JEUNESSE DE GENÈVE DANS LES ACTIVITÉS HUMANITAIRES
COMMUNION ENTRE LES PEUPLES
Pour toutes ses activités, le CEC Nicolas-Bouvier a été distingué par
l’UNESCO en 2007 comme l’un des établissements scolaires les plus
dynamiques de Suisse dans le domaine humanitaire.
Depuis bientôt vingt ans un groupe d’élèves et de maîtres oeuvrent très activement dans le domaine de l’humanitaire au Collège et Ecole de commerce (CEC) Nicolas-Bouvier.
Ce groupe – appelé « La Trace » – a multiplié ses activités et ses réalisations: soutien à des orphelinats, parrainages d’enfants par des classes, récoltes annuelles de nourriture pour le CARE à Genève, ventes de Noël en faveur du Téléthon, etc. En outre, quatre grands projets ont été menés à terme au Bénin.
Les objectifs de La Trace.
Apprendre la tolérance, favoriser l’ouverture
d’esprit et sensibiliser les jeunes (et les moins jeunes!) aux problèmes que vivent certains
êtres humains, tels sont les principaux objectifs
de ce groupe humanitaire. Il s’applique
depuis toujours à réaliser des projets un peu
partout dans le monde, mais aussi à Genève,
car il tient à rappeler que la misère matérielle
et morale se trouve aussi à notre porte.
En rythmant depuis 1991 la vie de l’école par ses sollicitations fréquentes auprès des classes et de tout le personnel de l’établissement, La Trace veut faire prendre conscience que derrière la froideur des chiffres, des informations et des images spectaculaires, il y a des enfants, des familles qui vivent des situations inacceptables et inhumaines.
Ses activités, ses actions.
Longtemps, les activités de La Trace ont
tourné autour d’un projet: le soutien à un orphelinat
en Uruguay. C’est grâce à l’oncle de
l’un des élèves fondateurs du groupe qu’une
longue et fructueuse relation a été établie
avec l’orphelinat de « La Huella ». Les élèves
avaient été alors touchés par l’action incessante
du père Aguirre pour assurer la survie
de cette petite communauté. « La Huella », en
français « La Trace », a donné tout naturellement
son nom au groupe humanitaire de
l’école.
Année après année, les activités du groupe se sont diversifiées. Et celui-ci a choisi de venir en aide en priorité à de petites associations, en général méconnues, qui font un travail remarquable, à Genève ou ailleurs. Voici quelques exemples de ses actions :
Parrainages par des classes.
Chaque année, des classes de l’école parrainent
des enfants défavorisés au Népal, des
Intouchables. En versant une somme de 2 fr.
par mois, les élèves qui le souhaitent financent
la scolarité de ces jeunes.
Participation
aux « 24 heures de natation ».
Pour la bonne cause, de soixante à quatrevingt
maîtres et élèves de l’école participent
à cette importante manifestation. L’objectif:
couvrir un maximum de traversées de piscine,
après avoir pris soin de chercher des
sponsors qui acceptent de verser une somme
pour chaque traversée effectuée. En 2008, les
participants de Nicolas-Bouvier ont ainsi couvert
plus de 2000 traversées! Cette opération
permet de fournir une aide très appréciable
à plusieurs petites associations.
En 2007, par exemple, c’est le financement d’un programme de scolarisation d’orphelins au Rwanda qui a été ainsi trouvé. Une ancienne élève rwandaise du CEC Nicolas-Bouvier tient seule ce projet à bout de bras, travaillant le soir après ses cours universitaires pour gagner l’argent nécessaire à son exécution. Henriette, c’est son nom, fait partie de ces gens qu’on aime à citer en exemple et qui méritent toute notre admiration.
Les activités de Noël.
En décembre, La Trace vend les cartes de
voeux, peluches, et surtout 250 à 300 pots de
confiture confectionnés par une enseignante.
Les bénéfices sont reversés à l’association
du Téléthon Genève.
Il est également de tradition de venir en aide au CARE, le centre d’accueil pour personnes seules et démunies, bien connu à Genève. Les classes apportent à l’école des produits de première nécessité qui sont convoyés au CARE par des membres du groupe. C’est l’occasion pour les élèves de faire la connaissance d’un personnage hors-norme, l’abbé Jean-Marie Viennat, qui est à la base de ce centre, mais aussi d’aborder de plein front la misère à Genève. En effet, ce ne sont pas moins de 150 repas qui sont servis chaque jour par le CARE, victime bien involontaire d’un succès qu’il ne souhaitait pas.
Des actions plus récréatives.
En organisant la vente de roses à la Saint-Valentin
et des concours internes (course de rameurs,
d’appartement, concours de dictée…)
La Trace rappelle régulièrement à tous
qu’une somme de petits gestes de solidarité
peut avoir de grands effets!
Le fil rouge du groupe humanitaire
depuis 2000: le Bénin.
C’est avec le double but d’accomplir des projets
d’entraide et d’initier les élèves au monde
de l’humanitaire que La Trace s’est tournée
vers le Bénin. Grâce à une étroite collaboration
avec l’Association de Solidarité avec les
Villages du Bénin (ASVB) fondée par M. Vincent
Zodogomè, quatre réalisations ont pu
être menées à bien.
Pour chacun des projets, après son analyse et la récolte des fonds, un voyage sur place est organisé. En plus de l’aide physique apportée sur le chantier, c’est l’occasion pour les élèves de découvrir la culture béninoise et de se rendre compte directement des difficultés que présente la réalisation de tels projets et de leur suivi à long terme. Il leur faut vérifier que l’utilisation des fonds récoltés soit conforme aux engagements, tout en laissant la responsabilité des réalisations aux communautés locales. C’est tout d’abord la rénovation d’une école primaire dans le petit village d’Ayou, dans la commune d’Allada, qui a pu être réalisée, en 2002. Pendant leur séjour, les élèves ont observé que les femmes assument la lourde charge d’aller chercher l’eau jusqu’à la source la plus proche d’Ayou, à environ 5 km. Le projet suivant, réalisé en 2004, a été l’adduction d’eau à Ayou, avec un château d’eau et des fontaines à divers points du village.
Lors de ces deux voyages, des liens d’amitié se sont tissés avec le roi Pierre-Richard Adé, chef coutumier (Dah) et chef élu de l’arrondissement de Ouassaho (commune de Bohicon). Il a présenté à La Trace un projet de maternité, afin d’améliorer conditions de vie de ses administrés, et surtout des femmes qui sont, selon ses mots, «la force de l’Afrique». La naissance de la maternité de Ouassaho a eu lieu en 2006, et lors du voyage suivant en 2008, La Trace a pu inaugurer cet établissement médical!
Pour le projet «Bénin 2008», c’est la construction d’un centre de formation professionnel et de perfectionnement à Allada qui a été choisi, dans le but d’offrir une possibilité de formation aux jeunes qui finissent leur scolarité de base dans cette commune, leur fournissant ainsi une alternative à l’exode vers Cotonou où ils tentent leur chance, mais y trouvent la misère.
Si les réalisations concrètes restent le but principal de La Trace, les échanges culturels que permettent les voyages au Bénin sont aussi une forte motivation pour les entreprendre. De manière emblématique, Sonia Godoy, une élève du groupe partie en 2006 relate ce qu’elle a vécu lors d’une cérémonie.
Lorsqu’un intervenant plutôt âgé a fait son discours sur la vision qu’avaient habituellement les Européens de l’Afrique: le sida, la malnutrition, les guerres. C’est en effet ce que montrent les médias la plupart du temps! Puis il nous a félicités d’être venus en souhaitant que nous racontions «notre» vision de l’Afrique, nous qui avions côtoyé des gens en bonne santé sur le chantier et pendant le séjour. Pendant qu’il parlait, j’ai vraiment compris ce que « communion entre les peuples » veut dire…
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