WMO/OMM

LE CLIMAT ÉVOLUE, NOUS DEVONS NOUS ADAPTER DÈS MAINTENANT. NOUS EN SOMMES CAPABLES!

WCC-3

MICHEL JARRAUD. SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'OMM
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Le changement climatique est une réalité à laquelle tous les pays sont confrontés aujourd'hui. Les mesures d'échelle locale ou mondiale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre revêtent de ce fait une importance cruciale; tout aussi cruciale, quoique souvent négligée, est la nécessité, pour l'humanité, d'apprendre à s'adapter aux changements actuels et à venir. La société doit dès aujourd'hui se doter des moyens de faire face aux risques climatiques annoncés, prendre des mesures préventives et se prémunir contre une nouvelle crise mondiale.

On assiste déjà à une variabilité accrue du climat – chaleurs extrêmes, sécheresses plus fréquentes et plus intenses, crues dévastatrices, etc. – qui devrait s'accentuer encore sous l'effet du changement climatique, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), lauréat du prix Nobel de la paix. Nos sociétés ont besoin dès maintenant d'accéder aux informations voulues et de se donner les moyens nécessaires pour s'adapter, anticiper et prospérer.

À la fin de 2008, lorsqu'elle a publié son dernier rapport sur l'état du climat, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a été assaillie de questions concernant les changements que ce rapport laisse augurer, et ce non seulement à l'échelle du globe mais aussi dans des régions précises: les inondations vont-elles se multiplier au Brésil? Quand la saison de la mousson va-t-elle démarrer en Afrique? L'océan Indien connaîtra-t-il de nouveaux cyclones aussi meurtriers que le cyclone Nargis?

Ce sont là des questions importantes auxquelles les scientifiques ont encore du mal à répondre au regard des connaissances actuelles. Or il est urgent de disposer de prévisions climatiques locales de résolution plus fine qui tiennent compte des vulnérabilités propres à certaines régions, par exemple pour annoncer aux agriculteurs l'imminence d'une sécheresse généralisée ou bien des inondations potentiellement meurtrières. Ce type d'information est absolument indispensable si l'on veut empêcher que des dangers naturels se muent en véritables catastrophes. Les évaluations actuelles concernant les grandes tendances climatiques observées à l'échelle du globe sont de bonne qualité, mais les scientifiques s'attachent à mettre au point et à affiner des prévisions plus localisées. Cette « réduction d'échelle » est nécessaire lorsqu'il s'agit de fournir les informations climatologiques voulues dans le contexte de l'adaptation, mais cela suppose un renforcement de la recherche et un accroissement considérable de la puissance de calcul des ordinateurs.

Pour se doter des moyens nécessaires, de gros efforts d'investissement dans les observations climatologiques devront être consentis sur le long terme. Des réseaux de satellites, de bouées, de navires, d'aéronefs et de stations terrestres recueillent quotidiennement des données cruciales sur le climat, mais la couverture assurée par ces réseaux présente encore d'importantes lacunes. Les pays les moins avancés, notamment, n'ont pas les moyens d'exploiter des programmes d'observation, alors qu’ils sont souvent les plus vulnérables face au changement climatique car la pénurie de moyens les empêche de s'adapter comme il se doit à l'évolution de leur environnement et du contexte économique. Aussi est-il indispensable de combler ces lacunes des réseaux d'observation pour pouvoir développer des prévisions climatiques plus localisées et améliorer la qualité des prévisions portant sur l'évolution du climat à l'échelle du globe.

Les prévisions climatiques doivent être fiables et diffusées en temps opportun. Elles doivent mettre à profit les informations disponibles pour répondre aux besoins spécifiques de ceux auxquels elles s'adressent. Les agriculteurs, les pêcheurs, les spécialistes de la gestion de l'eau et de la mise en valeur des ressources énergétiques, les responsables des interventions d'urgence, le personnel médical, les voyagistes, etc. ont tous besoin de ce type d'information face à l'évolution du climat. Comme il en sera question lors de la troisième Conférence mondiale sur le climat (CMC-3), des mesures à caractère pluridisciplinaire et concernant l'éventail des secteurs socio-économiques devront être prises à l'échelle du globe pour que les décideurs puissent avoir à leur disposition des informations scientifiques de la meilleure qualité qui soit. Chercheurs et décideurs doivent œuvrer ensemble non seulement pour tenter de ralentir le réchauffement du climat mais aussi pour donner aux populations les informations dont elles ont besoin maintenant pour s'adapter à l'évolution de leur environnement et appliquer les principes du développement durable.

Tous les pays doivent collaborer pour investir des moyens suffisants dans la surveillance, l'observation, l'évaluation et la prévision du climat. Une occasion importante s'offre aujourd'hui à nous de contribuer à promouvoir un développement socio-économique durable. Nous voulons certainement éviter de nous retrouver à l'avenir dans une situation où l'on évoquerait les mises en garde de la communauté météorologique que les gouvernements n'auraient pas écoutées, les vies qui auraient pu ou qui auraient dû être sauvées, ou bien les mesures qui auraient pu être prises si les responsables avaient eu accès aux informations voulues.

Bailleurs de fonds

La Troisième Conférence mondiale sur le climat (CMC – 3), organisée par l’Organisation météorologique mondiale et la Suisse, se tiendra au Centre international de conférences de Genève, du 31 août au 4 septembre 2009.

La CMC-3 réunira pour la première fois prestataires et utilisateurs des informations et des prévisions relatives au climat dans le but de créer un cadre mondial pour le développement des services climatologiques. Cette conférence a pu être organisée grâce aux contributions extrabudgétaires apportées au fonds d’affectation spécial créé pour l’occasion et aux services fournis par les donateurs. Au 1er juin 2009, des contributions ont été versées ou annoncées par les gouvernements d'un certain nombre de pays (Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Canada, Chine, Danemark, Espagne, États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, Finlande, France, Grèce, Inde, Irlande, Italie, Japon, Kenya, Namibie, Norvège, Pakistan et Suisse), ainsi que par la Commission européenne, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Tout le système des Nations Unies participe à cette conférence, organisée conformément au principe d'unité d'action des Nations en ce qui concerne les connaissances climatologiques.

Citation du Secrétaire général de l'ONU

Deux mille neuf est l'année du changement climatique. Cette année en effet, une occasion unique nous est donnée de nous attaquer à la crise climatique tout en stimulant une croissance «verte», à moindre consommation de carbone, condition sine qua non d'une prospérité économique durable. En décembre, les gouvernements se réuniront à Copenhague pour sceller un nouvel accord sur le climat qui devra être ambitieux, équitable et efficace en matière de réduction des émissions tout en aidant les pays à s'adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Aujourd'hui plus que jamais, les efforts déployés par l'Organisation météorologique mondiale pour renforcer les services climatologiques destinés aux décideurs revêtent une importance capitale. La troisième Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Genève du 31 août au 4 septembre, est une étape cruciale sur la route qui mène à Copenhague. Nous devons œuvrer ensemble à une réduction draconienne des émissions tout en nous attachant à protéger les vies humaines et les moyens de subsistance contre les effets du changement climatique.

Ban Ki-moon
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies

 

Des prévisions climatiques destinées à protéger les vies humaines et les moyens de subsistance

Les prévisions climatiques qui indiquent la répartition dans le temps et la quantité des précipitations sur une zone donnée peuvent avertir du risque d’éventuelles épidémies de paludisme bien avant le début de la saison des pluies, facilitant ainsi la distribution optimale des ressources disponibles pour prévenir et traiter ce fléau.

Les efforts déployés en matière de suivi de la sécheresse se fondent sur des informations et des simulations climatiques en vue d’anticiper l’évolution de la pluviosité et de l’état des sols et ses éventuelles conséquences pour la production agricole. Grâce aux alertes précoces, les agriculteurs peuvent modifier les dates des semis, les variétés cultivées et les stratégies d’irrigation.

Par ailleurs, l’information climatologique permet d’anticiper d’autres phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les incendies de forêts et d’empêcher ainsi que les dangers naturels se muent en catastrophes. La réduction des risques de catastrophes basée sur des informations scientifiques, constitue un investissement très rentable: chaque dollar investi dans la prévention des catastrophes permet d’en économiser sept qu’il aurait fallu dépenser pour remédier aux pertes économiques occasionnées.

Participants à la conférence

La troisième Conférence mondiale sur le climat réunira des décideurs de haut niveau, des scientifiques, des prestataires de services climatologiques et des dirigeants d’entreprises d’envergure mondiale. L’un des grands objectifs sera de développer le dialogue entre ceux qui mettent au point et fournissent l’information climatologique et ceux qui l’exploitent. Parmi ces derniers figurent des décideurs et des hauts responsables provenant de la quasi-totalité des secteurs socio-économiques: l’alimentation et l’agriculture, l’eau, la santé, la prévention des catastrophes et la gestion des risques, l’environnement, le tourisme, les transports, l’énergie, etc. Le «segment de haut niveau», qui se déroulera les 3 et 4 septembre, réunira des chefs d’État et de gouvernement, des ministres et autres décideurs de haut rang. Durant le «segment expert» (31 août – 2 septembre 2009), scientifiques et décideurs élaboreront des livres blancs sur la situation des services climatologiques et les besoins des utilisateurs en la matière.

Pour de plus amples informations, vous pouvez consulter le site Web de la CMC-3: http://www.wmo.int/wcc3

 
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