L’évolution ou les modifications du langage passent aussi par l’électronique. Il faut maintenant savoir parler « ordinateur » et autres appareils : téléphones portables, décodeurs, box Internet, et même téléviseurs. Tout devient si sophistiqué, d’une technologie si poussée, que c’est un vrai parcours du combattant pour pouvoir connecter entre eux tous ces matériels haute technologie, car, société de consommation oblige, rien n’est construit par contre pour faciliter les interconnexions. Je fais référence à toutes ces prises différentes aux noms barbares que mon cerveau refuse obstinément de retenir.
Il suffit que j’aie un nouvel appareil à brancher « simplement » sur mon ordinateur ou à relier l’ordi à la TV – qui a déjà je ne sais combien d’appareils « satellites » – pour que la panique et le stress s’installent au creux de mon estomac. L’idée me venant spontanément à l’esprit est « à qui vais-je pouvoir demander conseil ? ». Bien sûr il y a les professionnels qui nous renseignent volontiers par téléphone : mais difficile de jongler entre l’écouteur, le câble (ah oui, attendez, ce doit être ce fil-là...) et la lampe de poche qui devrait éclairer l’arrière du poste – et non m’éclairer, ce qui serait supergénial – tout en me contorsionnant pour accéder à cette fichue prise, car évidemment je suis à genoux derrière le meuble supportant tout ce mirifique matériel, coincée entre le mur, la caisse des basses du lecteur DVD et la médiabox, empêtrée dans les câbles en tous genres. Je pourrais aussi solliciter le fiston qui s’y connaît bien, mais il a sa vie – son boulot, sa petite famille ; je ne peux décemment pas l’ennuyer au moindre achat censé agrémenter mon quotidien. Donc je m’arme de courage et de mes lunettes préférées, je m’installe confortablement et je commence à « potasser » les modes d’emploi pour trouver la page « installation ». « Les », car il faut non seulement celui de ma nouvelle acquisition, mais aussi celui du téléviseur, et éventuellement du lecteur DVD et du décodeur TNT, au cas où...
Après une à deux heures passées à tourner des pages, revenir en arrière, reprendre, je vais me faire un petit café serré et je me dis que, finalement, ce n’est plus pour moi, ce langage-là. Je vais le laisser aux jeunes, donc à mon fils, désolée pour lui. À lui le soin d’apprendre le langage de la patience avec moi, car lorsque en deux temps trois mouvements tout est installé, il doit m’expliquer comment utiliser, et surtout pourquoi, il faut utiliser de cette manière. Que voulezvous, je suis comme ça : non seulement je ne suis pas douée pour le langage électronique, mais en plus j’aime comprendre, et pour cela il faut que je saisisse le pourquoi pour savoir le comment !