D’une superficie de 56 530 km2, la Croatie compte un peu moins de 4,5 millions d’habitants. Zagreb en est la capitale depuis 1991 après la dislocation de la République fédérale socialiste de Yougoslavie.
L’histoire de Zagreb remonte à 1094 avec la création d’un évêché qui s’installe sur une colline et qui prend le nom de Kaptol. Sur une autre colline, de l’autre côté de la rivière Medvescak, se construit une ville nommée Gradec. En 1850, la fusion des deux sites donnera naissance à la ville de Zagreb. Cela favorisera son développement et dix-huit ans plus tard la ville deviendra la capitale du Royaume de Croatie Slavonie au sein de l’Autriche-Hongrie. Suite au tremblement de terre de 1880 qui frappa la région, l’urbanisation de Zagreb va s’accélérer. De nombreux bâtiments publics sont érigés, des parcs et des fontaines sont aménagés et le premier tramway électrique sera mis en service. En relation étroite avec les centres artistiques, culturels et scientifiques européens, et grâce au développement de son industrie, Zagreb va s’étendre rapidement à partir de 1957 pour devenir la ville que l’on découvre aujourd’hui.
Le meilleur moyen pour s’imprégner de l’ambiance de la ville est de débuter la balade en allant flâner sur la place Bana Jelacica où règne une grosse animation. Toujours dans la ville basse, en plus des nombreux musées, fondations et galeries qui renferment de remarquables collections, le Théâtre national croate et la place Tomislav sont à voir.
Dans Kaptol, à deux pas du marché Dolac, le plus grand de Zagreb, la cathédrale construite à partir de 1102 dresse ses flèches haut dans le ciel. De là, la charmante rue Kaptol mène au théâtre Comédie, à l’église Saint-François et à la chapelle baroque Saint-Dysmas.
Gradec propose également de nombreux joyaux, avec notamment l’église Saint-Marc construite entre le bâtiment du Parlement et le palais des Bans. Édifiée au XIIIe siècle en style roman, l’église est ornée d’un superbe toit en tuiles vernissées datant de 1888 sur lequel sont représentés les blasons de Zagreb et ceux de la Dalmatie et de la Slavonie. Son clocher à bulbe est aussi très remarquable.
Avant de rejoindre la côte Adriatique, la découverte du parc national des lacs de Plitvice s’impose. Classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, une succession de seize lacs tombent en cascades sur 130 mètres de dénivelé dans un environnement totalement préservé. Dans de telles conditions de protection, on y trouve de nombreux animaux rares comme les loups et les ours.
Avec 1750 kilomètres de côtes et près de mille deux cents îles et îlots, la Croatie offre un bord de mer où s’égrènent de petits bijoux architecturaux qui ont pour noms Zadar, Sibénik, Trojir, Split et la perle de l’Adriatique, Dubrovnik.
Zadar impressionne tout d’abord par son corset de murailles construit à la Renaissance par les Vénitiens. Dans la vieille ville, splendide édifice du haut Moyen-Age, l’église Saint-Donat.
Autre merveille naturelle de la Croatie, le parc national de Krka s’étend sur 111 km2. Après avoir traversé une succession de gorges taillées entre deux parois abruptes et plusieurs lacs paisibles, le fleuve Krka se transforme en sept cascades rugissantes fort rafraîchissantes.
Peut-être la moins connue des villes côtières,
Sibénik possède cependant une personnalité bien à elle et un charme très
fort. Sa cathédrale Saint-Jacques (construite
à partir de 1431) est l’une des plus fascinantes
de Croatie et le plus bel exemple de
transition gothico-renaissance du pays.
La cité médiévale de Trogir, inscrite depuis 1997 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, représente tout le Moyen Âge dalmate concentré dans une ville-musée. À voir la cathédrale Saint-Laurent, le palais Cipiko, le couvent bénédictin Saint-Nicolas et les remparts avec leurs belles portes.
Deuxième ville de Croatie, Split est une étape incontournable avec notamment le palais de Dioclétien, le plus démesuré des édifices légués par Rome. Ses murs renferment nombre de vestiges antiques et palais gothiques.
Avant de s’attarder à Dubrovnik, petites escapades hors frontières, à Mostar et à Kotor. En direction de Sarajevo, à environ 40 km de la frontière entre la Croatie et la Bosnie- Herzégovine, la ville de Mostar est construite de part et d’autre de la rivière Nevetva. Détruit lors des affrontements entre Croates et Bosniaques le 9 novembre 1993, le Stari Most (vieux pont) a été reconstruit à l’identique (inauguration en 2004) pour relier les deux rives. Si la ville porte encore beaucoup de stigmates de la guerre, le centre historique par contre renaît rapidement de ses cendres, retrouvant ainsi son charme d’antan. Fondée au XVe siècle, la ville martyre a considérablement souffert de la guerre entre 1992 et 1995. Capitale de l’Herzégovine, Mostar était un centre industriel et commercial important (constructions aéronautiques, production d’aluminium, textile), ainsi qu’un site touristique très prisé en raison de son architecture orientale ottomane et de ses nombreuses mosquées. Touchée par plusieurs offensives militaires et pas du tout préparée et organisée pour faire face, Mostar vivra un véritable calvaire condamné par la communauté internationale.
La route qui mène à Kotor, joyau architectural du Monténégro, longe la rive d’un fjord impressionnant comme on en trouve en Norvège. Mais nous sommes bien toujours en bordure de la mer Adriatique ! Les Bouches de Kotor (Boka Kotorska), immense baie très fermée au fond de laquelle se niche la cité médiévale de Kotor est un site naturel tout à fait exceptionnel. Avec les derniers sommets abrupts des Alpes Dinariques qui encerclent la baie avec des sommets culminant à 1894 m, l’effet de grandeur est encore renforcé. Après le fort séisme de 1979 qui provoqua de grosses destructions, l’Unesco a décidé de classer la ville sur la liste du patrimoine mondial, ce qui a permis d’entreprendre un vaste programme de travaux de restauration. Et le résultat est remarquable. La cité est entourée d’une muraille longue de 4,5 km, haute de 20 m et la largeur atteint par endroits 15 m. Trois portes permettent d’accéder au coeur de la ville, par des ruelles étroites et sinueuses où les voitures sont bannies: un vrai enchantement ! Parmi le patrimoine de Kotor, la cathédrale Saint-Tryhon, l’église orthodoxe Saint-Luc, le bastion Gurdic, le palais Grgurina et l’église Sainte-Marie sont à visiter.
Tout comme Mostar, Dubrovnik a été très éprouvée par la guerre dès le 1er octobre 1991 lorsque l’armée populaire yougoslave attaque et encercle la ville. Le siège durera huit mois, fera beaucoup de victimes et 70 % du patrimoine sera détruit. Perchée sur un rocher, ceinturée de hauts remparts baignés par l’Adriatique, l’ancienne Raguse, considérée comme l’un des joyaux du patrimoine architectural mondial, a retrouvé toute sa splendeur. Fondée au VIIe siècle, Dubrovnik sut tirer profit de son emplacement côtier pour développer un commerce maritime lucratif. La flotte de la ville compta ainsi jusqu’à cent soixante navires ! De cet âge d’or, la ville a conservé un véritable trésor architectural visible depuis le sommet des remparts. La porte Pile dont l’arche date de 1537 et la porte de Ploce, attenante au fort Revelin, donnent accès au coeur de la vieille ville. De la Placa, artère principale où l’on peut s’attarder devant la fontaine d’Onofrio ou autour de la colonne de Roland, partent de nombreuses ruelles permettant de découvrir les différents monuments de Dubrovnik. Près du port, le couvent des Dominicains, le palais Sponza, la tour de l’Horloge, l’église Saint-Blaise, le Palais des Recteurs et la cathédrale. À l’ouest de la ville, le monastère des Franciscains, l’église Saint-Sauveur, le couvent Sainte-Claire et le musée ethnographique Rupe sont également à visiter.