UNSPECIAL No 604– FEVRIER 2002
 

     Mille fois merci!

Merci, merci, mille fois merci! Après presque trente ans d’attente, un de mes fantasmes les plus chers vient enfin d’être réalisé. Grâce à notre merveilleux système de gestion intégrée par ordinateur, IMIS pour les intimes, je peux enfin lire ma fiche de salaire ligne par ligne au lieu de colonne par colonne. Vous ne pouvez pas savoir comme c’est agréable. Fini les signes cabalistes, les codes incompréhensibles, maintenant je sais enfin que mon salaire n’a pas changé depuis vingt ans et ceci sans avoir à tourner la page. C’est merveilleux! J’ai presque l’impression de commencer une nouvelle carrière dans une nouvelle organisation, dynamique et moderne.

Certes, cette prouesse technique a pris plus de dix ans de travail acharné et un peu plus 50 millions de dollars contre 17 qui étaient demandés lors du lancement du projet. Mais un tel plaisir vaut bien un petit dépassement de 200% car depuis les congés payés et la semaine de 35 heures on n’avait jamais vu un tel progrès social!

Comme d’habitude, il y a les cyniques qui ne sont jamais contents, qui disent qu’il existe maintenant sur le marché des softwares qui font le même travail qu’IMIS pour dix fois moins cher et dix fois mieux. D’autres encore qui osent dire qu’IMIS est lourd et qu’il génère deux fois plus de travail que les systèmes manuels, ou bien encore ceux qui osent affirmer qu’en janvier 2002 à Genève plus personne ne pouvait avoir d’argent pour voyager et recruter des consultants, tout simplement parce que les chiffres qu’IMIS fournissait à New York étaient différents de ceux de Genève.

Mais tous ces gens sont des aigris qui ne comprennent pas combien il est beau et bon de lire sa fiche de paie dans le bon sens et qui en plus ne savent pas qu’il est interdit par les conventions internationales de tirer sur les ambulances.

Le rédacteur en chef, Jean Michel Jakobowicz