JOURNAL DE BORD D’UNE GAZELLE DE L’ONUG/UNICEF
La sénégazelle est une course pas comme les autres. Cette année
encore les soixante-cinq «gazelles» qui ont participé à cet
évènement ont finalement davantage reçu qu’elles n’ont donné.
L’action humanitaire consiste à apporter du matériel scolaire,
à être accueillies par des écoliers du Sénégal en «respirant»
l’odeur et la chaleur de l’Afrique.
Un an déjà... que j’ai découvert ce projet
pas comme les autres, et pendant toute cette
période, j’ai voulu m’investir pour toucher au
but... Et aujourd’hui je peux dire que l’opération
a réussi. L’UNICEF m’a beaucoup aidée,
ainsi que le magazine UN Spécial: au total
80 kilos de fournitures. Avec les
soixante-cinq «gazelles», nous atteindrons
les 3200 kilos. Que du bonheur!
Pendant une semaine, j’ai parcouru des petites
distances en course à pied (de 8 à 13
kms), dans le sable et sous le soleil du Sénégal
pour distribuer tous ces trésors. Toutes les «gazelles» s’élançaient chaque jour sur
les pistes sénégalaises.
Notre point de départ était Foundiougne (situé
200 kms au sud de Dakar) pour nous rendre
dans des petits villages aux alentours.
Le premier jour:
Direction M BAM, ou plus de cinq cents enfants
nous attendent : l’accueil qui nous est réservé
est incroyable : chants, danses, musiques,
tout y est. Les larmes ne sont pas
loin. Puis distribution des fournitures...
Un moment d’échange inoubliable...
Deuxième jour:
Direction GAGE BOKA, arrivée de l’étape
au pied d’un grand baobab, l’accueil est le
même qu’hier, les difficultés de la course
sont vite oubliées avec toute cette chaleur humaine.
Nous suivons les enfants en cortège,
direction l’école et après un moment
d’échanges musicaux, nous allons distribuer
les fournitures : aujourd’hui nous donnons les
cartables UNICEF et quelle joie: je peux lire
dans les yeux des enfants: pour eux c’est un
véritable trésor et pour moi... çà ne s’explique
pas, c’est un instant qui se vit, tout simplement...
Troisième jour:
Etape un peu spéciale aujourd’hui, le départ
se fait en pirogue depuis l’hôtel pour nous
rendre sur l’ île de Felir: L’étape la plus
longue: nous allons courir autour de l’île et
ensuite rejoindre les enfants dans leur école.
Dés notre arrivée sur l’île, ils sont là pour
nous accueillir et nous encourager.
Grande particularité de cette école: ils n’ont
pas assez de salles de classe, alors la distribution
des fournitures se fera à l’extérieur...
cela ne changera rien à la joie des
enfants. C’est une île très pauvre mais les
gens, eux, sont riches en gentillesse.
Nous avons vécu des moments très forts sur
cette île et la quitter a été très difficile... Cette
fois les gazelles ont laissé aller leurs larmes,
l’émotion était trop forte...
Quatrième jour:
Départ pour le village de Thiare: Traversée
de la rue principale de Foundiougne ou nous
sommes acclamées comme des vedettes. Les
gens savent pourquoi nous sommes venues
et ils ne sont même pas étonnés de voir courir
un troupeau de soixante-cinq «gazelles ».
Arrivée au village de Thiaré, ou l’ambiance
est de plus en plus festive. Ici 327 élèves
nous attendent, de l’école maternelle à l’école
primaire.
L’école est très belle, arborée, propre et le comité
des parents d’élèves s’est réuni pour
nous accueillir aux sons des calebasses.
Un moment inoubliable passé en compagnie
des élèves de CE2 qui sont très fiers de
nous montrer leurs cahiers de devoirs et surtout
très heureux des livres que nous leur
avons apportés, chacun voudra nous lire un
passage. Ils ont un français impeccable.
Encore un instant qui restera gravé...
Cinquième et dernière étape:
Arrivée prévue au village de Soum, mais
cette fois notre public est plus âgé: ce sont
des enfants d’un collège.
L’accueil est toujours aussi chaleureux,
quoique différent. Les collégiens sont plus réservés
et n’osent pas venir vers nous, mais
lorsque nous brisons la glace, la chaleur sénégalaise
est belle et bien présente...
L’échange avec les collégiens est très enrichissant:
ils nous parlent de leur avenir, de
leurs rêves et désirent plus que tout y arriver.
Pour les femmes, la situation est différente,
mais toutes les jeunes filles que nous avons
rencontrées et qui sont scolarisées veulent aller
le plus loin possible, car une fois qu’elles
sont mariées, c’est souvent la fin de leurs
études. Les mamans présentes nous ont
quand même expliqué que les mentalités
ont évolué et que l’avenir de leurs enfants est
très important. Les derniers mots qui nous seront
adressés au collège par le directeur me
toucheront énormément: «Merci de venir de
si loin pour nos enfants»
Merci à vous tous et toutes qui m’avez
aidée à réaliser ce projet et surtout à vivre
des moments exceptionnels...
Ces enfants m’ont beaucoup touchée et
jamais je n’oublierai.
http://www.senegazelle.fr/
Toutes les photos: www.unspecial.org:
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