Swiss pages

FINHAUT, VALLÉE DU TRIENT/VALAIS

FINHAUT

Evelina Rioukhina continue sa rubrique «Swiss pages». Cette
fois son invitée spéciale est Mme Sari Rauber, peintre et
journaliste, membre d’honneur de l’Association de la presse
étrangère en Suisse et au Liechtenstein (APES). Sari Rauber
a longtemps représenté la presse de l’Etat d’Israël et en
particulier, le quotidien Maariv au Palais des Nations, elle est
également connue par les lecteurs de notre magazine.
Mme Rauber nous offre ses témoignages.

SARI RAUBER

Mon paradis s’appelle Finhaut. C’est un petit village de montagne, de quelques centaines d’habitants, qui a su préserver tout son charme d’antan. Il est blotti à une altitude de 1237 mètres autour de son église sur le flanc d’une montagne. Très ensoleillé, apprécié pour la douceur de son climat, on peut y admirer le glacier du Trient et la vue se porte jusqu’aux Aiguilles du Tour.

Depuis Genève, on peut l’atteindre soit par la route en une heure, soit par le train rouge et blanc, le Mont-Blanc Express, depuis Martigny, où vous pouvez visiter le fameux musée Gianadda, logé dans un site romain remarquable.

M. et Mme Georges Lugon y possèdent l’ancien Hôtel de la Croix-Fédérale, créé par leur ancêtre Max Lugon. Ils l’ont modernisé et transformé en maison de vacances à l’intention de leur famille et leurs amis. La construction toute en pierres et en bois de vingtsept chambres a gardé un charme désuet qui a survécu aux transformations. Face à cette bâtisse, un pavillon oriental a été installé. Une fois à l’intérieur, on se prélasse dans des sofas et on oublie où on se trouve.

J’aime aussi cette atmosphère de petit village où chacun se connaît, on y vit de père en fils depuis des siècles. On salue aimablement les touristes de passage.

Finhaut En vérité, Finhaut était avec Zermatt, le seul lieu de villégiature valaisan dans les années 1890 à 1930. Aujourd’hui réduits à trois, à cette période dorée on comptait quinze hôtels. On venait du monde entier pour bénéficier de son air pur, de son eau minérale naturelle et de la vue qui porte jusqu’au Mont-Blanc.

Si les promenades dans les forêts de sapins et de mélèzes permettent de découvrir la faune et la flore de montagne, il y a bien d’autres motifs de visiter Finhaut: les attractions les plus recherchées sont la visite du barrage de Grand Emosson qui fournit l’eau aux centrales électriques valaisannes et si l’on continue son périple pour atteindre l’ancien barrage hydraulique, on fera une découverte unique, le site des dinosaures du Vieux-Emosson. Une expédition dans le passé (deux cent cinquante millions d’années). Il est recommandé de visiter le Musée au centre de Finhaut. Des tours guidés sont organisés.

Lac Emosson Quant au bâtiment principal de l’hôtel, il est entouré d’une magnifique terrasse ombragée d’arbres où, jusqu’à sa fermeture, on servait «a lovely 5 o’clock cup of tea», les résidents étant principalement d’origine britannique.

J’ai fait la connaissance de M. et Mme Lugon, des voisins de Genève, lorsque pour la première fois ils m’ont invitée à leur rendre visite à Finhaut dans les années 1990. Dès que j’ai vu cette maison rustique et que j’ai pénétré à l’intérieur, j’ai ressenti un air de familiarité. Puis, je me suis souvenue que ma mère, qui y séjournait, m’avait inscrite dans une pension pour demoiselles de bonne famille. Je n’aimais ni le lieu, ni les pensionnaires. J’ai rejoint ma mère à pied et ai demandé qu’elle me permette de séjourner avec elle à la Croix-Fédéral. Elle acquiesça. C’était en 1947. Je demandai à mes hôtes s’ils avaient encore les registres. Nous les avons consultés ensemble et sommes tombés sur l’inscription de l’arrivée de ma mère, puis de la mienne, avec le détail des glaces, gâteaux et autres douceurs que je savourais avec intensité. Pensez que la guerre venait de se terminer et j’avais été privée de toutes ces bonnes choses. Voilà pourquoi Finhaut est pour moi le symbole du Paradis.

Cela vous fait envie de visiter ce charmant village? Vous y trouverez encore d’excellents restaurants, des bazars et une atmosphère de Belle Epoque qui imprègne Finhaut encore de nos jours.

 
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