Née il y a soixante siècles, la langue chinoise est la principale clef de la compréhension de la pensée et de la culture chinoise. Je ne la parle pas… Je suis le produit d’une autre culture, alors comment pourrais-je saisir ce monde si vaste ? Un pays de 9 596 961 km2 (17 × et demie la taille de la France) et de 1,3 milliard d’habitants (23 × la population française).
Des jours, des semaines. des milliers de kilomètres parcourus en train, en bus, en vélo, en taxi et en bateau ainsi que des heures de marche et me voici à Shanghai. La Chine poursuit son évolution sociale et économique dans toutes les strates de sa société, induisant une mutation de ses villes et de ses campagnes. Le rythme, la manière de vivre, de s’alimenter et de consommer modifient la morphologie non seulement du pays et de la population, mais aussi celle de notre planète. Partout des constructions et des travaux : des routes, des tunnels, des ponts, des métros, des gares, des immeubles, des autoroutes, des tours, de nouvelles zones résidentielles et commerçantes… Ici, la terre est en ébullition, une sorte de volcan en éruption d’argent, d’idées, de consommation et de tourisme de masse. Les ressources humaines, financières et matérielles semblent illimitées… Un peu déstabilisant au début par sa densité et son appétit, ce pays devient vite fascinant par son histoire, son présent et son avenir. Pour la première fois, je ressens en tout lieu visité (espaces et transports publics, anciens et nouveaux quartiers,…) un sentiment de parfaite sécurité. Lors de mon périple, j’ai traversé des parcs et des jardins soignés, de grandes villes propres, rencontré et croisé des personnes aimables, travailleuses, honnêtes, disciplinées et toujours souriantes.
Loin de moi l’idée de vendre ou de dépeindre
un monde parfait, il n’y en a point ; le visage
de cet univers est en pleine mutation sociale,
idéologique et structurelle ; au point final de
ce texte, il sera déjà autre… Difficile équilibre
et fragile harmonie entre politique, économie,
collectivisme, individualisme, richesse,
pauvreté, paysans, citadins, bruit et silence…
Mais revenons à Shanghaï, et aux mots de Saint John Perse adressés à Joseph Conrad dans une lettre : « Car tout finit un jour par Shanghaï, et Shanghaï à lui seul demeure, entre Java et Vladivostock, le prodigieux carrefour d’aventureuse humanité (…) ». Cette ville est éblouissante et envoûtante, pleine d’énergie et de vie. Cette exposition sur le thème « Better City, Better Life » est incroyable d’imagination et de créativité architecturale. Divisée par continent, les pays rivalisent d’ingéniosité pour présenter leurs créations, innovations et savoir-faire. Au coeur de cette symphonie mondiale, le pavillon des Nations Unies s’affiche de manière interactive et moderne en présentant ses actions, ses interventions, ses moyens et ses réalisations concrètes sur la planète. L’exposition universelle ne pouvait trouver plus parfait lieu à la croisée des chemins du présent et du futur.