LES TPG ET LA GENÈVE INTERNATIONALE
Entretien croisé avec Isabel
Pereira, attachée de presse et
Patrick Paulus responsable
«Offre et Développement» des
Transports publics genevois.
Nous avons rencontré plusieurs interlocuteurs
concernant la mobilité dans
les transports, ils nous mentionnent
que des actions sont en cours quelle
est votre actualité?
Nous sommes en train d’établir le plan directeur
2011/2014 des transports publics,
en accord avec cette conjoncture que vous
évoquez et le désir de la population et des
politiques. L’augmentation des capacités est
programmée si nous voulons proposer une
offre qui corresponde à la demande. Les
mentalités évoluent, les gens commencent à
comprendre qu’il s’agit de choisir un moyen
de transport intelligent adapté aux paramètres
de déplacement de chacun. Pour ce
faire, il est important que les différentes possibilités
de transports soient clairement identifiées.
Nous observons une nette augmentation
de la fréquentation, le taux de
remplissage, notamment aux heures de
pointes est satisfaisant. Les chiffres récents
sont de 135 millions de voyages. L’offre actuelle
est largement consommée; il y a globalement
une bonne adéquation entre l’offre et la demande. La logique est de faire augmenter
notre niveau d’offre afin de permettre,
notamment aux automobilistes, de trouver
leur intérêt à changer de mobilité. Le
choix sociétal de Genève est clairement
d’augmenter les transports publics dans tout
le bassin franco-valdo genevois. Un recrutement
de nouveaux conducteurs a été entrepris
et notre manière d’appréhender notre
métier a eu pour objectif de sensibiliser
chaque collaborateur sur son apport personnel
pour améliorer le fonctionnement.
Nous avons développé également une nouvelle
identité visuelle avec un nouveau logo
et un habillage de véhicules différent, afin de
symboliser cette volonté d’aller vers encore
plus de qualité et de performance.
Dans le quartier des Nations quels
moyens sont disponibles pour accéder
au lieu de travail et quels moyens
sont planifiés?
Deux lignes de trams sont positionnées sur la
place des Nations et il n’y aura pas d’évolution jusqu’à 2014. Par la suite, ces lignes 13 et 14 devraient
être étendues. Les correspondances
entre les réseaux CFF et Tpg sont optimisées
pour les liaisons vers et depuis les organisations
internationales aux pôles d’échange Cornavin
et Sécheron. Un carnet horaire, disponible
dans nos services et à la Mutuelle de
l’ONU, indique précisément les différentes solutions
existantes. Des titres de transports combinés
sont disponibles et permettent de rejoindre
le lieu de travail à partir des localités
périphériques. La communauté tarifaire baptisée
unireso a été étendue en France voisine
(www.unireso.com) Un contrat permet d’ailleurs
aux collaborateurs des organisations internationales
de bénéficier d’une offre privilégiée
par l’intermédiaire de votre mutuelle.
Comment le réseau TPG se situe-t-il
comparativement aux autres villes
d’Europe?
Nous commençons à rattraper notre retard
par rapport aux villes suisses alémaniques qui
restent une référence mondiale. Par rapport
aux villes d’Europe, nous occupons une excellente
position. Il existe une bonne collaboration
entre les différents réseaux et le partage
est constant. Le monde des transports
collectifs est assez ouvert. La preuve est que
nous recevons régulièrement des collègues
européens et nous partageons nos expériences
et réalisations respectives. Notre vraie
spécificité réside en ce que notre société exploite
et regroupe plusieurs modes de transport
public, tram, trolley et bus. Les touristes
et même nos homologues étrangers sont souvent
agréablement surpris en comparant les
dessertes qu’ils peuvent trouver à Genève
avec leur propre ville. Nous travaillons sur
l’amélioration de la billettique. A partir de
2011, nos distributeurs rendront la monnaie,
auront un écran tactile et d’autres modes de
paiement seront probablement acceptés.
Nous tentons enfin d’appréhender notre métier
d’une nouvelle façon en intégrant les paramètres
de coopération transfrontalière.
La démarche environnementale (qualité
de l’air) est elle prise en compte
par votre société?
Nous avons acquis en 2007 cent treize nouveaux
autobus à la pointe de la technologie;
ils sont équipés de filtres à particules répondant
à la norme environnementale Euro 5,
soit le standard qui entrera en vigueur en septembre
2009, en Europe, pour tous les véhicules
roulants. Nous sommes parmi les premiers
à déjà appliquer la norme Euro 5 alors
que la plupart de nos homologues appliquent
la norme Euro 4. Des audits ont été
réalisés en mai 2007 pour les certifications environnementales
ISO 140001.
Par rapport au plan directeur 2011/2014,
nous favorisons également l’électrique avec
le développement du réseau tram et avec le plan d’achat d’une trentaine de trolleybus
supplémentaires. La politique est donc de
ne pas augmenter le nombre d’autobus au
profit de véhicules non polluants. Notre société
fait le maximum dans ce domaine, nous
avons d’ailleurs obtenu la certification environnementale
ISO 14001.
Quels sont vos arguments pour
convaincre les utilisateurs du tout
véhicule des avantages de changer
de mobilité avec les TPG?
Le choix modal possède plusieurs variables.
La comparaison des temps porte à porte et le
rééquilibrage des temps est important. Si
vous mettez vingt minutes pour venir travailler
en voiture et que vous pouvez stationner
votre véhicule et qu’en revanche le
temps est de quarante-cinq minutes par les
transports en commun vous choisirez certainement
l’option véhicule.
La combinaison entre plusieurs paramètres
doit appeler le client potentiel à s’interroger:
la limitation des places de stationnement,
les embouteillages, la fatigue, la santé,
l’impact sur l’environnement et enfin le coût
financier, sont différents paramètres entrant
en ligne de compte dans le choix du mode de
transport.
Ainsi, il n’y a pas actuellement énormément
de clients internationaux car ils disposent
d’une place de stationnement. Nous ne recommandons
pas aux gens de vendre leurs
véhicules mais nous les encourageons à tester
notre réseau afin de pouvoir effectuer un
bilan comparatif sans à priori entre les différents
moyens de transport. La découverte
crée le besoin et nous pensons que notre offre
est globalement de grande qualité; elle
propose une réelle alternative peut être
ponctuelle à certaines périodes de l’année ou
même permanente.
Nous travaillons en bonne intelligence avec
l’autorité organisatrice des transports du canton
de Genève, la Direction Générale de la
Mobilité. Et l’actuel contrat de prestations
que nous avons avec l’Etat de Genève – 2007-2010 – a pour objectif d’augmenter l’offre
des transports collectifs de 25% en quatre
ans; un défi ambitieux mais que nous espérons
relever avec succès!

