UN SPECIAL 60 ANS

PAROLES DE RÉDACTEURS

Part 1. UNSpecial N°688

NICOLAS-EMILIEN ROZEAUNICOLAS-EMILIEN ROZEAU
Que représente pour vous UN Special ?

L’histoire de l’humanité et la culture d’entreprise onusienne sont au coeur des réflexions et des pages du « UN Special ».
C’est en 2003 que j’ai été invité à rejoindre les membres du comité de rédaction.
Mon premier texte fut sur l’attentat de Bagdad, puis j’ai rédigé des textes sur l’avenir des Nations Unies, l’art, la société, le système...
Et lorsque je regarde ces six années de contribution, un fil conducteur se dessine de la soixantaine de textes que j’ai écrit : l’Homme.
Ecrire pour le magazine des Nations Unies a été une fierté, une responsabilité et un véritable engagement personnel.

Quels sont vos meilleurs et/ou pires souvenirs ?
Avoir eu la chance d’intégrer une équipe formidable, et collaborer avec la fraîcheur d’esprit et la passion de Jean Michel Jakobowicz et de Christian David. Ecrire offre à la main qui effleure la feuille l’opportunité de se structurer tout en structurant son style et sa pensée.
A chaque parution d’un article l’auteur s’expose aux regards extérieurs.
Il est seul responsable de sa composition. Contrairement aux beaux discours en vase clos, à la cafétéria et dans les couloirs, les écrits sont imprimés dans les mémoires, sur le papier et dans l’espace virtuel. La question de l’indépendance et de la liberté d’expression m’est souvent venue en tête lors de la rédaction de mes articles, je n’ai jamais vraiment trouvé de réponse.
Je souhaite avoir apporté du plaisir, un intérêt, des questionnements et de la satisfaction à la lecture de mes mots.
Comme le dit Albert Camus dans ses carnets : « Il faut dire qu’en tant qu’écrivain, nous trahissons devant l’histoire si nous ne dénonçons pas ce qui est à dénoncer. La conspiration du silence, c’est notre condamnation aux yeux de tous ceux qui nous suivront. »

PETER OZORIOPETER OZORIO, WHO ASSOCIATE/ACTING EDITOR, UNS
Between l979 and early 80s, I was transferred to WHO Geneva from New York/Washington, Nedd Willard from New Delhi, and Jack Woodall from the U.S. Public Health Service. Nedd and I were Information Officers. Little did we think we would bond thereafter for over a decade editing UNS then under the aegis of WHO staff. In looking back, the challenge at the outset was determining what kind of UNS do readers want. The masthead on page 3 described UNS as the “Revue des Fonctionnaires Internationaux.” That was our answer. As no other publication addressed conditions of employment, or problems faced by UN families, our main emphasis was placed upon staff concerns.

UNS was to be a vehicle for staff news and views, rather than for advertisement. However, to cater to different tastes, we divided UNS into three main sections (1) For global issues, called “Your World – My World – Our World”; (2) for staff issues, “Inside the Machin” (president de Gaulle’s description of a fledging UN); and (3) for the arts, “Quality of Life.”

An occasional rubrique “How Others See Us” carried excerpts from world media to draw attention to staff of criticisms of the U.N. (including those made by some delegations). Our rationale for the openness: an informed staff member is a better staff member. Among the editorial requirements decided upon was that UNS be primarily bi-lingual, that the interest of readers take precedence over contributors, even while welcoming contributions, and that contributions be subject to editing and to space. Some colleagues contributed to UNS fairly regularly. To name but three: John Fraser, WHO, an avid letter-writer; Aline Dedayan, UNOG, chronicler of the fictional “Hil’s Story – An American in Geneva;” and Jery Kilker, WHO for his column “Cafeteria Fare” advising where to eat.

Looking back again upon memories, my most satisfying moments were when writing about ILO and UN tribunal judgement, involving staff, while unafraid to name names as judgements are in the public domain; a feature “Telling Our Side of the Story”, to correct misconceptions about UN. staff salaries, pensions, taxes; and my regular column “How Others See Us.” about whatever caught my eye.

Our apprehension of administrative censorship or reprisals always lay just beneath the surface. When the D-G called Nedd (Editor in Chief) to his office to question an article, it was our worst moment. Whatever was said between them is not known, but whatever explanation given was accepted. There were no reprisals, an accolade to enlightened leadership. That episode reinforced our belief of UNS being a forum of free expression, without taboos. If and when the editorial red pen falls, it would be only to excise personal attacks or material obscene, libellous and plain dull.

EMMANUELLE GANTET EMMANUELLE GANTET, ONU GENÈVE
Que représente pour vous UN Special ?
UN Special est avant tout un formidable outil de communication. Son tirage à plus de 10 000 exemplaires permet une bonne diffusion auprès de la Genève internationale, ainsi que dans différents bureaux du Secrétariat des Nations Unies, comme à New York ou Nairobi. Sa force tient également dans sa liberté éditoriale puisque sa production est financée par les espaces publicitaires. Par ailleurs, si nous, les rédacteurs/photographes, sommes tous bénévoles, et si notre formation au journalisme reste donc empirique, il est très stimulant de travailler pour un support qui bénéficie de l’expertise de professionnels du pré-presse/graphisme, de l’imprimerie, et enfin de la publicité. Cet appui permet d’assurer une bonne qualité au magazine. UN Special à 60 ans reste LE média des fonctionnaires internationaux à Genève, et c’est pourquoi il doit perdurer et tout un chacun peut y contribuer.

Quels sont vos meilleurs et/ou pires souvenirs ?
La première fois ! Comme passer son premier oral, ou réussir sa première descente à vélo ou à ski, écrire mon premier article a été un événement marquant. Alors que j’étais familiarisée à la rédaction de rapports, jamais je n’aurais pensé pouvoir écrire un article pour un magazine ! Je remercie encore le rédacteur en chef de UN Special de sa confiance à mes débuts. Même si l’exercice demande du travail, quel plaisir de sentir sa plume se délier au fur et à mesure des pages. Mais surtout quel plaisir de rencontrer des personnes de tous horizons, les artisans du bâtiment et des services techniques ou le chef de la Section des achats à l’ONU, ou encore le directeur de l’Aéroport de Genève, mais également un expert international en énergie solaire, un couple vivant dans une yourte sur les bords du lac d’Annecy... Ecrire un article, c’est se donner la possibilité d’être à l’écoute des autres et faire partager avec ses émotions une expérience, une rencontre. Quel enrichissement ! Même si parfois ce n’est pas de tout repos... tout comme cette révision de la version française des trois cents recettes internationales sur le riz qui m’a valu quelques nuits et week-ends plongés dans les ingrédients et mesures de cuisine !
Mais l’équipe formidable de UN Special a su transformer l’épreuve en bonheur.

 
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