CULTURE

« D’UNE SEULE VOIX »
SORTIE AU CINÉMA EN FRANCE LE 11 NOVEMBRE

D’UNE SEULE VOIX
Israéliens et Palestiniens, juifs, chrétiens et musulmans, ils sont avant tout musiciens. Partant du constat qu’il est maintenant impossible pour eux de se rencontrer en Israël ou dans les Territoires Palestiniens, Jean-Yves Labat de Rossi, vieux routard de la musique, va les chercher chez eux, de part et d’autre du mur, pour les inviter à une tournée surprenante qui les réunira en France pendant trois semaines. Un pari audacieux qui se révèle rapidement risqué. Sur scène, c’est un triomphe alors que dans les coulisses, le ton monte...

PROPOS EXTRAITS DE L’INTERVIEW
DONNÉE PAR XAVIER DE LAUZANNE

Xavier de Lauzanne signe un documentaire de cinéma étonnant, à la fois poignant, drôle et profond sur une aventure collective improbable, réunissant des musiciens israéliens et palestiniens lors d’une grande tournée en France. L’exploit de ce film est de montrer les coulisses de la tournée tels quels. Sans faire l’impasse sur les difficultés d’une vie en groupe particulièrement sensible et en mettant en valeur les liens, bouleversants, qui se créent peu à peu grâce à la musique, il raconte, sur le fil du rasoir, l’histoire d’une rencontre qui est un exemple d’ouverture et d’espoir.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur place pendant le tournage au Moyen-Orient ?
Le mur. Ce mur qui lacère les paysages, comme une excroissance hideuse, comme une anomalie de l’Histoire, comme un échec. Ce mur qui emprisonne physiquement les Palestiniens et intellectuellement les Israéliens. Je suis consterné par ces personnages politiques, qui, des deux côtés, par une propagande « sécuritaire » ou « religieuse », maintiennent la société dans la crainte pour mieux arriver et se maintenir au pouvoir. C’est un abus du système démocratique et un exemple de ses limites.

Un film sur la « Paix » peut-il être réaliste ?
Atef, le chef de l’Ensemble musical de Palestine dans le film, a le courage de clamer haut et fort que le dialogue est une urgence. Sans dialogue, il ne reste que la souffrance. La rencontre est la seule voie vers la paix.
Pour cela, il faut que les mentalités changent, c’est le coeur du film : la rencontre qui ne peut exister pour le moment sur le terrain peut se faire sur scène comme une expérimentation du possible, comme un travail de la conscience. Il s’agit d’une préfiguration de la paix et non de la paix elle-même. La paix ne pourra jamais se satisfaire de l’attentisme, ni du cynisme. Si, dans un premier temps, nous n’acceptons pas de la faire exister par l’utopie alors nous ne pouvons prétendre en être l’ouvrier. C’est la valeur universelle que le film sous-tend, bien au-delà du conflit israélopalestinien.

En quoi le film nous concerne-t-il ?
On peut constater une radicalisation des opinions inquiétante dans les communautés arabes où juives, particulièrement dans les banlieues des grandes agglomérations où les origines diverses se côtoient et s’affrontent. Cette radicalisation est nourrie par les actualités que les jeunes ne savent pas décoder ainsi que par la propagande, la passion, l’ignorance et une susceptibilité à fleur de peau.
Il existe donc aujourd’hui un réel besoin de créer le débat sur les idées du « vivre ensemble » et sur « le dépassement des préjugés », avec des supports qui encouragent le dialogue. Nous qui ne sommes pas directement concernés par les affrontements israélo-palestiniens, avons ce pouvoir d’encourager la rencontre, qui est aujourd’hui presque impossible sur place.
Maya Shavit, la directrice israélienne du choeur Effroni, nous dit dans le film : « Lorsqu’on chante la musique de l’autre, on ne peut plus le bombarder ». Tout est dit. Le film « D’une seule voix » est un exemple de « liaison » des différences, en opposition à ceux qui les « délient » à des fins politiques ou idéologiques.

Le film a-t-il aussi un potentiel à l’étranger ?
La version originale est en anglais et j’ai d’ailleurs obtenu le platinium award du festival international de Houston et le prix du meilleur documentaire du festival international de Palm Beach aux Etats-Unis. D’autre part, la thématique du « rapprochement par l’art » et des « murs qui séparent » est universelle. A ce propos, le film sera projeté à Berlin le 8 novembre à l’initiative conjointe de l’Institut de France et de l’Institut américain pour la diplomatie culturelle, lors des commémorations de la chute du mur. Nous avons produit et distribué ce film avec excessivement peu de moyens. Il nous faut maintenant des partenaires et des aides pour nous permettre de le distribuer et de le faire connaître à l’étranger.

Toutes les informations sur le film :
www.duneseulevoix-lefilm.com

 
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