Édito

CHRISTIAN DAVID, Rédacteur en chef


CHRISTIAN DAVID
rédacteur en chef

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UN SPECIAL: UN ÉTRANGE LOISIR

Etrange loisir en vérité que le poste de rédacteur en chef de ce magazine. J’écris ces lignes entre deux clients sur l’ordinateur de la sécurité à l’entrée Pregny, observant d’un oeil le va et vient, les visages, les costumes des délégués et des touristes qui passent nous demander un badge, sésame indispensable pour accéder au Palais des Nations.

Cette position privilégiée dans le bureau d’accueil de la sécurité permet de nouer des contacts, de suggérer un article, de demander à un collègue si sa Mission a bien reçu l’annonce de création de l’orchestre. Je peux réfléchir à la crise économique qui provoque une frilosité générale des partenaires et publicitaires qui subventionnent ce magazine.

Je peux aussi penser à cette autocensure qui nous empêche de publier des sujets trop politiques ou à ces tentatives à peine dissimulées de conditionner un partenariat à la non parution d’un article dérangeant.

Je peux me demander si un magazine à l’aspect quasi professionnel réclamant toujours plus d’investissement personnel, pourra encore longtemps continuer à être géré par des amateurs sur leur temps libre.

Quelle sensation surréaliste de recevoir un appel téléphonique d’un directeur du siège de Vienne, de la Mission Suisse ou de l’Etat de Genève pour évoquer ou préparer un article en délivrant, dans le même temps, un badge de visite au Palais. Quel plaisir en revanche que d’être forcé à aborder, après mon service, des personnes lumineuses par le biais d’une interview, d’avoir préparé le dossier alors que ma timidité et ma paresse naturelle m’auraient plutôt entraîné à accomplir mes huit heures par jour sans me faire remarquer.

Etrange loisir en vérité!

 
 

UN SPECIAL: A STRANGE HOBBY

Editor-in-chief of this magazine – what a hobby! I write these lines between serving two clients at the security gate, keeping one eye on my PC. With the other, I’m watching the comings and goings, the faces, the delegates and tourists as they arrive for their badge, the indispensable “open sesame” to enter the Palais des Nations.

In my privileged spot in security’s welcome bureau, it’s easy to make friends, to suggest a topic for an article, to ask a colleague if his country’s Mission received the announcement about a UN orchestra that’s being created. I also reflect quietly about the economic crisis
that has chilled our partners and publicists that pay for this magazine. I ask myself if a magazine like ours, claiming more and more personal investment, can go on much longer managed by amateurs in their free time. I can also think about the auto-censorship that prevents publishing subjects seemingly too political. Or the only slightly brushed over attempts to convince a partner that some people find an article too controversial. It is almost surrealistic to get a call from a Director of our organization in Vienna, from the Swiss Mission or the Canton of Geneva. They hint or suggest I prepare an article while, at that very moment, I’m giving a family badges to visit the Palais.

When my daily work is done, I enjoy interviewing pleasant people for a dossier I’m compiling. I realize that my natural shyness and laziness would otherwise have led me to finish my eight-hour shift unnoticed.

Quite a strange hobby!

 
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