CHRISTIAN DAVID
rédacteur en chef
Le soleil était radieux en cet après-midi de juin. Une jeune personne qui ne l’était pas moins, assise sur un banc du parc de l’Ariana feuilletait négligemment ce si beau magazine. Caché derrière ma barbe et mes lunettes je l’observais. J’aurais pu sortir de ma chaussette le dernier exemplaire roulé en cylindre qui ne me quitte jamais pour engager la conversation. Mais d’aucuns diront par timidité, par discrétion peut être. Ma femme lisant le magazine, je préfère évoquer mon professionnalisme qui fit que je n’abordais pas cette lectrice. Elle parcourait cette oeuvre impérissable en tournant les pages sans vraiment les lire puis revenait en arrière: une zappeuse! Un fait de société que, nous autres rédacteurs nous devons de prendre en compte, à l’instar de tous les « vrais » magazines. Il importe donc de parsemer nos pages d’accroches, de visuels, de sujets variés qui dilatent les pupilles, fidélisent et intéressent le lecteur. Limitons voire évitons des sujets ennuyeux, des rapports insipides, des témoignages d’autosatisfaction ou de brosse à reluire qui peuvent certes paraître nécessaires à certains mais qui de toutes façons ne seront pas lus, sauf par leurs auteurs. Bref, prenons en considération la génération zapping qui constitue la base de notre lectorat.
A bright sun radiated that June afternoon. So did a delightful young person sitting on a bench in the Ariana garden, browsing our beautiful magazine. Hidden behind my beard and sunglasses, I observed the scene. I could have pulled the latest issue out of my socks, a trick I always use to open a conversation. Some would say I was shy, others might say discrete, but since my wife reads the magazine, I say that I didn’t approach this reader for professional reasons. She browsed those immortal pages without really seeing them; then turned back a few: Ah! Ha! She was a zapper! This is something that we editors should recognize, as the mainstream magazines do. We’ve got to sprinkle our pages with little hooks, visual ones, on different subjects, to catch the eye and interest of the reader. Let’s limit, no, avoid all boring subjects, insipid reports, and self-praise that seem necessary but will never be read, except by their authors. In short, let’s think about the zapping generation who make up most of our readership.