Société

INTERVIEW D’UN GRAND NAÏF ANONYME
LE CIEL VA NOUS TOMBER SUR LA TÊTE !

JEAN MICHEL JAKOBOWICZ

Pourquoi vous considérez-vous comme un naïf ?
Tout simplement parce que je crois que je ne comprends rien à rien !

Mais encore ?
Ce qui se passe dans le monde me dépasse. Prenez l’exemple du réchauffement climatique et tout le battage qui est fait autour! Je comprends parfaitement le processus de l’effet de serre, mais là où je ne suis plus certain de comprendre c’est que, d’après les scientifiques seul 15 % du réchauffement serait dû à l’activité humaine. Donc même si nous arrêtons de respirer pendant trois mois par an, le climat va quand même changer. De plus, le climat a de tout temps changé peut-être pas aussi rapidement que maintenant, mais il a tout de même changé. Le pompon c’est que certains spécialistes, peut-être par peur d’être au chômage, nous annoncent déjà que ce réchauffement sera inéluctablement suivi d’un refroidissement. Ce qui est incroyable c’est que personne ne parle de l’économie d’énergie et de l’accroissement de la production agricole que le réchauffement de la planète va permettre.

Donc pour vous on doit continuer à polluer !
Pas du tout ! Il faut effectivement arrêter le type de surconsommation auquel nous assistons. Recycler, économiser, limiter notre consommation de matière première, tout cela est essentiel, mais ce que j’aimerais, c’est que l’on cesse de prendre les naïfs comme moi pour des imbéciles. Quand vous voyez que dans certains pays on met des bonbonnes sur les vaches pour récupérer leurs flatulences, là je crois que l’on atteint le niveau zéro de l’absurdité... Mais rassurez-vous, mon ignorance ne s’arrête pas au changement climatique. Si vous prenez le problème des virus.

Là vous ne pouvez pas dire le contraire, ils existent bel et bien !
Tout à fait, ils existent, mais moi pauvre ignare je n’y comprends plus rien. En 2002, apparait le SRAS, les autorités sanitaires du monde entier se mobilisent, certains pays sont même interdits. Et puis tout à coup le SRAS ne fait plus la manchette des journaux, il a disparu. Au total sur les six milliards d’habitants de la planète moins d’un millier sont morts à cause du SRAS, alors que 24 000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes les quatre secondes. Deux ans plus tard c’est le virus H5N1 qui fait son apparition, la grippe aviaire, là aussi branle-bas de combat, résultats : à nouveau peu de victimes. En 2009, H1N1 rebelote, on vaccine tout le monde, on éternue dans sa manche et on se lave les mains avec un désinfectant. Résultat, en France début décembre il y avait trois cents décès contre quatre à six mille par an pour la grippe saisonnière « normale ».

Mais n’est-ce pas dû aux précautions qui sont prises si les victimes sont peu nombreuses ?
A nouveau, je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, qu’il ne faut pas se vacciner mais franchement je trouve disproportionné le vent de panique qui accompagne ces pseudopandémies. Mais la peur que l’on nous distille chaque jour ne s’arrête pas là ! L’an dernier il y a eu la crise financière !

Vous ne pouvez nier qu’elle ait eu lieu !
Je ne le nie pas, mais avouez qu’un an plus tard, les banques et les financiers ont recommencé leurs mêmes bêtises comme si de rien n’était. Certes le système économique était sans doute menacé en 2008, nous avons frôlé la catastrophe, mais aujourd’hui tout est oublié et les politiques n’ont rien fait pour éviter que cela ne recommence. Sauf que les moins riches paient les pots cassés avec un chômage grandissant et les banquiers touchent toujours leurs bonus mirifiques. À nouveau, je n’y comprends rien. L’humanité me fait penser dans ce cas là à un troupeau de vaches qui au moindre coup de feu s’enfuit en courant mais qui une demi-heure plus tard revient paître au même endroit.

Qu’est-ce que vous essayez de montrer ?
Simplement que depuis le bug de l’an 2000 qui devait semer la désolation sur la planète, je me méfie de tous ces mouvements de paniques qui semblent orchestrés avec minutie.

Je sens que vous allez montrer la presse et les médias du doigt ?
Il est évident qu’ils ont une responsabilité dans ces élans de paniques, mais ils ne sont pas les seuls, les politiques exploitent largement ces peurs pour se faire « mousser ». Mais surtout ce sont des arbres qui cachent la forêt. Qui parle encore des inégalités sur la planète ? Qui parle encore du SIDA ? Ces sujets sont devenus des classiques qui n’intéressent plus grand monde !

Et l’ONU dans tout ça ?
Une partie du système surfe sur la vague quand au reste il boit la tasse. Périodiquement l’OMS fait la une des journaux, mais il n’est pas certain qu’à force de crier au loup une fois tous les deux ans, elle ne finisse pas par perdre un peu de sa crédibilité. Quant à la crise financière, les Etats membres la trouvent trop sérieuse pour être confiée aux Nations Unies, ils préfèrent traiter avec le FMI. Les seuls dans le système qui ont le vent en poupe ce sont ceux qui s’occupent du climat, pour le reste c’est la chute libre. Qui parle encore du développement ? Personne !

Mais est-ce que ça n’a pas toujours été comme ça ?
Dans les années 50 ou 60 il y avait un réel danger sous forme d’un bouton rouge sur lequel il suffisait à un homme éméché d’appuyer pour déclencher une guerre nucléaire qui aurait détruit l’humanité. On dirait que depuis que ce danger a disparu les hommes ont besoin de se faire des peurs réelles ou imaginaires. Tout le monde sourit en pensant à ces malheureux gaulois qui avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête, mais je ne suis pas sûr que deux mille ans plus tard nous soyons si éloignés que ça d’Astérix et d’Obélix !

 
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