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CRÈCHE DES MORILLONS

UN Special a souhaité rencontrer Mme Cornelia Cuniberti, directrice de la
crèche des Morillons pour évoquer l’idée d’une «crèche internationale».

CHRISTIAN DAVID, UNOG

Depuis combien de temps êtes-vous directrice de la crèche des Morillons et quelle est votre expérience en la matière?
Je suis directrice de cette crèche depuis sa création en 2004. Mon expérience est assez atypique, j’ai passé dix ans aux Etats-Unis pour des études en psychologie (Bachelor) puis dans le domaine de la petite enfance (Master) et enfin j’ai dirigé une crèche à Chicago. Je suis ensuite revenue à Genève et j’ai occupé des postes dans la logistique, les ressources humaines et l’administration. Le cumul de ces différentes expériences me permet d’être assez polyvalente. Il y a cinq ans la Délégation à la petite enfance m’a contactée pour ce projet.

Pourquoi et comment cette crèche a-telle été créée, comment fonctionne-telle?
La création de la crèche découle d’une initiative du département de l’égalité des sexes du CICR. L’idée de base était de proposer une crèche bon marché rapidement. Le partenariat CICR/Ville de Genève, a été défini. Le dossier a été établi pour ne rien laisser au hasard, selon une méthodologie propre aux organisations internationales et l’expertise de la Délégation à la petite enfance (DPE). Il y a eu un ajustement de culture d’entreprise de part et d’autre. Les frais de fonctionnement et les cent places sont partagés à 50% entre la Ville et le CICR. Une équipe éducative et administrative assure un encadrement de qualité avec un projet pédagogique élaboré selon les besoins des enfants et enrichi d’un programme d’éveil aux langues. Notre équipe est multiculturelle, la plupart parlent deux ou trois langues. Je remarque également que les parents sont exigeants dans le bon sens du terme, et s’intéressent sincèrement au fonctionnement de la crèche. Les connotations: « institution internationale et multiculturelle » sont très marquées.

Comment envisagez-vous l’avenir de votre crèche?
Il nous faut désormais nous tourner vers le futur, nous sommes bien implantés dans le quartier international, il ne se passe pas une semaine sans qu’un parent ou un conseiller du personnel ne nous contacte pour essayer de trouver une solution à leur demande de places. Actuellement, nous sommes en contact avec l’ONUSIDA. Nous avons eu une séance en présence de Mme de Tassigny, déléguée DPE avec M. Reinhard, directeur de la FIPOI, pour discuter d’une solution vraiment globale, un agrandissement, voire une création d’une nouvelle structure. Différentes options sont actuellement à l’étude dont l’hypothèse d’achat de places. Les OI pourraient acheter un certain nombre de places en gérant ellesmêmes les candidatures selon leurs propres critères. Pour le CICR par exemple, il faut que la mère travaille au CICR pour que l’enfant puisse être inscrit. Pour la Ville de Genève, il faut que les parents habitent ou travaillent dans le quartier. Nous pouvons très bien imaginer qu’une dizaine de places soit proposée, à l’OMS, au BIT, à l’ONU etc. Certains OI sont déjà en principe d’accord. Il s’agit maintenant d’assembler les pièces du puzzle (terrain, autorisations, financement, etc.).

L’un des thèmes qui est mis en exergue dans nos organisations concerne la mobilité, qui dit mobilité, dit jeunes couples, et enfants en bas âge?
Effectivement, il faut que des moyens accompagnent ces mesures. La rentabilité d’une «entreprise» est en effet accrue lorsque ses employés sont motivés et que tout est fait pour leur faciliter le travail. Ce n’est pas une crèche qui coûte cher, c’est le manque de crèche qui coûte cher aux contribuables, aux entreprises et aux communes. De plus, la crèche permet la socialisation des enfants en toute sécurité. Une crèche proche du lieu de travail présente certains inconvénients (l’enfant ne retrouvera pas à l’école les petits camarades rencontrés à la crèche), mais aussi des avantages, comme, pour les parents, celui de ne pas stresser durant les trajets, et si un enfant est malade, de venir rapidement le rechercher. Le mois de congé allaitement n’est pas toujours donné dans les OI, nous donnons la possibilité aux mamans de venir allaiter leur enfant ici en crèche durant leur pause. C’est un service pour l’employeur, pour la santé de l’enfant et pour la tranquillité des parents. Je souligne à cet égard que les pères qui travaillent aux OI près de la crèche sont également plus disponibles.

Ce n’est pas une crèche qui
coûte cher, c’est le manque
de crèche qui coûte cher aux
contribuables, aux entreprises
et aux communes

Quels sont les paramètres incontournables à mettre en oeuvre pour la réussite d’un projet comme une crèche et quelle serait selon vous la démarche pour réussir la mise en place d’une crèche « interorganisations » ?
C’est vrai qu’en tant que directrice d’une crèche dans ce quartier des organisations, je vois quels sont les besoins. Nous en parlons depuis quelques années, peut-être que nous pouvons passer aux actes, afin de créer cette dynamique avec des gens qui connaissent le dossier. Des petites lumières doivent s’allumer parmi vos lecteurs, qu’ils aillent voir leurs conseillers du personnel afin que ces derniers puissent définir les besoins exacts des enfants de leurs collaborateurs pour des places en crèche (âge des enfants, types d’abonnement).

Pour l’instant, toutes les demandes de crèches pour les parents domiciliés en Ville ou y travaillant doivent passer par le Bureau d’Information de la Petite Enfance (BIPE). A ce jour, il y a au BIPE une centaine de demandes qui émanent des OI. Ce chiffre peut paraître faible mais ce sont cent familles qui habitent dans la Ville de Genève. Or le nombre de demandes potentielles de fonctionnaires internationaux qui habitent hors Ville n’est pas pris en compte dans ce chiffre.

Serait-il envisageable d’envoyer un questionnaire à chaque OI pour déterminer les besoins en y incluant les missions diplomatiques?
Oui. L’ONUSIDA a élaboré un questionnaire qui a été envoyé à ces collaborateurs. Au vu des réponses, deux tiers des demandes concernaient des fonctionnaires habitant en Ville de Genève et un tiers des fonctionnaires habitant hors Ville. Il nous faut maintenant connaître les besoins d’autres OI.

Lors de la préparation de l’édition précédente, plusieurs de nos interlocuteurs ont évoqué votre crèche. Quel en est le principe de fonctionnement diffère-t-il des autres en place de Genève?
M. Manuel Tornare, Maire de la Ville de Genève, a en effet souligné que cette crèche avait été un modèle depuis le début: construite en respectant un budget raisonnable, hors sol, écologique et en partenariat. Nous sommes aussi fiers de notre projet pédagogique qui reste flexible aux exigences des parents d’OI (court mandat de travail, longues heures de travail).

Donnez-nous, pour conclure, votre opinion personnelle: une crèche de combien de places serait nécessaire?
Pour répondre clairement j’imagine un copier-coller de la crèche des Morillons, soit cent places sur 2000 m2 de terrain. Nous avons créé un précédent nous aurions donc tous les éléments pour aller à l’essentiel et éviter les erreurs. Il existe un réel intérêt de la part de la Ville de Genève de trouver des places en crèche. Un groupe de travail incluant la DPE, la FIPOI, et les OI pourrait être mis en place pour planifier l’exercice. Nous allons y arriver! Peut-être même cette année!

English version: www.unspecial.org

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CRÈCHE DES MORILLONS

UN Special wished to meet Mrs Cornelia Cuniberti, Director of the crèche des Morillons to evoke the idea of an "international preschool".

How long have you been directing the crèche des Morillons and what is your prior experience in the matter?
I have been directing this crèche since its opening in 2004. My experience is rather atypical; I spent ten years in the United States for postgraduate studies in psychology (Bachelor) then in early childhood education (Master). I directed a large day-care centre in Chicago. I returned to Geneva in the late 1980’s and I worked in office services, human resources and administration. The cumul of these different experiences allows me to be rather polyvalent. Five years ago the Delegation de la petite enfance (DPE) contacted me for this project.

Why was this crèche created and how does it work?
The creation of this crèche results from an initiative of the department of equality at the ICRC. The basic idea was to propose a crèche quickly and within a tight budget. The partnership ICRC / City of Geneva was defined. The partnership was established leaving nothing at random, within a methodology proper to the international organizations (IO) and an expertise of the DPE. There was an adjustment of business cultures on both parties to be clarified. The operating budget and the 100 available places are divided 50% between the City and the ICRC. An educational and administrative team assures a top quality supervision of the children with an educational project elaborated according to the needs of the children and enriched with a program for the awakening to various languages. Our team is multicultural and speaks two or three languages. I also noticed that the parents are demanding, in the good sense of the word, and are very interested in the crèche’s activities. Hence the connotations "International and multicultural institution" are very marked.

How do you envision the future of your crèche?
It is necessary for us to turn towards the future, we are now well established in this international neighbourhood. A week doesn’t go by without a parent or a personnel counsellor contacting us to try to find a solution in placing their child or an employees’ child. Currently, we are in contact with the ONUSIDA. We will have a meeting in the presence of Mrs de Tassigny, Delegated DPE with Mr. Reinhard, Director of the FIPOI, to discuss a real global solution, an enlargement, or a new institution. Different options are currently studied including the possibility to purchase places in the crèche. The IO could buy a number of places whilst managing the list according to their own criteria. For the ICRC for example, it was necessary that the mother works at the ICRC. For the City of Geneva, it is necessary that the parent lives or works in the neighbourhood. We could imagine that about ten places are proposed, to the WHO, the ILO, the UN etc. Certain IOs are already interested. It is a matter how to assemble the jigsaw pieces (land, authorizations, financing, etc).

The one of the topics that is put in exergue in our organizations concerns the mobility, who says mobility says young couples, and young children?
Absolutely, it is necessary that the means accompany these measures. The profitability of a "business" is increased when its employees are motivated and that all is done to accommodate their work. It is not a crèche that costs a lot, it is the lack of one that costs a lot to the taxpayers, the businesses and the Communes. In addition, the crèche allows the socialization of the children in all security. The crèche in the vicinity of the work place might present some inconveniences (the child will not find his buddies later at the same school), but also advantages, as, for the parents, the one of not having to stress during the commute to work, and if a child is sick, to come quickly to fetch him/her. The month for breast feeding leave is not always given in the IO. We give the possibility to the Moms to come to breastfeed their child here at the crèche during their breaks. This is a service for the employer, for the health of the child and for the parent’s tranquillity. I confirm in this respect that the fathers working in the IO close to the crèche are also more available.

It is not a crèche that costs
a lot, it is the lack of one
that costs a lot to the
taxpayers, the businesses
and the Communes.

Which are the essential parameters to implement a successful project as a crèche and which according to you are the steps to take to set up an ‘international’ crèche?
It is true that as Director of a crèche in this international neighbourhood, I understand what the needs for the crèche are. We have been talking about it for years, maybe now we can put it all in place, working with the dynamics of the people aware of this project. Small lights must turn on amongst your readers, so they will meet with their personnel counsellors and together better define the exact needs for places in a crèche (age of the children, subscription types). For the moment, all the requested for places in a crèche for people living in the city of Geneva must go through the Bureau d’information de la petite enfance (BIPE). To this day, there are about one hundred requests that emanate from neighbouring IOs. This figure can appear weak but this is 100 families that live in the City of Geneva. The number of potential requests from international employees that live out City is not taken into account.

Would it be conceivable to send a questionnaire to every IO to determine the needs, including the diplomatic missions?
Yes. The ONUSIDA elaborated a questionnaire that was sent to their staff. The response showed that 2/3 of the requests concerned families living in the City of Geneva and 1/3 of families living out of the City. It is necessary for us now to understand the needs of other IO.

When preparing the previous edition, several of our speakers evoked your crèche. Does the crèche des Morillons differ from another in Geneva?
Mr. Manual Tornare, Mayor of the City of Geneva, often states that this crèche had been a model since its creation: constructed whilst respecting a reasonable budget, an out-of-ground and ecological structure and with a partnership. We also have developed an educational project that takes into account the requirements of the IO parents (short mandates, long working hours).

Give us, to conclude, your personal opinion: a crèche with how many places would be necessary?
To reply clearly I imagine a cut-and-paste of the crèche des Morillons, with another 100 places on 2000 m2 of land. We created one, so we have all the elements to go to the essentials and avoid any mistakes. A genuine interest exists of the side of the City of Geneva to find places in crèches. A task force including the DPE, the FIPOI, and the IO could be set up to work on the project to build an ‘international’ crèche. We shall get there! Maybe even this year!

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