Mercredi 13 janvier 2010, l’information vient de tomber. Au vu des premières données, 7,3 sur l’échelle ouverte de Richter, de la faible profondeur du séisme, du potentiel élevé du nombre de victimes à venir, le Groupe d’Interventions et de Secours organise une mise en pré-alerte. L’ambassade d’Haïti à Paris est très favorable à notre proposition d’aide basée dans un premier temps sur une équipe « sauvetage déblaiement » afin de localiser et dégager les personnes ensevelies dans les décombres avec les équipes cynotechniques. Nous sommes informés que l’aéroport local n’est plus praticable, nous devons donc accéder au pays en passant par la République Dominicaine (sept heures de trajet par la route). Le climat géopolitique en Haïti n’est pas favorable, des problèmes de sécurité existent. Après un rendez-vous avec l’ambassadeur d’Haïti à Paris, au vu du nombre d’équipes « sauvetage déblaiement » engagés, les informations Onusiennes liées au pays, le Groupe d’Interventions et de Secours décide de l’engagement d’une équipe à dominante médicale pour le renforcement de dispensaires et l’acheminement d’unités légères de potabilisation de l’eau pour une durée de douze jours.
Après négociations avec la compagnie « Air Caraïbes », l’équipe composée de dix personnes, un chef de mission, deux médecins, deux infirmières et cinq secouristes logisticiens du G.I.S.74 et du G.I.S. Suisse est acheminée à l’aéroport de Paris Orly dans la nuit de samedi à dimanche pour un décollage en direction de Saint-Domingue via Pointà-Pitre. Depuis Santo Domingo, l’équipe est acheminée à l’aéroport de Port-au-Prince par rotations d’un hélicoptère loué par la Confédération helvétique et un avion cargo.
Après négociations sur place, nous renforçons un dispensaire organisé par un hôpital universitaire de Miami. Nos équipes médicales sont affectées aux suites de soins d’une manière complètement autonome, les secouristes logisticiens aux quatre blocs opératoires installés dans le dispensaire. Notre camp de base est installé avec les autres organisations des différents pays dans l’enceinte sécurisée de l’aéroport de Port-au-Prince. Dans un deuxième temps, et suite à un contact avec l’ambassade de France, lieu d’emplacement du poste de commandement des unités de secours françaises, nous complétons le dispositif.
Nous déménageons notre camp de base à la résidence de l’ambassade de France où logent les huit cents sauveteurs français. Nous renforçons les équipes médicales composées de sapeurs-pompiers français civils et militaires, avec une intégration complète au sein du personnel.
Notre consommable médical, compresses, bandes kit de soins est distribué à l’E.S.C.R.I.M. installée au lycée français, les médicaments et les unités légères de potabilisation sont attribués à la pharmacie du dispositif français installée à la résidence de l’ambassadeur et gérée par une pharmacienne de la brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris. Le retour de l’équipe est effectué par la route depuis Port-au-Prince, après sept heures de trajet, et une crevaison, nous arrivons à l’aéroport de Santo Domingo. Le vol retour pour Paris est effectué avec la même compagnie via Point-à-Pitre.
Cette mission restera comme difficile, notamment pour l’accès à Port-au-Prince, le trafic aérien à l’aéroport étant sous la gestion des militaires américains et du point de vue sécuritaire dans la ville par la présence de bandes armées et d’un peuple en difficulté.
Sur le plan purement opérationnel, nos équipes ont été complètement intégrées aux deux dispositifs américains et français, avec félicitations sur le sérieux des équipes du G.I.S. par les responsables de ces deux structures. Une expérience mémorable pour nos personnels engagés.
Nous recherchons des entreprises ou des particuliers susceptibles de nous faire don de matériel neuf ou reconditionné. Vous pouvez aussi envoyer des dons à l’adresse suivante : GIS 74, Mairie de Gaillard, cours de la République, 74240 Gaillard.