UNSPECIAL No 605– MARS - MARCH 2002

Les nouveaux sphinx

Les diplomates qui hantent nos réunions sont des personnes fascinantes que j’ai parfois un peu de mal à comprendre.

Ainsi, il ne se passe pas de jour sans qu’un délégué ne peste, à juste titre, contre le secrétariat parce que des documents ne sont disponibles qu’en anglais. Que fait ce même délégué pour pallier cette carence ? Il vote une coupe de 19 millions de dollars dans le budget des conférences diminuant ainsi les capacités de traductions du secrétariat.

Autres cas de schizophrénie galopante: les délégués se plaignent amèrement que les documents ne sont disponibles qu’à la dernière minute et qu’ils n’ont pas le temps de les étudier d’une façon approfondie. La solution est de placer ces documents dès que possible sur Internet. Que font les délégués pour aider le secrétariat ? Ils décident de réduire de 7 millions de dollars le budget informatique de l’Organisation.

Où est la logique dans tout cela ? Peut-être dans une petite assassine phrase attribuée à Victor Hugo qui disait qu’un diplomate est un homme payé pour tenter de résoudre les difficultés qui ne se seraient jamais présentées s’il n’y avait pas eu de diplomates.

Le rdacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz