QUELQUES MOTS À PROPOS
DE KOSTIA VOLKOV

Ces quelques mots n’ont pas la prétention d’être une biographie officielle et encore moins une hagiographie de Kostia Volkov, décédé le 29 avril 2009 à Genève, mais simplement quelques souvenirs de cet homme qui a marqué de sa personnalité la représentation du personnel non seulement à l’ONU Genève mais aussi au niveau d’interorganisations. Par son caractère prononcé et ses profondes convictions, Kostia a suscité autant d’enthousiasme que d’inimitié que le temps n’a pas toujours effacé.
Kostia était heureux d’être né, le 17 mars 1918, dans le port d’Odessa car il affirmait que les habitants des ports étaient facilement ouverts sur le monde extérieur. Polyglotte, Kostia parlait le russe, le français, l’anglais, l’allemand, le grec et le turc ce qui lui a valu d’accompagner le Secrétaire général U-Thant lors de la difficile partition de l’ile de Chypre. Ouvert sur le monde, il a essayé de briser cette illusoire tour d’ivoire en étant un des initiateurs du «fameux» chalet de Planachaux dans le Valais, en étant aussi Président du Groupe cinématographique des organisations internationales (et pour la petite histoire, il a même dansé avec Sophia Loren lors d’un festival à Moscou!). Après sa retraite, devenu vice-président du Mouvement du personnel pour le désarmement et la paix (MFDP-NU), il a invité à un séminaire les Docteurs Bernard Lown et Evgueny Chazov du groupe IPPNW (International Physicians for the Prevention of Nuclear War) le jour où ceux ci ont reçu le Prix Nobel de la Paix.
Énumérer toutes les fonctions que Kostia a occupées en tant que représentant du personnel serait un long et fastidieux exercice, la sélection présentée ne prétend pas répondre à l’objectivité mais aux souvenirs des moments les plus intenses que-comme beaucoup d’autres ― j’ai partagés avec lui. Parmi les fonctions les plus importantes, Kostia a été Président du Conseil du Personnel, Président de la FICSA, membre des différents groupes paritaires de l’ONUG, etc.
Un des actes forts a été la constitution, en 1973, par une petite centaine de personnes dont Kostia, de l’Union yndicale du Personnel des Nations Unies à Genève en dehors du cadre rigide et formel du Conseil du Personnel alors seul organe reconnu par l’administration des Nations Unies à Genève. Dans le contexte de l’époque, former un syndicat qui se revendiquait progressiste était très mal apprécié! Malgré ses erreurs et ses faiblesses, l’Union syndicale a pu obtenir, après moult difficultés, la reconnaissance de la liberté d’association dont profitent actuellement les différents groupements à l’ONUG. La revue « Action », publiée par le syndicat, a contribué aussi au respect de la diversité d’information. Un autre temps fort a été la grève d’une semaine en 1976 pour respecter les engagements pris de part et d’autre quant aux résultats d’une enquête sur les salaires des services généraux menée par un institut externe, l’institut Batelle.
Kostia était très travailleur, rédigeant la nuit pour apporter son texte au petit matin, avant tout le monde. Il ne faut pas cacher les différends profonds qui ont existé par rapport à l’Union syndicale et même les différends internes dans l’Union, d’ailleurs nos chemins se sont séparés... Malgré des déceptions, il y eut beaucoup d’enthousiasme.
Enfin, avec Sir Peter Ustinov, il a fondé « l’Association Internationale « Interaction » (IAIA) – partenariat est/ouest pour un Monde Meilleur » où il a travaillé jusqu’au 28 février 2009.
Voilà ces quelques mots à la mémoire de Kostia que j’ai pu écrire grâce aux souvenirs collectés auprès des uns et des autres, notamment auprès de ceux qu’ont pu se rendre à l’émouvante cérémonie d’adieu. Qu’il gagne la paix pour laquelle il s’était dévoué.
