INAUGURATION DE
LA FRESQUE DES NATIONS
Depuis juin l’entrée historique du Palais des Nations s’est dotée d’une fresque monumentale du peintre suisse Hans Erni. Dénommée «ta panta rei» (en grec «tout en mouvement»), les deux panneaux en céramique, installés sur les deux murs de l’entrée du coté de la Place des Nations, symbolisent le combat pour la paix et les espoirs de paix, de liberté et de justice sociale de tous les peuples de la planète.
Cette oeuvre, la plus grande fresque en céramique de Suisse, a été réalisée en une année. Offerte par la Ville de Genève à l’Organisation des Nations Unies, elle est composée de plusieurs centaines de carreaux en grès. L’inauguration solennelle organisée par la Ville de Genève le 6 juin passé a aussi marqué l’entrée en fonction du nouveau maire Rémy Pagani qui a placé son année de mairie sous le signe de la solidarité – le 60e anniversaire des Conventions de Genève et de l’action des citoyens en faveur du droit humanitaire. Pour rendre hommage à « la longévité qui apporte la sagesse », au talent et au travail de longues années de Hans Erni, légende vivante de la Suisse, qui a fêté en février passé ses cent ans, la mairie de Genève a invité cinquante-six centenaires vivant à Genève et nés la même année que le célèbre lucernois. Dans son discours, Rémy Pagani a déclaré que « cette fête pour la paix ne pouvait être mieux symbolisée que par toutes celles et tous ceux qui, comme Hans Erni, ont traversé le siècle passé, acharnés à se battre pour la vie ». La fête pour la paix a été doublement symbolique car cet événement se passait sur la place « où une multitude de personnes venant de tous les horizons de la planète viennent crier leur aspiration à la paix, à la liberté et à la dignité ».
En remerciant les autorités fédérales, cantonales et municipales pour cette initiative remarquable, le Directeur Général de l’ONU Sergei Ordzhonikidze a hautement apprécié le message qui porte la fresque de la Paix: « This extraordinary panel will now be a symbolic link with those we work for - the peoples of the world ». Il a aussi souligné que la fresque « met en valeur une fois de plus les liens très forts entre les Nations Unies et notre pays hôte à tous les niveaux ». Plusieurs hautes personnalités célébrèrent le triomphe artistique du peintre suisse. Hans Erni, artiste éternel à la renommée mondiale dont toute la vie était marquée par l’engagement continu en faveur de la paix et de la préservation de l’environnement. Récemment il a reçu le Prix de la Personnalité de l’année de la part de l’Association de la presse étrangère en Suisse (APES). « La fresque pour les Nations Unies à Genève - c’est le comble de ma possibilité de m’exprimer », – a confié Hans Erni aux journalistes, – « Nous sommes capables de parler à travers les astres et les mondes, nous pouvons communiquer à travers l’air, mais nous ne sommes pas capables de défendre les idées de la paix sur notre planète! C’est pourquoi je suis tellement heureux aujourd’hui d’exécuter une fresque pour l’ONU »
La vie de Hans Erni peut être résumée par une citation: « Manifester son bonheur est un devoir, être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible ». Le célèbre peintre est heureux de vivre. A cent ans, il est heureux de pouvoir continuer à créer tous les jours dans son nouvel atelier sur les hauts de Lucerne. Il a survécu à deux guerres mondiales, il a vu trois expositions nationales et dix-neuf présidents des Etats-Unis. En 1983 il a reçu le Prix de la Paix de l’ONU. En 2004, il est devenu le citoyen d’honneur de la ville de Lucerne. En 2005, il reçoit, à Saint-Paul-de-Vence, ville en France où il possède une seconde résidence, une médaille d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre. Le 10 janvier dernier, il est récompensé par un « Lifetime Award » dans le cadre des Swiss Award.
Peu d’artistes sont reconnus de leur vivant au point d’avoir donné leur nom à un musée. Le musée Hans Erni à Lucerne fonctionne déjà depuis trente ans. «Son oeuvre est de celles qui transcendent toutes les limites, de celles qui traversent les siècles pour toucher à l’éternité », a déclaré le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, à l’occasion de l’anniversaire du grand artiste suisse, peintre, dessinateur, graphiste et maître de l’art abstrait.
Le travail sur la fresque de la Paix n’est pas
terminé. La fierté des Genevois de voir l’oeuvre
de leur célèbre compatriote orner les
murs de l’ONU a dépassé les dimensions
géométriques de la fresque elle-même. Ils ont
créé une fondation pour récolter les fonds
nécessaires pour financer la partie restante du
mur. La fresque actuelle de 60 mètres de longueur
doit être prolongée encore de 30 mètres.
Hans Erni a relevé un défi « gigantesque »
et il a réussi: « Les manifestants du monde entier
doivent pouvoir pénétrer au Palais des Nations
avec la forte image de paix qui s’en dégage. S’ils
s’en inspirent, j’en serai le plus heureux des
hommes. »
