LOISIRS

MAURITANIE
DÉSERT DE L’ADRAR

La Mauritanie est l’un des derniers pays où l’on peut goûter
à l’aventure de l’extrême. On a l’impression d’être au bout
du monde lorsqu’on arrive dans un cercle de tentes maures
ou dans un campement peul.

TEXTE & PHOTOS CLAUDE MAILLARD, OMS

Très commerçant, le pays est toujours traversé par quelques caravanes, et dans les coins les plus reculés on y croise encore des esclaves. Officiellement appelée République islamique de Mauritanie, le pays fait partie du Sahara de l’Afrique de l’Ouest. Également nommée le « pays des Maures » dont elle tire son nom, la Mauritanie, d’une superficie de plus d’un million de kilomètres carrés, est relativement très étendue. Bordée à l’ouest sur 650 km par l’océan Atlantique, elle a des frontières communes avec le Sahara occidental (nord-ouest), l’Algérie (nord), le Mali (est et sud-est) et le Sénégal (sud-ouest). De par sa situation géographique, la Mauritanie est un point de passage entre l’Afrique noire et les pays du Maghreb situés au nord. Concentrée principalement dans la capitale Nouakchott, la population (3,3 millions d’habitants) se répartit principalement en deux parties. D’une part, les Maures arabo-berbères (appelés aussi les « Blancs ») et, d’autre part, les Négro-Africains (Peuls, Wolofs, Soninkés...). Descendants d’esclaves noirs, les Haratines forment une troisième ethnie qui appartient à la couche inférieure de la société. Pour eux, l’esclavage ne fait malheureusement pas partie que du passé !

Grâce au fleuve Sénégal qui délimite la Mauritanie, le sud constitue une zone très agricole alors que l’est est plutôt recouvert de pâturages. Mais la majorité du territoire se trouve dans le désert du Sahara avec une longue bande de dunes de sable le long de la façade maritime. Au nord, on trouve un ensemble de hautes plaines dominées par quelques sommets dont le point culminant du pays, le Kédia (915 mètres). Au centre s’étendent des plateaux gréseux dont l’Adrar, aux corniches abruptes surplombant la cuvette du Hodh. Considérée comme la septième ville sainte de l’islam, Chinguetti est le principal bourg de l’Adrar. Fondée à la fin du XIIIe siècle, la ville fut un important centre de commerce caravanier entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire et surtout la plus grande métropole culturelle de la région depuis le début du XVIIe siècle. Chinguetti compte en effet une dizaine de bibliothèques dont certains manuscrits rédigés sur des peaux de gazelles datent du IXe siècle. La ville, qui vit longtemps Théodore Monod faire des recherches dans les alentours, est aujourd’hui envahie par le sable. Elle est classée comme site du Patrimoine culturel mondial de l’Unesco depuis 1996.

En plein Sahara, la sécheresse de ces dernières décennies et l’assaut des dunes en font l’une des régions les plus chaudes et inhospitalières de la planète. L’eau se fait rare, tout comme l’ombre, et il faut être très prudent lorsque l’on s’aventure dans ce désert. De Chinguetti, point de départ de notre randonnée chamelière à travers le massif de l’Adrar, notre objectif sera d’atteindre l’oasis de Terjit, terme du périple. Dix jours de marche seront nécessaires. Le gardien d’une bibliothèque du coin nous avait prévenus. S’aventurer dans le désert de l’Adrar fin avril n’est pas très raisonnable. Il n’avait pas tout à fait tort ! A cette époque la chaleur est torride. Aussi, nous allons devoir profiter de la fraîcheur matinale et des fins d’après-midi pour nous déplacer. Le restant de la journée, lorsque le soleil est à son zénith, sieste obligatoire pour tout le monde ! Autre souci de taille, l’eau des puits qui ne nous incitait guère à la boire. Et malgré l’ajout de désinfectants, elle causa quelques ravages dans le groupe. Mais cette région de Mauritanie, avec ses immenses dunes de sable qui, du blanc au rouge, en passant par le jaune citron et l’ocre, est d’une beauté exceptionnelle.

Arrivés à Terjit, on croit vraiment au mirage lorsque l’on découvre l’oasis blottie au fond d’un canyon étroit, avec ses sources d’eau qui alimentent un ruisseau qui serpente au milieu des palmiers bien verts. Après avoir « grillé » au milieu des dunes de sable multicolore, au travers des déserts de caillasse et autres étendues d’herbe à chameaux parsemées d’acacias, la fraîcheur du lieu est inespérée... et fortement appréciée.
Malheureusement, toute bonne chose ayant une fin, le retour sur Nouakchott nous fera bien vite oublier le formidable accueil reçu dans le désert de la part des quelques nomades rencontrés. Suite à la désertification, les Mauritaniens se sont repliés sur la capitale pour trouver de quoi survivre. La construction de la ville remonte aux années 50 (à cette époque il y avait cinq cents habitants) et c’est en 1957 que l’on décide d’y transférer la capitale qui était alors Saint- Louis. Depuis la population a été multipliée par 1500 ! Cette croissance démesurée, ajoutée à l’ensablement qui progresse quotidiennement, est à l’origine de nombreux problèmes dont la pauvreté qui ne cesse de s’accroître, ce qui entraîne une certaine insécurité de la ville. Et puis, les différents coups d’état militaires qui ont troublé l’ordre public ces dernières années n’ont rien fait pour arranger les choses.
Si la ville n’a guère d’intérêt, le port, à l’heure du retour des pêcheurs avec leurs pirogues très colorées, mérite néanmoins le détour...

 
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