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VANUATU

LAC DE FEU & MAGIE NOIRE

Au coeur du Pacifique, à 23000 kilomètres de la France, entre
l’Australie et les îles Fidji, une douzaine d’îles et une centaine
d’îlots, la plupart inhabités: le Vanuatu.

TEXTE & PHOTOS CLAUDE MAILLARD/OMS

Formée par la subduction de la plaque Indo Australienne, sous le bassin Nord Fidjien, cette chaîne d’îles volcaniques très jeune, résonne du grondement continuel de quatre volcans en activité persistante. Le volcanisme sous-marin, lui aussi, est très présent. Chacune de ces îles constitue un monde clos, original, unique, avec son propre langage et ses propres coutumes. Ce fut le domaine des missionnaires, des baleiniers, des chercheurs de bois de santal et des trafiquants de main-d’oeuvre.
L’isolement des villages presque toujours perdus au milieu de la forêt tropicale, leur approche parfois difficile, la renommée jadis dangereuse de ses habitants, ont permis aux populations de conserver leurs traditions ancestrales mêlées de magie. Ici, les Dieux Volcans gouvernent le sort des hommes. Cendre, lave, corail, végétation qui éclate de partout, plages de sable blanc ou noir...
Ces îles reculées, simples et naturelles, à peine effleurées par le passage du temps, sont d’une insolente beauté. Les habitants du Vanuatu (les Ni Vanuatu) forment un peuple paisible et accueillant, à l’image de leur pays. Ils parlent le Bislama. Certains parlent aussi l’Anglais (environ 60%) et d’autres le Français (environs 40%).
Les premiers occupants du Vanuatu sont arrivés par le nord vers 3500 ans avant J.C. Ceux-ci auraient migré à bord de canoës depuis les îles Salomon et la Papouasie.
Le premier européen a avoir atteint le Vanuatu est l’explorateur Pedro Fernandez de Quiros dont le navire jette l’ancre en 1606 dans la baie de l’île d’Espiritu Santo. En 1768, le français Louis Antoine de Bougainville explore les îles du nord, dont Ambrym et Ambae.
Mais c’est en 1774 que le capitaine James Cook découvre la majeure partie de l’archipel à qui il donne le nom de « Nouvelles-Hébrides ».
A partir des années 1800, les Anglais et les Français organisent l’exploitation commerciale du Vanuatu.
La colonisation « intellectuelle » débutera quant à elle autour des années 1840 grâce tout d’abord aux missionnaires presbytériens, puis catholiques.
Afin de pallier à des rivalités qui vont rapidement opposer les communautés anglaise et française, les deux états se mettent d’accord en 1906 sur la création d’un condominium. L’archipel devient alors le « Condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides ». Mais, au milieu des années 60, suite à des problèmes de propriété des terres qui ne
sont pas perçus de la même façon par un Européen que par un Mélanésien, des prémices d’indépendance apparaissent.
Et c’est finalement le 30 juillet 1980 qu’est votée l’indépendance de l’archipel qui prendra le nom de Vanuatu.
Après vingt-sept heures de vol, via Hong Kong et Sydney, l’arrivée à Port Vila, capitale du Vanuatu est la bienvenue. Mais, pour rejoindre l’île d’Ambrym plus au nord, une petite heure d’avion est encore nécessaire. Le petit bimoteur qui fait la navette entre toutes les îles de l’archipel permet de découvrir du ciel ces minuscules bouts de terre, tantôt couverts d’une végétation exubérante, tantôt désertiques après une éruption volcanique, ou carrément complètement engloutis sous les eaux cristallines de l’océan Pacifique suite à un cataclysme.
Peu habitués à voir des étrangers, la population d’Ambrym est tout particulièrement chaleureuse et accueillante. Accompagnés de Laurent, le guide d’ « Aventure & Volcans » et de Jimmy qui connait l’île comme sa poche, l’ascension vers les volcans Marum et Benbow se fait au travers des palmiers et fougères arborescentes géantes, avant d’atteindre l’immense désert de cendre où poussent curieusement de splendides orchidées. Censés renfermer des lacs de lave bouillonnante, les deux cratères surplombent cette vaste étendue lunaire, envoûtante et complètement irréelle.
Beaucoup plus au sud de l’archipel du Vanuatu, l’île de Tanna est dominée par le Yasur. Ce volcan, totalement différent de ceux d’Ambrym, crache sa lave par trois bouches éruptives, avec des explosions très fréquentes et d’une rare violence. Les projections de pierres incandescentes et de bombes volcaniques, associées au fabuleux spectacle «pyrotechnique» venu tout droit des entrailles de la terre méritaient bien d’aller au bout du monde et de faire toutes ces heures de vol pour y parvenir !
Dans ce coin de terre où les feuilles de cocotiers bruissent doucement sous le vent, où l’océan se fracasse sur la barrière de récifs coralliens, où la richesse du monde sous marin n’a pas d’équivalent, où les volcans tonnent dans une fureur permanente, les hommes, sans grand souci de l’avenir, s’accommodent du présent obtenu plus facilement qu’ailleurs. Ils ne cherchent pas à attirer le public, encore moins les touristes. Ils vivent pour eux-mêmes et pour leurs ancêtres.
Ils vivent libres

Sans Guy de Saint-Cyr, vulcanologue français qui organise depuis vingt-cinq ans des trecks sur la plupart des volcans actifs de la planète, ce genre d’expédition ne pourrait pas se faire.
Merci à lui...
lyon@aventurevolcans.com

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