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Lart du Web?

Interview par Jean Michel Jakobowicz.
UNS: comment en êtes-vous venue
à vous occuper de lIntranet de lONUG?
Ghislaine Gojon: Un peu par hasard. Mon parcours est atypique
puisque jai commencé ma vie professionnelle comme monitrice
de ski. A un certain moment, javais envie dun grand changement
et je suis venue travailler aux Nations Unies comme standardiste.
Comme standardiste?
Oui, javais déjà travaillé quelques
mois aux PTT en France dans ce domaine et le milieu international ma
toujours beaucoup attiré.
Et ça vous plaisait?
Ce nétait pas une passion, au début cétait
très dur dêtre assise et enfermée. Cest
un métier excessivement stressant. Surtout à lépoque
puisque le Palais nétait pas équipé dun
standard automatique. Nous recevions environ 7000 appels par jours en
entrée plus tous les appels internes à établir. Cest
un métier dautant plus dur que bien souvent les gens que
nous avions au bout du fil étaient agressifs. Parfois parce quils
avaient été obligés dattendre, parfois parce
quils ne savaient pas vraiment ce quils voulaient et pensaient
que lONU pouvait répondre à toutes leurs questions.
Que vous est-il resté de ces années
passées au standard?
Limpression davoir grandi! Cela a été
une expérience exceptionnelle, surtout par lambiance qui
régnait au standard. Nous étions plus de vingt femmes dans
une salle huit heures par jour, sans cesse soumises au stress. Dans des
conditions pareilles, on apprend beaucoup de choses humainement, surtout
la compassion et la tolérance.
Du standard comment êtes-vous passée
à Intranet?
Quand nous avons eu des ordinateurs à disposition, je
me suis très vite passionnée pour le dessin à lécran,
les couleurs lumières étant tellement attrayantes. Etant
moi-même peintre amateur, jai découvert avec beaucoup
dintérêt les nombreuses possibilités quoffraient
les logiciels graphiques. Et je dois vous avouer que je me suis laissée
charmer. Non seulement jai suivi de nombreux cours du soir pour
apprendre à utiliser certains de ces logiciels, mais en plus jai
passé de nombreuses longues soirées à me perfectionner.
A un moment, cela était devenu une réelle passion. Cest
tout à fait par hasard que la personne qui soccupe de lIntranet
sest aperçu de mon savoir-faire et quelle ma
demandé de me joindre à leur équipe. Cela tombait
dautant mieux quavec lintroduction du standard automatisé
le service devait réduire ses effectifs.
Ce nest pas lONU qui a payé
votre formation?
Non! tout dabord à lépoque, les budgets
de cours étaient plus rares. Mais en plus cela aurait pris trop
de temps. Jétais impatiente alors jai choisi de les
financer au plus vite. Mais je ne regrette pas un centime de ce que jai
dépensé. Régulièrement je continue à
me former et cela est pris en charge par les Nations Unies.
Combien de personnes soccupent de lIntranet?
Léquipe est composée de quatre personnes.
Deux soccupent du développement, une des bases de données
et moi, du graphisme, de la mise en page et mise à jour des pages.
En quoi consiste exactement votre travail?
Je reçois des documents, que ce soit des photos ou des
textes, mon rôle est de les traiter de façon quil soit
possible de les mettre sur lIntranet. Cela va depuis des problèmes
de mise en page jusquà lamélioration des photos
et la présentation graphique. Je fais paraître les dernières
nouvelles dès leur réception. Et puis, nous essayons de
créer une nouvelle présentation, navigation et «home-page»
tous les deux ans. Cela représente des heures de travail graphique
et beaucoup de réflexion avec mestrois autres collègues.
Cest un travail artistique ou plutôt
technique?
Plutôt artistique. Lorsque comme dans tout art on a appris
la technique, le reste est une question de goût. Le problème,
ou peut-être lavantage cest que la technique évolue
sans cesse. Je sais que si par exemple je venais à décrocher
du travail pendant un an, en revenant, je serais assez perdue. Ce qui
nest pas vrai pour les arts plus classiques.
Vous ne travaillez que pour lONUG?
Oui! Mais lONUG couvre un grand nombre de départements
qui tous maintenant ont envie de faire connaître leurs activités
et qui font de plus en plus appel à nous pour développer
leurs pages sous forme de petits sites qui présentent leurs activités.
A quoi servent ces sites?
Ils remplacent de plus en plus ce qui était fait sur
papier et ils permettent davoir une vision globale sur le rôle
de chaque département et la présentation de léquipe
qui sen occupe. Aussi, il y aura de moins en moins de circulaires
papier. Les gens pourront les consulter directement sur Intranet. En plus,
avec le système des « popup» (petite fenêtre
qui souvre sur le côté), les visiteurs du site savent
immédiatement ce quil y a de nouveau et peuvent prendre connaissance
des annonces urgentes.
Le site est mis à jour souvent?
Tous les jours!
Est-ce que les fonctionnaires ont le réflexe
Intranet?
Pour toutes les personnes travaillant dans lenvironnement
informatique, cela paraît évident. Mais quand je discute
avec certains collègues dautres services, je constate quils
ne savent pas que tant dinformations sont disponibles sur Intranet.
Je pense que peu à peu, ils finiront par consulter notre Intranet
comme il le ferait dun journal quotidien des événements
du Palais.
Surfez-vous beaucoup sur le Net?
Moins maintenant, tout dabord par manque de temps, mais
aussi à cause dune certaine fatigue oculaire. Après
huit heures de travail, je nai pas envie de me remettre devant un
écran. Mais dun autre côté, il est important
dans ce travail de se tenir au courant des développements récents,
de la tendance graphique du moment, et la seule façon de le faire
cest de surfer.
Quels sites préférez-vous?
Les sites de grands parfumeurs et produits de cosmétiques,
les grandes agences de marketing. Le graphisme et les photos y sont magnifiques.
Ils sont généralement animés, sonores et interactifs
et utilisent toutes les dernières technologies de pointe. Ces compagnies
ont des moyens financiers énormes et peuvent soffrir des
graphistes de grand renom. Si javais 20 ans aujourdhui, je
choisirais de faire une école de graphisme et de vidéo comme
par exemple celle de Lausanne.
Vous préférez les sites sur
le Net aux mêmes reportage-publicités dans des journaux de
mode?
Dans une certaine mesure oui. Sur le Net les images sont beaucoup plus
belles et il y a un côté interactif qui nexiste pas
dans les journaux de mode. Je choisis ce que jai envie de voir sans
contrainte. Mais il est vrai aussi que rien ne remplacera jamais une belle
revue ou un bon livre et je ne pense pas que je transporterai mon ordinateur
pour le consulter dans mon lit ou sur une plage en vacances.
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore,
quelle est ladresse de lIntranet de lONUG?
LIntranet peut-être consulté sur http://157.150.71.85.
Une adresse plus conviviale sera bientôt mise à la disposition
des utilisateurs. Pour le moment, un Bookmark permettra de sy référer
aisément.
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