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L’ONU, comme beaucoup d’autres institutions, se transforme et s’adapte en conformité avec l’évolution de la société. Cela va d’une réadaptation des méthodes de travail, à l’utilisation des ordinateurs de la dernière génération et à de nouvelles applications. Il y a une demande générée par de nouvelles tendances qui est bien loin de s’arrêter.
Thomas Neufing, chef de la section de la formation et du perfectionnement du personnel

SERGIO DA SILVA, ONU/STIC

Il s’agit en réalité d’un mouvement continu vers un monde du travail de type collaboratif. Cela permet davantage d’interaction entre ceux qui travaillent sur un même sujet et qui utilisent les mêmes applications informatiques indépendamment de leur emplacement géographique.

M. Neufing, considérez-vous utile de sensibiliser le personnel à l’utilisation optimisée de leurs applications informatiques en fonction de leur potentiel ?
Internet est venu bouleverser notre mode de vie et nous ne sommes pas tous préparés à l’affronter de la même manière. La culture de l’organisation change et les réseaux sociaux, ensemble avec d’autres nouveaux types d’applications de partage de l’information, envahissent la toile et nos habitudes. C’est comme une vague qui nous emporte... Le risque, est que cela peut causer une perte de contrôle et il est très diffi- cile d’en échapper.

La réalité, c’est que nous nous exposons chaque fois plus sur ces systèmes et l’information qu’ils contiennent peut être détournée et mal utilisée. La nouvelle génération est friande de cette communication rapide et facile (Twitter, Facebook, MSN et bien d’autres). Ces réseaux constituent d’ailleurs, une source d’information précieuse pour ceux qui cherchent un nouveau travail. Ils peuvent ainsi connaître à l’avance des informations utiles sur les nouveaux employeurs, s’ils sont bien, si l’atmosphère de travail est recommandable et sur les perspectives de carrière.

Qu’on le veuille ou non, ces réseaux rendent le lieu de travail très transparent aussi pour le monde extérieur. Les jeunes qui ont réussi leurs examens nationaux pour entrer à l’ONU ont aussi créé un groupe dans un de ces réseaux. Il serait cependant utile d’avoir un code de conduite. C’est le seul moyen d’éviter de mauvaises surprises, sans qu’on puisse dire qu’on n’en a pas été informé au préalable.

Comment faire alors, pour maintenir l’image publique compatible avec l’image personnelle ?
C’est bien là, le problème ! L’osmose entre la sphère publique et la sphère privée est de plus en plus grande et floue à la fois et on ne sait plus très bien où se situe la frontière. Cela peut bien causer des diffi- cultés d’ordre divers. Certaines agences de l’ONU sont plus avancées dans ce domaine. Nous sommes cependant aussi en train d’en discuter. La notion de connaissance et de son partage est bien en train de changer et d’évoluer à grande vitesse.

Qu’auriez-vous envie de faire et que vous ne faites pas à cause d’un manque de fonds, de personnel ou pour toute autre raison ?
J’aurais aimé offrir une formation pour les utilisateurs d’IMIS. Cela ne s’est pas fait, puisque j’ai appris qu’un autre système viendrait remplacer ce dernier. Donc, pas d’investissement dans ce qu’on sait déjà qui va partir à court/moyen-terme. Les cours ICDL ne sont cependant pas offerts d’une manière systématique. Ils représentent néanmoins un réel progrès au niveau de l’évaluation de connaissances.

D’autres formations où un certificat de participation est délivré, ne me semblent pas être le meilleur moyen pour former des gens. Cela n’offre pas la garantie que, par la suite, ce qui a été appris a été bien utilisé. C’est pour cette raison que nous aimerions instaurer un système d’évaluation de connaissances pour l’ensemble des cours que nous offrons. Nous sommes néanmoins conscients que cela demande tout d’abord, un important changement d’ordre culturel.

Comment voyez-vous l’avenir des cours informatiques en ligne pour les fonctionnaires de l’ONU ? Pensez-vous que ces cours pourront remplacer l’expérience et la connaissance des professeurs, de leur capacité à interagir et à stimuler les étudiants, vis-à-vis de ces programmes normalisés et suivis à distance ?
Je pense qu’il y a un grand potentiel dans ce type de formation, mais nous ne l’offrons pas pour l’instant. Le Secrétariat de l’ONU dispose cependant d’un grand catalogue de cours qui peuvent être suivis à distance, à partir du site : UN.SKILLPort.com

L’utilisation de ce site est pour l’instant très réduite. Les gens aiment en effet apprendre avec d’autres gens. Si nous ajoutons une personne comme moniteur d’un cours en ligne, cela est mieux accepté. Il n’est pas surprenant de constater un taux de désistement très élevé de ces cours en ligne sans moniteur. Nous allons lancer un système de gestion d’apprentissage en mars 2010 pour permettre aux étudiants de s’inscrire à un cours depuis n’importe où. Il sera aussi possible de voir l’ensemble des cours qu’ils auront déjà suivi dans le passé. Plus tard dans l’année, nous mettrons à leur disposition une vraie académie virtuelle.

Un bon nombre d’applications informatiques est déjà utilisé depuis longtemps. Avez-vous fait évoluer les cours pour les adapter à des étudiants qui sont en moyenne plus calés donc plus exigeants et qui nécessitent plutôt un complément spécialisé de connaissances ?
Nous devons, en effet regarder cela de plus près. Il est certain que ceux qui utilisent un programme depuis quelques années sont eux-mêmes devenus très expérimentés et s’ils s’inscrivent à un cours c’est pour apprendre davantage. Au moment de l’inscription, nous essayons déjà de déterminer ceux qui doivent faire plutôt partie d’un cours que d’un autre. Nous avons des cours standards que nous pouvons toujours adapter, pour satisfaire des besoins d’un groupe.

Si les étudiants indiquent dans leur voeu ce qu’ils espèrent connaître davantage (ex : utilisation de tableaux dans Word, utilisation du calendrier dans Notes) nous ferons le nécessaire pour inclure les modules demandés dans le cours, si plusieurs personnes sont intéressées. Cela sera plus intéressant pour l’étudiant et pour nous aussi.

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