Pourquoi vous considérez-vous
comme un naïf ?
Tout simplement parce que je crois que je
ne comprends rien à rien !
Mais encore ?
Ce qui se passe dans le monde me dépasse.
Prenez l’exemple du réchauffement climatique
et tout le battage qui est fait autour!
Je comprends parfaitement le processus de
l’effet de serre, mais là où je ne suis plus
certain de comprendre c’est que, d’après
les scientifiques seul 15 % du réchauffement
serait dû à l’activité humaine. Donc
même si nous arrêtons de respirer pendant
trois mois par an, le climat va quand même
changer. De plus, le climat a de tout temps
changé peut-être pas aussi rapidement que
maintenant, mais il a tout de même changé.
Le pompon c’est que certains spécialistes,
peut-être par peur d’être au chômage, nous
annoncent déjà que ce réchauffement sera
inéluctablement suivi d’un refroidissement.
Ce qui est incroyable c’est que personne
ne parle de l’économie d’énergie et de l’accroissement
de la production agricole que
le réchauffement de la planète va permettre.
Donc pour vous on doit continuer
à polluer !
Pas du tout ! Il faut effectivement arrêter le
type de surconsommation auquel nous assistons.
Recycler, économiser, limiter notre
consommation de matière première, tout
cela est essentiel, mais ce que j’aimerais,
c’est que l’on cesse de prendre les naïfs
comme moi pour des imbéciles. Quand
vous voyez que dans certains pays on met
des bonbonnes sur les vaches pour récupérer
leurs flatulences, là je crois que l’on
atteint le niveau zéro de l’absurdité... Mais
rassurez-vous, mon ignorance ne s’arrête
pas au changement climatique. Si vous prenez
le problème des virus.
Là vous ne pouvez pas dire le
contraire, ils existent bel et bien !
Tout à fait, ils existent, mais moi pauvre ignare je n’y comprends plus rien. En 2002,
apparait le SRAS, les autorités sanitaires du
monde entier se mobilisent, certains pays
sont même interdits. Et puis tout à coup le
SRAS ne fait plus la manchette des journaux,
il a disparu. Au total sur les six milliards
d’habitants de la planète moins d’un millier
sont morts à cause du SRAS, alors que
24 000 personnes meurent de faim chaque
jour dans le monde, soit une toutes les
quatre secondes. Deux ans plus tard c’est le
virus H5N1 qui fait son apparition, la grippe
aviaire, là aussi branle-bas de combat, résultats
: à nouveau peu de victimes. En 2009,
H1N1 rebelote, on vaccine tout le monde,
on éternue dans sa manche et on se lave
les mains avec un désinfectant. Résultat, en
France début décembre il y avait trois cents
décès contre quatre à six mille par an pour
la grippe saisonnière « normale ».
Mais n’est-ce pas dû aux précautions
qui sont prises si les victimes sont peu
nombreuses ?
A nouveau, je ne dis pas qu’il ne faut rien
faire, qu’il ne faut pas se vacciner mais franchement
je trouve disproportionné le vent
de panique qui accompagne ces pseudopandémies.
Mais la peur que l’on nous
distille chaque jour ne s’arrête pas là ! L’an
dernier il y a eu la crise financière !
Vous ne pouvez nier qu’elle ait eu lieu !
Je ne le nie pas, mais avouez qu’un an plus
tard, les banques et les financiers ont recommencé
leurs mêmes bêtises comme si de
rien n’était. Certes le système économique
était sans doute menacé en 2008, nous
avons frôlé la catastrophe, mais aujourd’hui
tout est oublié et les politiques n’ont rien
fait pour éviter que cela ne recommence.
Sauf que les moins riches paient les pots
cassés avec un chômage grandissant et les
banquiers touchent toujours leurs bonus
mirifiques. À nouveau, je n’y comprends
rien. L’humanité me fait penser dans ce cas
là à un troupeau de vaches qui au moindre
coup de feu s’enfuit en courant mais qui
une demi-heure plus tard revient paître au
même endroit.
Qu’est-ce que vous essayez
de montrer ?
Simplement que depuis le bug de l’an 2000
qui devait semer la désolation sur la planète,
je me méfie de tous ces mouvements de paniques
qui semblent orchestrés avec minutie.
Je sens que vous allez montrer
la presse et les médias du doigt ?
Il est évident qu’ils ont une responsabilité
dans ces élans de paniques, mais ils ne sont
pas les seuls, les politiques exploitent largement
ces peurs pour se faire « mousser ».
Mais surtout ce sont des arbres qui cachent
la forêt. Qui parle encore des inégalités sur
la planète ? Qui parle encore du SIDA ? Ces
sujets sont devenus des classiques qui n’intéressent
plus grand monde !
Et l’ONU dans tout ça ?
Une partie du système surfe sur la vague
quand au reste il boit la tasse.
Périodiquement l’OMS fait la une des journaux,
mais il n’est pas certain qu’à force de
crier au loup une fois tous les deux ans, elle
ne finisse pas par perdre un peu de sa crédibilité.
Quant à la crise financière, les Etats
membres la trouvent trop sérieuse pour être
confiée aux Nations Unies, ils préfèrent traiter
avec le FMI. Les seuls dans le système
qui ont le vent en poupe ce sont ceux qui
s’occupent du climat, pour le reste c’est la
chute libre. Qui parle encore du développement ? Personne !
Mais est-ce que ça n’a pas toujours
été comme ça ?
Dans les années 50 ou 60 il y avait un réel
danger sous forme d’un bouton rouge sur
lequel il suffisait à un homme éméché d’appuyer
pour déclencher une guerre nucléaire
qui aurait détruit l’humanité. On dirait que
depuis que ce danger a disparu les hommes
ont besoin de se faire des peurs réelles ou
imaginaires. Tout le monde sourit en pensant
à ces malheureux gaulois qui avaient
peur que le ciel ne leur tombe sur la tête,
mais je ne suis pas sûr que deux mille ans
plus tard nous soyons si éloignés que ça
d’Astérix et d’Obélix !