| UNSPECIAL
No 612 novembre - November 2002
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| É D I T O R I A L Des bureaucrates heureux! INTERVIEW PERSONNEL WHO-OMS: Vote - Allez voter Spécial imprimerie: Au service des clients Staff Gala GLOBE The values we are defending ARTS Féeries sphériques TECH NEWS |
Une grande famille
Depuis combien de temps travaillez-vous à lONU ? Depuis 1991. Et avant ? Jétais responsable dune petite maison dédition. Et avant encore, je conduisais des machines quatre couleurs un peu partout dans la région. En fait, je suis dans limprimerie depuis lâge de 16 ans. Comment devient-on imprimeur ? Personnellement, cest venu par hasard. Je voulais être coiffeur et cest en visitant une imprimerie que jai décidé de faire ce travail. Au début, je travaillais la journée comme apprenti et le soir je suivais des cours, pour obtenir un CAP. Depuis que vous avez commencé ce travail, est-ce quil a beaucoup ch a n g é ? E n o r m é m e n t ! Il faut constamment se remettre en question. Quand jai commencé à travailler en 1972, certains utilisaient encore la typo, cest à dire les caractères en plomb, maintenant plus personne ne le fait. Lessentiel de ma carrière, je lai fait sur offset. Mais malgré tout, il faut sans cesse sadapt e r. Quel est exactement votre travail ? On me donne un tirage à effectuer. Je charge le papier à lentrée de la machine. Je dispose mes plaques en fonctions des pages et des couleurs. Puis, il faut caler les plaques et les encriers. Il y a un grand nombre de mise au point à faire. Mise au point dont vont dépendre les résultats. Une fois que tous ces réglages sont faits, enfin on peut faire tourner la machine. Ceci après avoir fait des essais pour être sûr que tout va bien. Après, cest une question de surveillance. Mais il faut malgré tout rester vigilant et faire attention que la machine ne sarrête pas, que lencre se dispache bien etc. En fait, pour régler une presse offset, en réglage de base, il faut une journée, pour le travail courant il faut plusieurs heures. Vous allez recevoir une nouvelle m a ch i n e ? Oui, cest une machine super performante, une quatre couleurs. Donc, nous pourrons imprimer en couleur avec un seul passage en machine, contre deux actuellement. Doù un gain de temps dautant plus considérable quon ne sera pas obligé de nettoyer les machines entre chaque passage. Avec les nouvelles technologies, il semblerait que des ordinateurs vont faire votre travail ? Pas du tout ! Lordinateur a un avantage par rapport à sa finesse dexécution. Pour vous donner un exemple, auparavant, nous avions des visses dencriers pour régler le débit de lencre. Lordinateur peut le faire au 1/100e près, ce que nous ne pouvions pas faire.
Est-ce que vous considérez votre métier comme un métier darts, d a r t i san ou carrément un métier i n d u s t r i e l ? Cest un peu tout cela à la fois. Nous produisons des quantités qui sont industrielles, par contre la finition est digne dun artisan et même parfois dun artiste. Surtout à lheure actuelle où nous faisons de la quadrichromie avec deux passages en machine. Tout lart de la couleur va consister à moduler chacune des couleurs en imaginant ce que les couleurs qui viendront après vont apporter à limage finale. Cest un travail dartiste. Mais dans lensemble, ce qui caractérise le plus les imprimeurs, cest laspect artisanal de leur travail. Nous sommes restés non seulement dans laspect pratique, mais aussi dans laspect psychologique de notre travail des artisans, avec cette vieille tradition du respect des anciens et de lexpérience. Dans notre section, vous entendrez quelquefois des gens élever la voix, mais une fois lorage passé, tout est oublié. Nous sommes une grande famille, avec tout ce que cela a de bon et de chaud et puis les à côtés aussi. Mais travailler ici, cest vraiment super. Interview par Jean Michel Jakobowicz. |
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