Société

50 DESSINS DE PRESSE
L’HUMOUR AU SERVICE DE L’ABOLITION

De gauche à droite : le dessinateur Plantu (Le Monde et l’Express), Kofi Annan et le dessinateur Chappatte (Le Temps, International Herald Tribune, Neue Zürcher Zeitung)

NICOLAS-EMILIEN ROZEAU

A l’occasion du 4e Congrès mondial contre la peine de mort, le 4 février 2010 a eu lieu à Uni Mail de Genève en présence de Kofi Annan l’inauguration de l’exposition intitulé « 50 dessins de presse – L’humour au service de l’abolition ». Nous savons tous combien la mort dans nos sociétés occidentales est devenue un sujet tabou, voire aussi absente que l’image de la vieillesse dans nos médias et dans nos cités. Alors que dire du sujet de la peine de mort ? Les images ont le pouvoir de se passer de commentaires. Les traits sont sensibles, naturels et directs pour aborder cette question à travers les cinquante-huit pays qui appliquent toujours la peine de mort sur notre planète. Ignorance, colère, incompréhension, résignation, questionnement, zone d’ombre, iniquité ou simple lecture d’une réalité présente dans ces images lourdes de sens, mais toujours drôles. L’exposition « 50 dessins de presse – L’humour au service de l’abolition » conçue et réalisée conjointement par la Fondation Dessins pour la paix/Cartooning for peace et Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) nous confronte à la situation et à la réalité de la peine de mort dans le monde. En face de ces dessins, les yeux rencontrent des personnages, des ombres, des cercueils, des seringues, des armes, des victimes, des cordes, des chaises, des bourreaux, des morts plus morts que des vivants et des vivants plus morts que les morts eux-mêmes... le tout sous le trait de l’humour et de la caricature. La limite du dessinateur est sa conscience et tout en se battant pour la paix, il dessine les contours des inégalités et des injustices d’un système.

En se rendant à cette exposition, le spectateur éprouve de la peur, de la joie, il sourit et même rigole tout en ressentant une gêne indicible face à des questions existentielles sur la vie et la mort, sur le droit de vie, et le droit de mort. Le crayon des artistes interprète la réalité sans hypocrisie; il informe et éduque l’oeil avec ce qui se passe au coeur de notre humanité. En cinquante dessins de cultures, de couleurs, d’origines et de terres différentes, nous prenons conscience de la nature et de la représentation de la peine de mort dans le monde.

Lors de ce quatrième Congrès mondial organisé par ECPM qui s’est tenu au Centre International des Conférences de Genève (CICG) du 24 au 26 février 2010 en même temps que les sessions du Conseil des droits de l’homme, tous les abolitionnistes de la planète vinrent à Genève pour débattre autour de l’élaboration des stratégies régionales, nationales et internationales dans le cadre de l’abolition universelle de la peine de mort. Avec le parrainage de la Confédération suisse et en partenariat avec la Coalition mondiale contre la peine de mort, Genève, « capitale des droits humains » a été le lieu idéal pour une mobilisation internationale des acteurs médiatiques, civils, étatiques, gouvernementaux et non-gouvernementaux au service de l’Homme. Mieux que de longs discours, ces quelques dessins résument, interprètent, affi chent, dénoncent et illustrent de manière poignante et humoristique la réalité de la peine de mort sur cinq continents.

http://www.abolition.fr/ecpm/index.php
http://www.abolition.fr/fr/congres/programme-4eme-congres-mondial-contrepeine-de-mort

http://www.cartooningforpeace.org/

 
© 1949-2010 UN Special