SOCIÉTÉ

LA COOPÉRATION POLICIÈRE EN EUROPE :
DU CONCEPT À LA CONCRÉTISATION

A l’instar du reste du monde, l’Europe fait face à une criminalité transfrontière croissante tant au niveau des actes, des effectifs et des moyens financiers technologiques, logistiques et organisationnels.

Me ALI ZARROUK

En 1992, le Traité de Maastricht avait indiqué qu’aux fins de réalisation des buts de l’Union, les Etats membres devaient considérer la coopération policière comme étant une question d’intérêt commun qui appellerait la création d’une structure capable, notamment, d’assurer un système d’échange d’informations à l’échelle de l’Europe.
En règle générale, les intérêts communs gagnent à être traités collectivement, aussi, le même Traité a-t-il habilité le Conseil de l’Union à adopter des conventions et actions communes dans la mesure où elles seraient plus efficaces que celles effectuées isolément. Dans le même esprit, le titre VI du Traité sur l’Union intitulé « Dispositions relatives à la coopération policière et judiciaire en matière pénale » affirme l’objectif d’offrir aux européens un haut niveau de protection à travers une action commune dans le domaine de la coopération judiciaire et policière.
Il s’agit de prévenir et de lutter contre la criminalité, le terrorisme, la traite des êtres humains et les crimes contre les enfants, le trafic de drogues et d’armes, la corruption, le blanchiment d’argent, le trafic illicite des matières nucléaires et radioactives, le trafic de véhicules volés et la fraude, notamment, grâce à « une coopération plus étroite entre les forces de police, les autorités douanières et les autres autorités compétentes dans les Etats membres, à la fois directement et par l’intermédiaire de l’Office européen de police » : Ces objectifs seront réaffirmés au sein de l’article deuxième de la Convention Europol.
La Convention annonce la création de l’Office européen de police et lui attribue, en premier lieu, la fonction de faciliter les échanges, collecte, analyse et communication des informations et renseignements aux services compétents des Etats membres ainsi que la gestion de recueils d’informations informatisés.
Europol doit, en outre, « approfondir les connaissances spécialisées qui sont utilisées dans le cadre des enquêtes par les services compétents des Etats membres et dispenser des conseils pour les enquêtes », « fournir des renseignements stratégiques pour faciliter et promouvoir une utilisation efficace et rationnelle des ressources disponibles au niveau national pour les activités opérationnelles » et « élaborer des rapports ». L’office assiste également les Etats membres en matière de formation, organisation et équipement des services, méthodes préventives de la criminalité, méthodes d’enquêtes et de police technique et scientifique.
Europol intervient donc dans les « affaires » impliquant plus d’un Etat membre seulement dans le cas où le « traitement » au niveau européen s’avère plus judicieux que le niveau national. Proportionnalité, subsidiarité et solidarité restent les maîtres mots pour cette entreprise houleuse sous le signe de la coopération intramuros d’une mosaïque de souverainetés.

 
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