La collection à couverture jaune « Pour les Nuls », mondialement connue, va s’enrichir d’un nouvel ouvrage disponible dans toutes les bonnes librairies à partir du 22 octobre.
Yves Berthelot, ancien secrétaire exécutif de la CEE/ ONU et Jean Michel Jakobowicz, ancien Chef de l’information de la CEE/ ONU et ancien rédacteur en chef d’UN Special, en rêvaient. Ils ont réalisé la performance, après des mois de travail, de rendre abordable vulgarisateur et surtout agréable à parcourir « l’ONU pour les Nuls »
Pourquoi un tel livre ?
Fondamentalement pour expliquer en
termes simples ce qu’est l’ONU.
Pour la plupart des gens à l’extérieur du
système des Nations unies, l’ONU est une
grosse bureaucratie dont ils ignorent à peu
près tout et au sujet de laquelle ils ont des a
priori pas toujours flatteurs. Nous voulions
montrer la diversité des actions de l’ONU.
L’autre objectif, a posteriori, consistait à
expliquer aux fonctionnaires eux-mêmes
l’organisation dans laquelle ils travaillent. Cet
autre objectif, nous l’avons découvert en effet,
quand nous nous sommes aperçus nous
mêmes, que nous connaissions très mal le
système bien que nous y ayons passé respectivement
dix-huit et trente trois ans. En toute
modestie nous pensons que ce livre devrait être lu par tous ceux qui entrent aux Nations
Unies, cela les aiderait dans leur travail.
Enfin, écrire ce livre était une façon de clore
un chapitre de notre vie et de rendre hommage
à tous ceux et à toutes celles, anonymes,
qui travaillent aux Nations Unies et
qui le font avec dévouement et foi dans les
idéaux de l’Organisation.
Pourquoi en français et pas en anglais ?
Tout simplement parce que les éditions First
ont eu le courage de se lancer dans l’aventure.
Beaucoup d’éditeurs avaient refusé
notre proposition de faire un ouvrage de
vulgarisation sur l’ONU. D’après eux le sujet
ne passionnerait pas les foules, autrement
dit n’était pas aussi vendeur que nous avions
la naïveté de le croire.
Et puis, c’est un peu une revanche de francophones
qui durant toute leur carrière à
l’ONU, se sont crus obligés d’écrire en anglais
et qui pouvaient enfin s’exprimer dans
leur langue maternelle. Mais, bien sûr, si un
éditeur anglophone en faisait la demande,
nous n’hésiterions pas à utiliser la lingua
franca onusienne.
Ce livre a-t-il été commissionné
par l’ONU ?
Ce livre a été écrit en toute indépendance.
Les auteurs sont seuls responsables (pour le
meilleur et pour le pire) de ce qui s’y trouve. La seule intervention de l’ONU a consisté à
en acheter quelques exemplaires. D’ailleurs il
est heureux que nous n’ayons pas été obligés
de soumettre nos textes à l’administration car
ce livre ne serait pas sorti cette année, mais
en 201x (à vous de donner une valeur à x).
Est-ce de la pub pour l’ONU ou
au contraire une entreprise de
démolition de l’institution ?
Nous avons essayé d’être aussi objectifs que
possible en relatant aussi bien les échecs
que les réussites et nous avons lutté contre
la tentation d’attribuer aux gouvernements
les premiers et au Secrétariat les seconds. Au
bout du compte le tableau est plutôt positif.
Pourquoi les casques
sont-ils bleus ?
À l’issue de l’aventure franco-britannique
sur le Canal de Suez, la force d’urgence
(UNEF1) est composée de contingents
en provenance de dix pays et qui
portent donc des uniformes différents. Il
est essentiel de pouvoir les distinguer de
loin des soldats britanniques, égyptiens,
français ou israéliens qui sont sur place.
D’où l’idée de les coiffer chacun d’un
béret bleu. Las ! Impossible d’obtenir
d’un fournisseur les bérets nécessaires
en moins de huit semaines. Trop long !
Brian Urquhart eut alors l’idée de récupérer
les casques de l’armée américaine
entreposés en Europe et de les
faire peindre en bleu. Les casques, rassemblés
à Pise, furent trempés dans des
bacs de peinture bleue et équipèrent les
500, puis les 6000 hommes de l’UNEF.
Ce furent les premiers casques bleus
Après avoir écrit cet ouvrage quels sont
les faits qui vous ont le plus marqué ?
Difficile de désigner des faits comme l’élimination
de la variole ou la médiation qui
a permis le retour des pilotes américains
emprisonnés en Chine après la guerre de
Corée. Il y en a tant. Nous préférons deux
phénomènes qui s’inscrivent dans la durée :
la résilience de l’Organisation d’abord qui,
depuis sa création, résiste, sans perdre de
vue ses buts, aux chocs des événements et
aux tentatives de tous ceux qu’elle dérange ;
la ténacité d’hommes et de femmes qui ont su imposer une idée, faire face à des circonstances
dramatiques, sauver des vies,
trouver une solution.
Quels ont été les moments les plus
difficiles de cette entreprise de longue
haleine qui a duré près de deux ans ?
Quand l’éditeur nous a annoncé que notre
texte était trop long et qu’il fallait couper
une centaine de pages. Heureusement, il
s’en est chargé et plutôt bien.
Et travailler à deux ?
Tout d’abord nous avions déjà travaillé
pendant plusieurs années ensemble et cela
s’était bien passé. De plus nos connaissances
du système et de l’histoire de l’ONU se complétaient.
Et puis nous avons été aidés par
de nombreuses personnes comme Chantal
Oederlin pour l’ONU avant l’ONU, Pauline
Rérolle pour la Partie de Dix, Pierre Le Loarer
(le directeur de la Bibliothèque des Nations
Unies) et son équipe, Corinne Momal (directrice
de l’information) et son équipe, Sue
Bartolo de la CEE/ONU, et bien d’autres
encore. Dans l’ensemble tout s’est très bien
passé, nous n’en voulons pour preuve que
nous dinons encore souvent ensemble !