UN Special
   
                    Spécial Italie

TURIN EN QUELQUES LIVRES

D’ABORD ON LIT...
PUIS ON SAVOURE LA VILLE

Turin est une ville au charme particulier. Elégance hors du temps et
modernité s’y côtoient. De magnifiques piazzas, palais et monuments
témoignent de son noble passé sous les ducs de Savoie, devenus par la
suite rois de Sardaigne et d’Italie.
Au XXe siècle, Turin est la ville industrielle et ouvrière par excellence.
Aujourd’hui, elle semble se développer surtout dans le secteur du tertiaire.

CRISTINA GIORDANO, BIBLIOTHÈQUE DE L’ONUG, MASSIMO SARTORIS, CNUCED

Turin se découvre une vocation culturelle, qui valorise son patrimoine, et un goût pour une sorte de nouvelle «dolce vita».
Pour découvrir le Turin d’aujourd’hui et d’hier, nous vous proposons quelques ouvrages récents:

Torino 360° (édition bilingue, en italien et en anglais), paru chez Priuli & Verlucca, spécialistes en livres d’art et de photographie. Turin sous son plus beau jour. Cent photos de Livio Bourbon et d’Enrico Formica, dont certaines en format panoramique, permettent de découvrir les hauts lieux de la ville. Des notes explicatives en retracent l’histoire. Dans l’introduction, Bruno Gambarotta, écrivain, journaliste et homme de spectacle, turinois d’adoption, adresse une véritable lettre d’amour à la ville et emmène le lecteur à la découverte de ses coins les moins connus, au fil des souvenirs.

Torino è casa mia, par Giuseppe Culicchia (Laterza, 2005). On pourrait rendre ce titre par: «Turin est mon chez moi». L’écrivain Giuseppe Culicchia (classe 1965) a écrit «un guide à Turin. Et Turin est Turin. Ce n’est pas une ville comme une autre». Turin peut être comparé à une maison. «Comme dans chaque maison, il y a une entrée, la gare de Porta Nuova, une cuisine, le marché de Porta Palazzo, une salle de bain, le fleuve Pô, et bien sûr aussi le salon de Piazza San Carlo et cette terrasse qu’est le Parc du Valentin, et le débarras du Balon...». Le ton est donné. Loin des classiques ouvrages pour touristes, voici un portrait fort réaliste, ironique et absolument «not politically correct» de Turin au XXIe siècle. Ce livre n’a pas encore été traduit, mais le public francophone connaît Giuseppe Culicchia grâce à ses romans, dont «Patatras», paru chez Rivages en 1995, porté à l’écran en 1997, avec Valerio Mastrandrea (acteur «culte» de l’Italie contemporaine) dans le rôle de Walter, le protagoniste: un jeune (turinois, bien sûr!) qui est totalement désemparé vis-à-vis de la société actuelle.

Il mistero di Torino, par Vittorio Messori et Aldo Cazzullo (Mondadori, 2005). Encore une démonstration, si besoin en est, que Turin n’est pas une ville comme les autres. Quand vous pensez Turin, vous pensez peutêtre à la ville scientifique et rationnelle de la FIAT et du Polytechnique. Mais Turin est aussi la ville du Saint Suaire, prétendu portrait du Christ, et en même temps la ville préférée des occultistes, à commencer par Nostradamus. Il cacherait un «coeur de ténèbres» lié aux cultes ésotériques, à la magie, voire au satanisme. Parmi les légendes les plus répandues, celle qui dit que le diable l’aurait choisi comme son quartier général ou encore celle qui veut que le Saint Graal se trouve ici. Vittorio Messori et Aldo Cazzullo (deux turinois d’adoption) sont deux célèbres journalistes italiens, l’un catholique (Messori), l’autre laïque. Ensemble, et chacun selon son point de vue, ils explorent les nombreux mystères de Turin, une ville où le bien et le mal, l’ombre et la lumière semblent se livrer un combat permanent.

Last, but not least, Turin est aussi la toile de fond de deux romans italiens à succès:

La femme du dimanche, par Fruttero et Lucentini (Seuil, 1999). Paru pour la première fois en 1972, ce roman policier brillant fit aussitôt la renommée de ses auteurs. Il reste un portrait fidèle du Turin des années 70. Plus de trente ans après, le texte n’a pas pris une ride. L’action se passe dans des lieux réels, parfaitement identifiables. Le commissaire Santamaria, qui, lui, n’est pas turinois, mais un «méridional» immigré, se trouve à enquêter sur un meurtre commis dans le milieu très fermé du Turin BCBG. Une occasion pour les auteurs d’explorer avec finesse et ironie le caractère, assez particulier, des habitants de la ville...
N.B.: Ce livre a aussi été traduit en anglais (The Sunday Woman, Avon Books, 1976) et on peut se le procurer sur Internet.

La solitude des nombres premiers, par Paolo Giordano (Seuil, 2009). Premier roman d’un jeune physicien, ce livre a fait un tabac en Italie l’année dernière et a gagné deux des prix littéraires les plus prestigieux. Il raconte l’histoire d’amour, poignante et souvent cruelle, entre deux jeunes gens qui, tout en étant spirituellement très proches (comme des nombres premiers jumeaux, dit l’auteur), ne peuvent pas se rejoindre. L’action se passe à Turin, mais la ville, quoique reconnaissable, n’est jamais mentionnée: presque une métaphore de la souffrance qui accable les protagonistes dès l’enfance, mais dont ils n’arrivent pas à parler.

Nous espérons que cette petite sélection vous donnera envie de visiter Turin et de la voir... de vos propres yeux! Arrivederci a Torino!

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