MANDAT INTERNATIONAL
LE WELCOME DESK AU SERVICE DES ONG ET DES DÉLÉGUÉS
Une rencontre avec Sébastien Ziegler, président de Mandat
International ne laisse pas indifférent. Cet homme jeune,
bouillonnant, cultivé et débordant de projets, donne en effet à
son interlocuteur un éclairage complet et une vision de la
Genève
Internationale qui en font l’un des interlocuteurs
incontournables
sur ce sujet.
Pouvez-vous nous présenter votre
organisation?
Mandat International est une organisation
non gouvernementale créée en 1995 qui dispose
du statut consultatif ECOSOC. Notre
but est de promouvoir la coopération internationale
et de faciliter la participation des
délégués aux conférences. Certains délégués
ont plus de difficultés que d’autres, c’est
pourquoi, nous soutenons plus particulièrement
les délégués non gouvernementaux
(ONG, universités, etc.) et les délégués qui
viennent de pays en développement. Nous
gérons notamment le Centre d’Accueil pour
les Délégations et Organisations Non Gouvernementales.
Nous avons développé plusieurs
sites d’information multilingues sur
Internet (www.mandint.org) et initié de nombreux
projets, y compris éducatifs. Il est important
pour nous de travailler à partir des besoins des délégués et de bien connaître le
« paysage ». Nous essayons toujours d’utiliser
les ressources existantes et d’en développer
de nouvelles si l’offre n’existe pas.
Vous mettez en place un « Welcome
Desk » pour le Conseil des droits de
l’homme, quelle est son origine et
quels services offrez-vous?
Le Welcome Desk est né d’une demande.
Lors de la création du Conseil des droits de
l’homme, de nombreuses ONG ont demandé
à ce que l’on améliore l’accès à l’information
pour qu’elles puissent collaborer plus efficacement
avec le Conseil. Parallèlement, une
étude mandatée par la Confédération a aboutit
à la même conclusion en recommandant
la mise sur pied d’un guichet d’accueil pour
les ONG. Le Welcome Desk a vu le jour en
juin 2007 grâce à un gros investissement bénévole
et avec le soutien des ONG, de l’ONU,
du Secrétariat du Conseil des droits de
l’homme et de la Confédération suisse.
Le premier rôle du Welcome Desk est de faciliter
la participation des ONG aux travaux
du Conseil des droits de l’homme en les informant
et en les orientant. Nous répondons
aussi bien à des questions pratiques liées au
séjour à Genève, qu’à des questions liées au
Conseil des droits de l’homme. C’est un succès.
Depuis son lancement en juin 2007, le
Welcome Desk a répondu à plus de 20000
demandes. Une heureuse surprise est que les
délégués gouvernementaux sollicitent également
souvent notre aide pour trouver de
l’information.
Le Welcome Desk est coordonné par deux
professionnels appuyés par une équipe de
bénévoles et de stagiaires qui font un travail
fantastique. Nous avons à chaque session
une dizaine d’étudiants dans le domaine international
qui nous formons sur les mécanismes
du Conseil des droits de l’homme.
Grâce à cette équipe, nous pouvons travailler
en permanence en français, anglais, espagnol
et arabe. A terme nous espérons
l’élargir aux autres langues officielles. C’est
essentiel, pour permettre aux ONG qui viennent
de régions non anglophones de participer
pleinement aux travaux du Conseil.
Le Welcome Desk gère aussi un site d’information
en ligne (www.welcomedesk.org)
qui fournit toutes sortes d’informations pratiques
pour les ONG et répond aux questions
les plus fréquentes. Il fait le lien avec nos autres
sites d’information et permet aussi d’accéder
à notre moteur de recherche juridique
sur le droit international qui donne directement
accès aux obligations et aux articles
des conventions qui lient un pays sur une thématique
donnée (www.whatconvention.org).
Enfin, à chaque session du Conseil, nous
mettons également à disposition une documentation
adaptée aux thèmes de l’ordre du
jour. L’idée est de valoriser les travaux des
différentes organisations qui sont interconnectées entre elles. A titre d’exemple, le sujet
des droits des femmes interagit avec le
travail de l’Union Interparlementaire, de
l’Organisation Internationale du Travail, ainsi
qu’avec toute une série d’ONG qui sont
proches de la thématique
abordée. L’idée
consiste à faciliter les
passerelles intellectuelles
et documentaires.
Cette démarche
suppose bien sûr une
bonne connaissance des dossiers, ainsi
qu’une mise à jour permanente des différentes
sources d’information pour apporter
une valeur ajoutée aux délégués. A l’heure
actuelle, nous disposons de plus de 400 titres.
Nous couvrons tous les domaines abordés
par le Conseil, ainsi que des documents pratiques
liés au séjour en Suisse. Ce service répond
lui aussi à un réel besoin. Les délégués
ont ainsi déjà collecté environ 60000 documents
de référence dans les six langues de
travail: conventions, ouvrages de synthèse,
rapports, annuaires, répertoires, etc. Nous
sommes associés au Département de l’Information
de l’ONU et avons l’avantage d’avoir
un centre de documentation où nous recevons
les publications de la plupart des organisations
internationales.
Ce qui fait la force d’un cerveau
ce n’est pas le nombre de neurones
mais le nombre de connections.
Comment définiriez-vous, de manière
générale ce travail interorganisations?
Ce qui fait la force d’un cerveau ce n’est pas
le nombre de neurones mais le nombre de
connections. A Genève nous disposons des
plus grands experts dans les domaines de la
propriété intellectuelle, de la physique, de la
santé, des normes de télécommunication, de
politiques humanitaires, du développement
économique, de l’environnement ou encore
du commerce. Il s’agit donc de renforcer
l’échange entre les délégués de passage et
ces « richesses intellectuelles ». Un accueil approprié,
l’information, l’orientation permettent
de développer des échanges à tous les
niveaux et d’accroître l’intelligence collective.
Un de nos voeux serait de renforcer ces
connexions non seulement avec les délégués
de passage, mais aussi au sein même de
la Genève internationale.
Comment orientez-vous les délégués
et membres des ONG qui viennent à
Genève?
Nous leur donnons des informations pratiques
pour leur séjour. Nous leur permettons
d’avoir une vision d’ensemble des différentes
activités officielles et parallèles du Conseil.
Nous les aidons à faire le lien avec des organisations
avec lesquelles ils pourraient collaborer.
Nous faisons aussi un grand travail
d’orientation pour leur permettre d’aller directement
vers les bonnes personnes sans
perdre de temps et sans déranger inutilement
les autres services.
Parallèlement, au Welcome Desk, nous gérons
aussi une dizaine de sites d’information multilingues en français, anglais, espagnol
et arabe sur internet (portail de la Genève internationale,
agenda des conférences, etc.),
avec notamment des guides pratiques pour
les délégués (www.mandint.org).
Enfin, notre centre d’accueil à Bellevue soutient
activement les délégués non gouvernementaux
venant de pays en développement.
Nous les accueillons, leur offrons un hébergement
économique, ainsi qu’une infrastructure
de réunion et de travail. Il constitue
un espace de rencontres et d’échanges entre
les délégués. Il est ouvert à toutes les régions,
mais la priorité est accordée aux délégués
venant des Pays les Moins Avancés
(PMA) ou représentant des peuples autochtones.
Nous essayons ainsi de rétablir une
certaine équité dans les relations Nord-Sud et
de faire de Genève un véritable forum démocratique,
accessible à toutes les régions.
Quels sont vos projets?
Nous avons deux projets prioritaires: ouvrir
un nouveau lieu d’accueil, d’information et
de travail pour l’ensemble des délégués de
passage sur le site de la Pastorale, où nous
pourrons élargir le soutien du Welcome Desk
à tous les délégués de passage. En parallèle,
nous travaillons avec une autre fondation
sur un projet de nouveau bâtiment proche de
l’ONU pour accueillir, héberger et soutenir
un plus grand nombre de délégués de pays
en développement, avec une infrastructure
de réunion, des bureaux et un volet culturel
qui permette de réunir les internationaux et
les genevois autour d’activités conviviales. Si
cela vous intéresse, nous nous ferons un
plaisir de vous tenir informé.
De quoi avez-vous besoin?
Merci de me permettre de lancer un appel à
des bénévoles pour une participation dans
les domaines d’expertise déjà cités mais également
logistiques, intellectuels, bref tout ce
qui pourra permettre la mise en place opérationnelle,
cohérente et efficace du futur
paysage de notre Genève internationale.

