Initiée en mars dernier par votre magazine préféré (www.unspecial.org), la démarche visant à mettre en place une crèche interorganisations a vécu une étape importante. Une réunion entre les autorités locales et des représentants de (presque) toutes les organisations internationales, s’est déroulée au Palais Eynard, siège de la mairie de Genève le 29 septembre dernier.
Monsieur Tornare, conseiller administratif, responsable du Département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports et précédent maire de Genève, entamait la séance en se réjouissant de la décision de la population et de ses conséquences pour la Genève internationale concernant l’extension du siège de l’OMC.
La Genève internationale justement, il en était question puisque le service cantonal était représenté par Mme Mivelaz. M. Kanaan, directeur de la cohésion sociale, Mme de Tassigny, directrice de la petite enfance, et Mme Cuniberti, directrice de la crèche des Morillons ainsi que les assistantes sociales, conseillères du personnel et quelques représentants des administrations, des organisations, préfiguraient que des synergies peuvent être mises en place pour des questions aussi importantes pour le fonctionnement de nos organisations.
Si la demande pour l’accès aux crèches à Genève est passée de 31 % en 1999 à 62 % actuellement, l’ambition affichée par M. Tornare est qu’à l’image des pays scandinaves, l’accès aux crèches devienne non pas une obligation mais un droit en 2014. Il convient de mettre un bémol, la population genevoise a décidé une baisse d’impôt, les rentrées fiscales et les prestations notamment pour la petite enfance seront donc ralenties voire affectées.
Malgré les efforts effectués ces dernières années, la pression reste cependant constante pour que les demandes auprès de la petite enfance, soient satisfaites, en grande partie à cause de la qualité de la prestation offerte. Mme de Tassigny expliquait que cette qualité nécessite une logistique particulièrement suivie par l’entremise du BIPE Bureau d’information de la petite enfance qui centralise les demandes et informe les parents et les oriente.
Les crèches disponibles sur le périmètre des OI sont la petite maisonnée, la crèche du lac et les Morillons. Sans entrer dans les détails, la demande est extrêmement forte par rapport à l’offre.
Cependant, une autre réunion devrait avoir un impact fort : le 23 septembre le comité diplomatique s’est réuni en présence de plusieurs ambassadeurs. Le problème des crèches a été évoqué. Une demande de création d’un groupe de pilotage à été effectuée.
Le tour de table a eu pour conséquence de déterminer qu’un nombre de places estimé de nonante à cent places correspondrait à une évaluation réaliste, sachant que une place égale 1,8 enfants (car les enfants ne sont pas tous présents en permanence).
Un des problèmes est de trouver de la place, M. Kanan soulignait que Genève est un territoire exigu, il faut donc trouver des locaux. Des essais sont en cours pour trouver une place dans la future maison de la paix.
L’intervention de la FIPOI sera déterminante pour trouver une solution de locaux à court terme ainsi que le soutien de la Mission suisse, par l’intermédiaire notamment du CAGI.
Mme Casalis de l’OMS soulignait que des études avaient été menées par des organes externes pour son organisation, que la place était disponible mais que la volonté politique de nos organisations et de leurs responsables seraient déterminantes. Tout pourrait aller très vite pour peu que chaque dirigeant prenne ses responsabilités.
Mme Pasquale de l’OMPI soulignait la différence entre les G (services généraux) et les P (professionnels) les premiers ne recevant aucune allocation. M. Bates de l’OMC indiquait qu’aucune subvention pour la petite enfance n’était mise en place dans les OI. Le débat revenait sur la logique de crèche d’entreprise, dans une politique de ressources humaines.
Mme Delaunay de l’ONU/SIDA s’interrogeait sur la réponse de la FIPOI quant à la mise en place d’espace. Mme De Tassigny répondait que les derniers contacts étaient beaucoup plus ouverts et qu’ils étaient constants, avec notamment la délégation cantonale pour notamment l’espace situé à l’arrière de la crèche des Morillons.
M. Kanan indiquait qu’il est possible d’installer une crèche ville de Genève standard, qui sera intégrée au réseau ville de Genève avec une priorité implicite pour les membres des OI.
La piste interorganisations, était enfin évoquée, soit un modèle similaire à la crèche des Morillons, des achats de places de chaque OI sur cinq ans. Les organisations et les ressources humaines attribueraient les places achetées en interne.
Le débat revenait sur le fait qu’une crèche pourrait être bâtie avec comme étape initiale un montage financier auquel chaque OI et les états membres, par l’intermédiaire des missions, seraient partie prenante, la gestion restant à la ville.
M. Tornare recommandait alors la création d’un groupe de pilotage qui serait chargé de répertorier et de répondre aux questions suivantes : combien de places, qui va payer, qui seront les personnes ressources en spécifiant que la prise en charge par les services municipaux d’une crèche pour les fonctionnaires internationaux, payée avec l’impôt du contribuable genevois serait diffi cilement justifiable.
La prochaine réunion interviendra, avec ce groupe de pilotage, avant la fin de l’année.