MAURITANIE
DÉSERT DE L’ADRAR
La Mauritanie est l’un des derniers pays où l’on peut goûter
à l’aventure de l’extrême. On a l’impression d’être au bout
du monde lorsqu’on arrive dans un cercle de tentes maures
ou dans un campement peul.
Très commerçant, le pays est toujours traversé par quelques caravanes, et dans les coins les plus reculés on y croise encore des esclaves. Officiellement appelée République islamique de Mauritanie, le pays fait partie du Sahara de l’Afrique de l’Ouest. Également nommée le « pays des Maures » dont elle tire son nom, la Mauritanie, d’une superficie de plus d’un million de kilomètres carrés, est relativement très étendue. Bordée à l’ouest sur 650 km par l’océan Atlantique, elle a des frontières communes avec le Sahara occidental (nord-ouest), l’Algérie (nord), le Mali (est et sud-est) et le Sénégal (sud-ouest). De par sa situation géographique, la Mauritanie est un point de passage entre l’Afrique noire et les pays du Maghreb situés au nord. Concentrée principalement dans la capitale Nouakchott, la population (3,3 millions d’habitants) se répartit principalement en deux parties. D’une part, les Maures arabo-berbères (appelés aussi les « Blancs ») et, d’autre part, les Négro-Africains (Peuls, Wolofs, Soninkés...). Descendants d’esclaves noirs, les Haratines forment une troisième ethnie qui appartient à la couche inférieure de la société. Pour eux, l’esclavage ne fait malheureusement pas partie que du passé !

Grâce au fleuve Sénégal qui délimite la
Mauritanie, le sud constitue une zone très
agricole alors que l’est est plutôt recouvert
de pâturages. Mais la majorité du territoire
se trouve dans le désert du Sahara avec une
longue bande de dunes de sable le long
de la façade maritime. Au nord, on trouve
un ensemble de hautes plaines dominées
par quelques sommets dont le point culminant
du pays, le Kédia (915 mètres). Au
centre s’étendent des plateaux gréseux
dont l’Adrar, aux corniches abruptes surplombant
la cuvette du Hodh. Considérée
comme la septième ville sainte de l’islam,
Chinguetti est le principal bourg de l’Adrar.
Fondée à la fin du XIIIe siècle, la ville fut un
important centre de commerce caravanier
entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire et
surtout la plus grande métropole culturelle
de la région depuis le début du XVIIe siècle.
Chinguetti compte en effet une dizaine de
bibliothèques dont certains manuscrits rédigés
sur des peaux de gazelles datent du IXe
siècle. La ville, qui vit longtemps Théodore
Monod faire des recherches dans les alentours,
est aujourd’hui envahie par le sable.
Elle est classée comme site du Patrimoine
culturel mondial de l’Unesco depuis 1996.
En plein Sahara, la sécheresse de ces dernières
décennies et l’assaut des dunes en font
l’une des régions les plus chaudes et inhospitalières
de la planète. L’eau se fait rare, tout
comme l’ombre, et il faut être très prudent
lorsque l’on s’aventure dans ce désert. De
Chinguetti, point de départ de notre randonnée
chamelière à travers le massif de l’Adrar,
notre objectif sera d’atteindre l’oasis de Terjit, terme du périple. Dix jours de marche seront
nécessaires. Le gardien d’une bibliothèque
du coin nous avait prévenus. S’aventurer
dans le désert de l’Adrar fin avril n’est pas
très raisonnable. Il n’avait pas tout à fait tort !
A cette époque la chaleur est torride. Aussi,
nous allons devoir profiter de la fraîcheur matinale et des fins d’après-midi pour nous
déplacer. Le restant de la journée, lorsque le
soleil est à son zénith, sieste obligatoire pour
tout le monde ! Autre souci de taille, l’eau des
puits qui ne nous incitait guère à la boire. Et
malgré l’ajout de désinfectants, elle causa
quelques ravages dans le groupe. Mais cette
région de Mauritanie, avec ses immenses
dunes de sable qui, du blanc au rouge, en
passant par le jaune citron et l’ocre, est d’une
beauté exceptionnelle.
Arrivés à Terjit, on croit vraiment au mirage
lorsque l’on découvre l’oasis blottie au fond
d’un canyon étroit, avec ses sources d’eau
qui alimentent un ruisseau qui serpente au
milieu des palmiers bien verts. Après avoir
« grillé » au milieu des dunes de sable multicolore,
au travers des déserts de caillasse et
autres étendues d’herbe à chameaux parsemées
d’acacias, la fraîcheur du lieu est
inespérée... et fortement appréciée.
Malheureusement, toute bonne chose ayant
une fin, le retour sur Nouakchott nous fera
bien vite oublier le formidable accueil reçu
dans le désert de la part des quelques nomades
rencontrés. Suite à la désertification,
les Mauritaniens se sont repliés sur la capitale
pour trouver de quoi survivre. La
construction de la ville remonte aux années
50 (à cette époque il y avait cinq cents habitants)
et c’est en 1957 que l’on décide d’y
transférer la capitale qui était alors Saint-
Louis. Depuis la population a été multipliée
par 1500 ! Cette croissance démesurée,
ajoutée à l’ensablement qui progresse quotidiennement,
est à l’origine de nombreux
problèmes dont la pauvreté qui ne cesse
de s’accroître, ce qui entraîne une certaine
insécurité de la ville. Et puis, les différents
coups d’état militaires qui ont troublé l’ordre
public ces dernières années n’ont rien fait
pour arranger les choses.
Si la ville n’a guère d’intérêt, le port, à
l’heure du retour des pêcheurs avec leurs
pirogues très colorées, mérite néanmoins
le détour...
