UNSPECIAL No 604– FEVRIER 2002
 

Halte au Paris-Dakar

Jean-Louis Silvestre

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Depuis plus de vingt ans, chaque année, en France, nous assistons impuissants à l’apologie du gaspillage, à l’indécence d’un cirque médiatique, ainsi qu’à l’invraisemblable «french paradoxe» par lequel, la France, apporte une aide au développement de l’Afrique (0,37%), alors que d’autre part ce rallye dilapide des centaines et des centaines de millions d’euros pour quoi? pour qui? et dont on est en droit de s’interroger sur la finalité d’une telle énergie à gaspiller sur un continent meurtri par tant d’épreuves comme la sécheresse, le SIDA ou l’endettement. Les organisateurs ajoutent le cynisme à l’injure sachant pertinemment que sous le logo Total-Dakar se cachent d’autres intérêts financiers. Peuton laisser quelques zozos s’amuser à faire pétarader leurs machines au profit de quelques zinzins sans scrupules! Déjà en 1988, le professeur, René Dumon,t déclarait: «Ce rallye est indécent. Je compare cela à une bande de fêtards qui organisent un banquet mais pas chez eux, et qui entrent chez un pauvre pour ripailler sans l’inviter à partager. La vraie aventure c’est

la lutte contre la faim, c’est aussi le combat pour l’eau rare.» Pour que les cris du célèbre agronome comme ceux du respectable ethnologue, Théodore Monod, et de quelques autres détracteurs ne se perdent pas encore une fois dans les sables il est temps de dire, haut et fort, à tous les responsables: ARRÊTONS ce déploiement de moyens matériels, financiers et humains (en 24 ans, plus de 31 morts et autant d’estropiés à vie) et, c’est triste à dire, lesquels aurraient mieux fait de se mettre au service d’une noble cause.

                                                    L’auteur est un ancien fonctionnaire
   
                                                 de l’ONU et président de l’ONG Les amis de Bamba au Mali.