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                    Genève internationale - OMC

L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE:

VERS UN MODÈLE ÉCOLOGIQUE

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) prend le parti de s’engager fortement et volontairement en faveur de l’environnement. Son extension ainsi que le bâtiment mère se mettent au vert.

ANOUSH DER BOGHOSSIAN, OMC

Evoquer un bâtiment, qui plus est l’extension d’un bâtiment déjà existant n’est pas très excitant sauf peut-être pour un architecte ou un ingénieur. Le bâtiment de l’OMC peut, vu de l’extérieur paraître austère et imposant, un peu à l’image d’une Organisation ressentie comme telle presque partout dans le monde. Pourtant, il n’en est rien! Une fois à l’intérieur, surprise! Le bâtiment est en fait un témoin de l’histoire moderne chargé de symboles. Ses peintures murales et ses oeuvres d’art, récemment redécouvertes, constituent de véritables bijoux culturels et historiques.

Mon bureau est situé au rez-de-chaussée, juste en face du lac, dans un parc public. Sous mes fenêtres, des personnes promènent leurs chiens, font un footing, des enfants jouent sur la pelouse du parc. En les regardant, je me dis souvent que l’OMC est finalement plus proche des genevois qu’ils ne le pensent. J’aime cette proximité, voir que la vie continue, voir la végétation changer au gré des saisons, au lieu d’être déconnectée du monde réel au trentième étage d’une tour d’ivoire.

L’OMC se trouve dans cet écrin de nature, chose rare dans nos villes modernes. Ce parc, communément appelé parc de l’ancien BIT, est un des poumons de Genève qu’il est important de protéger. Après tout, l’OMC est le premier bénéficiaire du parc et son extension s’inscrit dès lors, dans une démarche de développement durable. La première priorité affichée dans le futur projet est donc de préserver la biodiversité et les espaces naturels. C’est pourquoi l’OMC a pris le parti de choisir des matériaux non polluants et recyclables pour la construction du nouveau bâtiment, ainsi que pour la rénovation de l’ancien. Les écobilan, en additionnant toutes les énergies nécessaires à leurs production, fabrication, utilisation et recyclage. L’extension ainsi édifiée s’insèrera discrètement dans le paysage des bords du lac. Sa structure de verre reflètera les arbres ancestraux qui l’entourent, les bleus du ciel et du lac et disparaîtra dans ce décor bucolique.

Dans notre monde, il n’est plus possible de construire des bâtiments gourmands en énergie et l’un des objectifs de l’OMC, est d’édifier un bâtiment nécessitant une consommation d’énergie très basse. Les économies d’énergie seront pleinement efficaces grâce à l’installation de panneaux solaires qui récolteront assez d’énergie pour chauffer l’eau utilisée par le personnel. Une pellicule de protection installée sur les fenêtres assurera une meilleure isolation, en repoussant les rayons ultraviolets et en de limitant les dépenses énergétiques.

Le Lac Léman deviendra le climatiseur naturel du bâtiment (réseau Genève-Lac-Nations)1 et les systèmes de chauffage et de refroidissement seront alimentés par les eaux profondes du lac, transportées et distribuées suivant un réseau hydrothermique. Ce système développé par les Services Industriels de Genève permettra de chauffer le bâtiment neuf en utilisant des pompes à chaleur. De façon plus générale, toutes les autres sources d’énergie immédiatement disponibles sur le site (l’ensoleillement, les mouvements d’air, la végétation, les caractéristiques des sols et les ressources énergétiques) seront exploitées. L’exceptionnelle luminosité des bords du lac est également un atout, le bâtiment avait été conçu à l’origine, pour que la lumière du jour éclaire les bureaux le plus longtemps possible.

De nombreux pays sont confrontés à la rareté de l’eau et même si ce n’est pas le cas à Genève, des citernes récupéreront les eaux de pluie. Cette opération, combinée avec un système de limitation de consommation, entraînera une réduction des dépenses en eau de 30%. Toutes ces caractéristiques environnementales permettront de réduire considérablement les coûts de fonctionnement du bâtiment. N’oublions pas que le budget de l’OMC provient de l’argent public.

A l’interne aussi, la protection de l’environnement, les économies d’énergie et le développement durable sont des sujets auxquels le personnel de l’OMC est sensible. Bien sûr, le papier est recyclé. C’est un minimum. Mais nous faisons plus. L’OMC est en train d’évoluer vers une organisation plus écologique grâce à l’élaboration d’un plan de réduction des émissions. À cet égard, le directeur général a récemment estimé que nous devrions travailler ensemble pour utiliser davantage les moyens technologiques et réduire le flux de documents destinés à nos membres. Il a ainsi affirmé son objectif de devenir d’ici 2012 une organisation travaillant sans support papier. Le gaspillage d’énergie est un véritable fléau dans nos économies modernes. Transformer une organisation, pour aller vers une plus grande efficacité énergétique, que ce soit au niveau des déplacements de son personnel, du fonctionnement de ses bâtiments, de l’utilisation de l’électricité et des ressources énergétiques, passe par la responsabilisation de chaque individu.

C’est le pari écologique que prend l’OMC, ou plutôt le pacte écologique: réussir sa transition environnementale en limitant ses dépenses énergétiques.

 

1 Projet Genève Lac Nations (GLN): http://www.unspecial.org/UNS660/t57.html

Découverte de l’OMC en p. 46

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