C’est au parc des Bastions à Genève, le 19 août dernier que le public, les employés des Nations Unies et des organisations non gouvernementales ont rendu un vibrant hommage aux travailleurs humanitaires dans le cadre de la première Journée humanitaire mondiale.
Il y a six ans, le 19 août 2003, un camion
piégé explosait dans les locaux des Nations
Unies à Bagdad, tuant vingt-deux employés
de l’organisation et en blessant de nombreux
autres. Cette attaque devait changer
toute la perception de l’aide humanitaire.
Car, ce ne fut malheureusement pas un acte
isolé. Quatre ans plus tard, une autre attaque
à la bombe coûtait la vie à dix-sept
autres employés des Nations Unies à Alger.
Et cela ne s’est pas arrêté depuis. Les chiffres
sont malheureusement là pour le démontrer :
les travailleurs humanitaires sont de plus en
plus victimes de violence sur le terrain. Plus
de 750 travailleurs humanitaires ont perdu la
vie au cours de la dernière décennie.
Malheureusement, l’année 2008 fut l’année de tous les records avec 260 travailleurs humanitaires, tués, enlevés ou sérieusement blessés au cours d’attaques violentes. Parmi les employés des Nations Unies tués à Bagdad se trouvait le chef de l’équipe, Sergio Vieira de Mello. C’est pour perpétuer sa mémoire et continuer son travail que sa famille et ses amis ont créé la Fondation Sergio Vieira de Mello.
La première mission que s’est dotée la
Fondation a été de faire en sorte que l’on
reconnaisse au moins une fois par année le
travail extraordinaire que font ces hommes
et ces femmes de bonne volonté sur le terrain.
Car les travailleurs humanitaires sont
des héros méconnus. Ils travaillent dans des
conditions excessivement difficiles, dans des
milieux inhospitaliers, bravant la chaleur, le
froid, les maladies et le danger. Ils prennent
des risques considérables et vont jusqu’à
faire le sacrifice ultime – leur propre existence
– pour venir en aide aux plus malheureux,
aux victimes innocentes des guerres et
des catastrophes naturelles. Leurs sacrifices
ne sont pas reconnus à leur juste valeur.
C’est donc pour réparer ce tort que la Fondation Sergio Vieira de Mello a voulu faire du 19 août une date exceptionnelle, une journée spéciale dédiée à tous ceux qui sont au service de la cause humanitaire. La Fondation est donc très vite entrée en contact avec le Brésil, la France, le Japon, la Suède et la Suisse afin de convaincre ces pays de présenter une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies pour faire du 19 août la Journée humanitaire mondiale. La résolution fut adoptée le 11 décembre 2008.
La Journée humanitaire mondiale a donc
été célébrée pour la première fois cette année
dans plus de cinquante pays, mais plus
particulièrement à Genève. Genève étant la
capitale humanitaire, cela allait de soit. Les
autorités suisses ont donc mis à la disposition
des Nations Unies le parc des Bastions
pour rendre un hommage particulier aux
responsables humanitaires, au travail qu’ils
accomplissent sur le terrain et plus particulièrement
à ceux qui ont perdu leur vie au
service des autres.
Le rôle de la Suisse a été mis en valeur dans
les allocutions prononcées par le Président
du Conseil d’Etat et de la République
de Genève, David Hiler, et de la Viceprésidente
du Conseil administratif de la
ville de Genève, Sandrine Salerno, au cours
d’un événement qui fut solennel, tout en
donnant matière à réflexion. C’est ainsi
qu’on a pu entendre les témoignages bouleversants
de Liz Satow de World Vision,
du docteur Sami Ben Yahmed de l’OMS,
de Mme Belkis sur l’accueil des travailleurs
humanitaires suisses pour cette réfugiée
afghane, du Représentant spécial adjoint du
Secrétaire général de l’ONU, Ross Mountain,
sur son expérience au Congo et enfin de
Shawbo Taher du Haut Commissariat aux
droits de l’homme, survivante du tragique
attentat de Bagdad.
La Vice-présidente de la Fondation Sergio Vieira de Mello, Annie Vieira de Mello, a rappelé le souvenir de son mari et les raisons qui ont motivé la fondation à créer cette journée spéciale alors que le Haut Commissaire aux réfugiés, Antonio Gutteres, et la Vice-présidente permanente du CICR, Christine Beerli, ont rappelé le dur travail des humanitaires sur le terrain.
Le Taiyo Quartet, le Al Blatter trio, les guitaristes Ivan Moraes et Jad Azkoul, le hautbois Virginie Olsson, la harpiste et mezzo-soprano Kirsty Griffiths et l’école de samba brésilienne G.R.E.S Unidos de Genève ont assuré la partie musicale de l’événement. Le tout fut brillamment orchestré par Darius Rochebin de la Télévision Suisse Romande sur un discours d’ouverture du Directeur général des Nations Unies à Genève Sergei Ordzhonikidze.