
Monsieur Kondrachov, les Services
centraux d’appui viennent d’éditer
une brochure sur les salles de
conférence de l’ONUG, quel est le but
de cet ouvrage ?
J’aimerais tout d’abord souligner que la
brochure constitue la dernière étape du
projet signalétique récemment mis en place
au Palais des Nations. L’ancienne avait dix
ans et n’intégrait pas les projets réalisés
par la Section des bâtiments et des services
techniques. Un travail essentiel a ainsi été
accompli en termes de rénovation et de
technicité. L’évolution électronique a été
intégrée pour la partie sonore et visuelle
avec de nouveaux écrans et les cabines
d’interprétation ont également été rénovées,
malgré les difficultés, notamment en
ce qui concerne la compatibilité avec les
normes en vigueur. Vingt-trois salles sont
maintenant équipées et permettent aux
fonctionnaires du Service d’interprétation
de répondre au mieux aux demandes. Il
faut en effet concilier de manière permanente
les impératifs d’efficacité pour offrir
aux délégués des conditions optimales tout
en respectant et en intégrant la spécificité
historique du bâtiment. Depuis 10 ans,
des Etats Membres comme la Roumanie,
la République d’Azerbaïdjan et l’Espagne,
ont aussi pris en charge des travaux de
rénovation et de décoration de certaines
salles de conférence. Le Directeur général
vient de signer récemment un accord
avec le Royaume du Maroc et l’ONUG est
en contact avec d’autres pays. Ces contributions
et cette volonté des Etats Membres
démontrent leur intérêt à aider l’ONUG à
préserver ce patrimoine historique. Dans
ce cadre, l’intervention du Directeur général
est à chaque fois déterminante. Vous pourrez
ainsi constater le résultat magnifique
de ces efforts en visitant les salles ou en
parcourant la brochure. J’aimerais préciser
que conformément à la politique environnementale
de l’Organisation, la brochure a été
reproduite en mille cinq cents exemplaires
seulement. Mes collaborateurs, Jérôme Gras
et Frédéric Rybkowski, l’ont aussi mise en
ligne et effectueront une mise à jour régulière,
ce qui constitue un avantage par rapport
à une édition papier: http://sbst.unog.un.org/BookConfRooms/Default.aspx.
L’objectif principal est donc de fournir tous les renseignements pratiques et techniques nécessaires aux utilisateurs potentiels afin de leur permettre de déterminer quelle salle, au Palais des Nations et au Palais Wilson, leur paraît la plus appropriée pour la tenue d’une réunion. L’ouvrage contient aussi des informations architecturales, le tout illustré de photographies des salles et des oeuvres d’art qui les décorent. Des exemplaires de la brochure ont par ailleurs été expédiés à Paris en vue de la réunion de coordination des directeurs de conférence qui s’est tenue les 24 et 25 Juin 2010.
Quels sont les contacts que vous
ou votre service entretenez avec
différents partenaires de la Genève
internationale ?
Nos contacts sont quasi quotidiens avec les
missions permanentes et je côtoie tous les
chefs des Services généraux. La FIPOI et
la Mission suisse sont également mes interlocuteurs
privilégiés. Nous avons ainsi été
soutenus par la FIPOI pour l’installation du
Haut-Commissariat des Nations Unies aux
droits de l’homme dans le bâtiment Motta et
travaillons étroitement avec la Mission pour
la délivrance de visas depuis que la Suisse
a intégré l’espace Schengen. Il faut aussi
mentionner de nombreux contacts avec
la Ville de Genève et le Pays hôte. Nous
sommes d’autre part très présents dans le
cadre du réseau inter-agences (Inter-Agency
Network of Facilities Managers {INFM}),
composé de professionnels à l’échelle des
Nations Unies et d’autres institutions spécialisées.
Ce réseau établit des groupes de travail
techniques spécifiques pour traiter des
questions d’intérêt commun et pour communiquer.
Cet échange d’informations se
fait par le biais d’un forum en ligne des organisations
membres de l’INFM permettant
un partage de l’information. A l’occasion
des réunions annuelles, nous présentons et
partageons notre vision de la maintenance
des bâtiments.
Enfin, nous sommes également actifs dans le cadre du Groupe des activités communes d’achat de l’ONUG et des organisations membres (GACA/CPAG), dont le Secrétariat est assuré par la Section des achats et des transports des Services centraux d’appui: Les buts sont d’accroître l’efficacité et l’efficience des opérations permettant à chaque organisation membre de profiter des résultats des opérations menées par les autres; et de bénéficier d’économies d’échelle en groupant les achats.
Comment concevez-vous la démarche
environnementale prônée par l’ONU
et la réalité au Palais des Nations?
Les Services centraux d’appui ont été très
impliqués dans l’organisation de la journée
portes ouvertes qui s’est déroulée le samedi
5 Juin 2010 dans le cadre de la Journée
mondiale de l’environnement, 2010 étant
également l’Année internationale de la biodiversité.
Les personnalités qui ont inauguré
cette manifestation, le nombreux public qui
s’est déplacé sous un soleil radieux et les
organisateurs, tous bénévoles et qui ont
fait un travail fantastique, ont contribué à
faire de cette journée une réussite en termes
d’accueil, de communication et d’image des Nations Unies. C’est, en effet, un véritable
bonheur de partager cet espace magnifique
en termes de biodiversité, entretenu par nos
jardiniers, qui sont de grands professionnels
et qui aiment par-dessus tout leur travail,
en y apportant leur touche personnelle. Le
fait de voir ce public parcourir le parc représente
vraiment une grande satisfaction
et je souhaite que cette expérience se renouvelle.
Il me serait difficile de tous les
citer mais chaque membre de mon service
a été impliqué dans cette journée et tous ont
réalisé, je le répète, un travail fantastique. A
ce propos, j’aimerais souligner que l’ONUG
s’est vu décerner en 2009 le prestigieux
« Certificat de réserve naturelle » attribué par
la Fondation Nature et Économie, organisation
suisse à but non lucratif. Ce label de
qualité de l’environnement est décerné à
des organismes qui protègent la nature et
contribuent à la diversité biologique par
le recours à des moyens naturels pour la
gestion d’au moins 30 % des espaces verts
entourant des bâtiments. D’autres travaux
ont été réalisés pour prôner cette démarche
environnementale, comme par exemple
le projet Genève-Lac-Nations (GLN), qui
permet de rafraîchir les locaux avec l’eau
du Lac Léman (http://www.unspecial.org/UNS674/t27.html), dont une présentation
a été faite au Club suisse de la presse
en 2008 sur le thème « L’ONUG se met au
vert ». Je ne vais pas énumérer toute la liste
des travaux réalisés dans ce cadre car elle
serait très longue, mais sachez que notre politique
d’économies d’énergie a permis une
réduction de près de 40 % des factures énergétiques
ces dernières années. Enfin, je ne
pourrai terminer sans citer le prix décerné
par la Ville de Genève pour l’installation
de panneaux solaires, l’installation d’abris
vélos et de douches et, bien entendu, le
démarrage d’un projet majeur pour la préservation
du Palais des Nations, le Plan stratégique
patrimonial, qui se trouve dans sa
phase préparatoire et dont l’exécution est
planifiée pour 2014/2015. Comme vous le
voyez, nous avons déjà fait beaucoup pour
l’environnement et en ferons davantage encore
dans les années à venir... enfin, nos
successeurs.
On critique parfois l’institution en la
qualifiant de bureaucratique, qu’en
pensez-vous?
Il ne faut pas oublier que l’ONU compte
192 « employeurs » à qui il faut rendre des
comptes. Les contrôles internes et externes
sont nombreux, notamment en ce qui
concerne les achats. Sur un plan plus général,
il faut garder à l’esprit que la tâche
est immense et complexe compte tenu de
la sensibilité par rapport à des sujets qui
requièrent diplomatie et prudence. Je considère
cette critique comme facile et ce qui
compte pour moi c’est le résultat, c’est-àdire
les dossiers menés à bien et les conflits
résolus par l’Organisation. La bureaucratie
sert à structurer le travail. Le problème,
c’est quand elle est mal utilisée et ralentit
ou bloque le travail, ce qui, à ce moment-là,
est inacceptable. Parmi ceux qui critiquent
l’Organisation, beaucoup en connaissent
mal les règles fondamentales, ne les suivent
pas, puis s’étonnent de ne pas aboutir et la
critiquent.
Lorsque l’équipe est compétente, il suffit de déléguer les tâches, chacun étant responsable de son travail. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour remercier mon assistante et tous mes collègues de la Section des bâtiments et des services techniques, de la Section des achats et des transports et du Groupe d’appui aux opérations, de leur excellent travail, parfois dans des conditions très difficiles, depuis ma prise de fonction.
Vous aviez été chargé par
le Directeur général, avec le
Conseil d’administration du SAFI,
d’accompagner l’avenir de ce
magasin, quel est le point de la
situation?
La situation est quasiment réglée puisque le
SAFI a désormais le statut d’une association
à but non lucratif, enregistrée en tant que
telle auprès du Registre du Commerce du
Canton de Genève. Depuis 2010, le SAFI
paie les impôts fédéraux, cantonaux et municipaux.
Les prochaines étapes pour clore
le dossier sont les suivantes: finalisation
des nouveaux statuts et établissement d’un
Comité paritaire. Le Conseiller juridique et
le Conseil de coordination travaillent de
concert sur ce dossier. Ce magasin « historique » rend d’énormes services dans divers
domaines, son personnel est très compétent.
Vous allez quitter prochainement vos
fonctions, quels instantanés, regrets,
satisfactions garderez-vous de votre
carrière? Quel est votre programme
pour les dix prochaines années?
Je ressens une grande satisfaction et une
grande fierté d’avoir travaillé aux Nations
Unies. Mon parcours a été jalonné d’expériences
comme la coopération technique en
Algérie. J’ai ensuite travaillé au BIT puis j’ai
rejoint les Nations Unies à Genève en tant
que Chef adjoint de la Section des achats
et des transports et Chef du Groupe des
achats et des contrats. J’avais précédemment
travaillé dans mon pays, l’Ukraine,
en tant que directeur d’une compagnie de
commerce extérieur pendant la préparation
de son indépendance. J’ai le souvenir de
belles rencontres, avec des personnalités
d’envergure mondiale, mais également et
peut-être surtout, avec des personnes, des
collaborateurs qui travaillent, sans compter
leur temps car ils croient profondément
en leur mission. Ces personnes ne sont pas
visibles parce qu’elles sont modestes et je
considère que le rôle des managers est de
les mettre en évidence. Une de mes grandes
satisfactions est d’avoir participé activement
à la préservation et à l’amélioration de ce
patrimoine qui nous est confié; mon regret
est peut-être de m’arrêter alors que mon
métier me passionne et qu’il y a encore tant
à faire.
Pour les dix prochaines années, je souhaite partager mon expérience et notamment participer à des séminaires à Kiev pour parler des Nations Unies, de leur potentiel, ainsi que de l’avenir de cette institution unique et indispensable.
J’ai également des projets familiaux, comme passer davantage de temps avec mon épouse et mes petits-enfants (Christina et Anton)... et je continuerai à cultiver mon jardin comme Candide de Voltaire.