HANS ERNI, L’ARTISTE, L’HOMME
Réunie le 6 juin sur la symbolique Place des Nations afin
d’assister à l’hommage que la ville de Genève a rendu
à Hans Erni, l’Association de la Presse Etrangère en Suisse
(APES) a voulu se joindre à cet hommage. Ainsi, devant
la fresque splendide de l’artiste et homme aux idéaux
enracinés de paix, l’APES lui a décerné le Prix qui le désigne
comme la personnalité de l’année pour la presse étrangère
en reconnaissance de son oeuvre remarquable.
Hans Erni, peintre, sculpteur, illustrateur graveur, céramiste, car il n’est pas un domaine qu’il refuse d’explorer au cours de sa longue vie, vient de fêter ses cent ans. Il aura incarné dans son oeuvre durant la première moitié de sa vie les métamorphoses de l’Histoire et de l’art du vingtième siècle, pour, par la suite, approfondir son expression à la fois originale et empreinte de la tradition. C’est ainsi que dans sa recherche perpétuelle, l’art dans ses diverses manifestations est aussi pour lui un défi pour générer des nouvelles expériences.
Né le 21 février 1909 à Lucerne, au cours de sa formation il fréquentera successivement l’Ecole des Arts et Métiers de Lucerne (1927), l’Académie Julian, à Paris (1929), et l’Ecole des Arts libres et Appliqués de Berlin, il voyagera, ce qui le mettra en contact avec des artistes tels que Calder, Arp, Brancusi, Kandinsky, Mondrian et bien d’autres...
A 30 ans, en 1939, il acquerra la notoriété par
la réalisation, d’une immense fresque murale
de 100 mètres de long sur 5 mètres de haut destinée au Pavillon du tourisme de l’Exposition
nationale suisse de Zurich.
L’oeuvre féconde d’Erni de style unique avec
ses contours rehaussés d’un trait blanc, a fait
un long parcours à travers ses inexhaustibles
sources d’inspiration depuis l’Antiquité au
monde contemporain en passant par l’influence
cubiste de Braque et de Picasso, de
l’art abstrait qu’il a découvert en Angleterre
et également du surréalisme.
Mais, Hans Erni réalisera assez vite que l’art pour l’art est une théorie creuse; il s’éloignera ainsi du surréalisme et de l’art abstrait (il adhérera en1937-1938 au groupe Abstraction-Création, à Londres, où il se liera d’amitié avec, entre autres, Moore, Nicholson, Hepworth... ) qui ne correspondaient plus à sa vision de la réalité, tout comme, plus tard, il prendra ses distances avec l’idéologie communiste; sa cause à lui, désormais, sera et, cela, jusqu’à maintenant l’homme: l’homme dans la société, par des oeuvres magnifiant la science, la technique, le sport..., l’homme dans la nature, donnant , en particulier, par son don du dessin et du trait, une vision renouvelée du monde et, en se préoccupant, maintenant, de la fragilité de notre écosystème, et de l’homme dans l’univers , en revisitant les grands thèmes de la philosophie et les figures de la mythologie classique.
Comme un grand artiste de la Renaissance à
qui des papes ou des princes passaient commande
d’oeuvres monumentales, par le nombre
et l’importance des commandes publiques
qu’il a reçues depuis plus de
cinquante ans dont la dernière, récemment
inaugurée à Genève, orne les deux murs de
l’entrée du Palais des Nations, illustrant le
combat sans fin à mener pour la paix entre
les peuples. Hans Erni est un artiste authentiquement
engagé dans la société de son
temps, pour parler aux consciences et les
édifier, et leur faire prendre la mesure de la
condition humaine.
Mais il est impossible de ne pas évoquer la
place déterminante qu’occupe son épouse
Doris dans son parcours d’artiste car elle a
toujours été à ses cotés pour lui apporter
son soutien au cours de toutes ces années.
