INTERVIEW AVEC MASSIMO SARTORIS, CNUCED
TURIN PAR UN TURINOIS: « ELLE ME RAPPELLE UN PEU PARIS »
Massimo Sartoris, administrateur réseau à la CNUCED, est né et a grandi à Turin. Dans cette interview, il nous fait partager son expérience de sa ville natale.
Combien de temps as-tu vécu à Turin?
Je suis né à Turin et j’y suis resté jusqu’à la fin
de mes études universitaires au «Politecnico».
Je suis ensuite parti travailler à Rome. Je suis
passé directement de Rome à Genève, car j’ai commencé à travailler pour ICC (International Computing Centre).
Y a-t-il quelque chose qui a changé
dans Turin par rapport à tes souvenirs?
Autrefois, Turin était surtout une ville industrielle.
Je me souviens qu’au mois d’août,
quand FIAT fermait ses usines pour les vacances,
la ville se vidait. Maintenant, le tourisme
s’est développé, même en été il y a
beaucoup de monde. Ensuite, il y a eu les
Jeux Olympiques d’hiver de 2006. Les J.O. ont
entraîné un véritable «remaquillage» de Turin.
A ce sujet, j’aimerais citer mon célèbre compatriote Arturo Brachetti, prestidigitateur dans
la lignée du grand Fregoli, qui, pendant les
J.O. de 2006, a déclaré à la presse: «Avant,
quand on me demandait où se trouve Turin,
j’étais obligé de dire que c’est une ville qui se
trouve à mi-chemin entre Monte-Carlo et
Milan. Maintenant, il me semble que son emplacement
est mieux connu».
Reviens-tu souvent à Turin?
Oui, autant que je peux.
Quelle est la meilleure façon
de s’y rendre?
La voiture, décidément. Je n’y suis jamais
allé en train, j’imagine que cela doit être
compliqué. En voiture, cela fait moins de
trois heures de route, la distance étant à peu
près de 260 km de Genève par le tunnel du
Mont-Blanc.
Qu’est-ce qu’il y a d’intéressant à voir?
Turin a été la première capitale de l’Italie
réunifiée. Pas pour longtemps (quatre ans
seulement, de 1861 à 1865), mais c’est quand
même une ville qui a un palais royal que l’on
peut visiter.
Palazzo Madama, situé Piazza Castello, l’endroit
le plus central de la ville, est un autre
très beau palais à visiter. Il recèle une porte
de l’époque romaine, une forteresse médiévale
et une façade de style Renaissance baroque.
De ses tours, on peut admirer l’une
des plus belles vues de la ville. Et bien sûr, il
y a aussi notre «Tour Eiffel à nous», la Mole
Antonelliana (http://www.visitatorino.com/mole_antonelliana.htm). Elle avait été commissionnée
pour être la synagogue de Turin,
mais le projet de l’architecte Antonelli (qui
donna son nom au monument) s’avéra trop
coûteux pour la communauté juive et l’ouvrage
fut repris par la ville. Aujourd’hui, la
Mole abrite le Musée du cinéma (http://www.museocinema.it/it/index_w.php), absolument
génial. Un ascenseur vous emmène
tout en haut, où on peut jouir d’un superbe
panorama sur la ville et les Alpes.
Turin est aussi une ville de «piazzas». Mes
préferées? Piazza San Carlo, récemment
transformée en zone piétonne, très agréable,
Piazza Carignano, où se trouve le bâtiment
du premier parlement de l’Italie réunifiée,
aujourd’hui Musée du Risorgimento,
Piazza Carlo Emanuele II (Piazza Carlina
pour les Turinois), un véritable bijou, Piazza
Vittorio, avec l’incontournable église de la
Gran Madre.
La vraie caractéristique de Turin, toutefois,
sont ses «portici», les arcades, qui permettent
de faire une promenade de presque sept kilomètres
en restant toujours à l’abri.
Pour moi, Turin est un point de rencontre entre
l’Italie et la France. Toute proportion gardée,
elle me rappelle un peu Paris. Ce n’est
pas un hasard: les ducs de Savoie avaient
transféré leur capitale de Chambéry à Turin,
déjà au XVIe siècle!
Y a-t-il quelque chose d’unique?
A mon avis, le salon permanent du goût
Eataly (www.eatalytorino.it/eatalytorino/welcome.lasso), un espace multifonctionnel
où l’on peut acheter des produits alimentaires
italiens de très haute qualité, déguster
des vins, dîner dans différents restaurants,
suivre des cours de cuisine donnés par les
plus grands chefs... un concept tout à fait original!
Et je dirais aussi le « Quadrilatero romano », un quartier qui a surgi sur l’emplacement
de l’ancien campement romain d’où
la ville de Turin se développa. Autrefois
«quartier peu recommandable», le Quadrilatero a été remodelé et il est aujourd’hui un
endroit très à la mode.
Trois bonnes raisons de se rendre
à Turin?
1) le chocolat (les fameux «gianduiotti» de
Turin, à déguster aux pâtisseries Gobino, via
Lagrange, et Peyrano, Corso Vittorio Emanuele)
et les glaces (essayez celles du Bar
Gatsby, via Lagrange, ou du Caffé Roma (ex-Talmone), place Carlo Felice, ou du Fiorio,
café historique situé via Po, ou encore du
Miretti, Corso Matteotti); 2) le Musée du cinéma;
3) les promenades-shopping sous les
arcades.
Massimo Sartoris est une véritable source d’informations sur Turin. Si vous souhaitez vous y rendre, il vous renseignera volontiers. Vous pouvez le joindre par mail à l’adresse: massimo.sartoris@unctad.org ou par téléphone: +41 22 917 45 62.

