière n’est prise pour assurer la protection de la Cité.

La nuit

Lors de la nuit «la plus longue», celle du samedi 21 au 22 décembre 1602 et pour les Genevois de l’époque du 11 au 12 décembre (calendrier julien), le Duc Charles-Emmanuel de Savoie fait attaquer Genève par surprise. Au terme d’une marche partie de Bonne et de La Roche (en Haute-Savoie), l’armée ducale – conduite notamment par le

Seigneur Charles d’Albigny et le Baron de la Val d’Isère – parvient à Plainpalais, un peu hors les murs.

Avec eux les soldats du Duc de Savoie ont emporté des éléments d’échelles longs d’environ 1 m 70 chacun, emboîtables. Cette idée de génie donnera son nom à l’escalade. Tirés de leur sommeil par un coup d’arquebuse, les Genevois prennent leurs armes pour aller contrer l’ennemi.

La célèbre marmite que Catherine Cheynel, épouse de Pierre Royaume, surnommée affectueusement la Mère Royaume, a expédiée sur la tête d’un assaillant le faisant passer ainsi de vie à trépas est passée à la postérité comme le symbole de la résistance genevoise. Le fait que la Mère Royaume faisait cuire une soupe à 3 heures du matin peut paraître étonnant, mais sachons accepter la part du mythe qui accompagne tout épisode de l’histoire. C’est d’ailleurs en hommage à la Mère Royaume, que la tradition veut que le jour de l’escalade on casse une marmite en chocolat remplie de faux petits légumes en massepain au cri de «qu’ainsi périssent les ennemis de la République».

Revenons au cœur de la bataille. Le projet de l’ennemi de faire sauter la porte Neuve pour favoriser le passage au gros des troupes ne se réalise pas. Bien que 10 de ses 11 co-légionnaires aient pris leurs jambes à leur cou, le garde Isaac Mercier fait tomber la herse. Face à cette situation, et se rendant compte que l’attaque a échoué, les troupes du Duc s’empressent de retourner à leurs campements avant la levée du jour.

On comptera dix-huit morts du côté gene- vois: leurs ossements seront conservés au temple de Saint-Gervais. Cinquante-quatre cadavres ennemis sont ramassés dans les rues et dans les fossés au pied de la muraille. Treize prisonniers sont jugés et confiés au célèbre bourreau Tabazan. Leurs têtes ont été exposées quelques mois en public, à Genève.

La paix

A l’été 1603, le traité de Saint-Julien marquera la fin des nombreuses tentatives de Charles-Emmanuel de faire de Genève sa capitale au nord des Alpes: «la capitale de ses états en deçà des monts». Les cours européennes, notamment le roi de France Henri IV, qui venait de signer l’Edit de Nantes (1598), la cour d’Angleterre, avec successivement Elisabeth Ire puis Jacques Ier, ne ménagèrent aucun effort en vue de la réalisation de ce traité.

Dès lors, l’Escalade symbolisera la volonté d’indépendance des Genevois et marquera la fête officielle de cette cité.