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ENTRETIEN AVEC M. SERGEI A. ORDZHONIKIDZE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’OFFICE DES NATIONS UNIES À GENÈVE
CHACUN APPORTE SA PIERRE À L’ÉDIFICE
Je suis impressionné par la vision des pères fondateurs
des Nations
Unies. Ils ont créé, il y a bientôt soixante-quatre ans
une organisation
qui est toujours indispensable, avec toutes
ses réussites, en dépit de
ses points faibles. Je trouve cela
fascinant et inspirant.
Quels sont vos principaux centres
d’intérêt sur le plan personnel puis
en tant que directeur général de
l’ONUG?
Laissez-moi commencer par la dernière question.
En tant que directeur général, mes intérêts
sont vastes car le travail de l’ONUG
couvre de nombreux domaines. Nous coopérons
avec toute la famille des Nations
Unies sur place afin de faciliter les efforts entre
les trois piliers des activités de l’Organisation:
paix et sécurité, développement et
les Droits de l’homme. L’ONUG accueille
quelque 9000 réunions multilatérales chaque
année. Nous travaillons pour construire des
partenariats avec des organisations régionales
et intergouvernementales, avec le monde universitaire et les instituts de recherche
et avec la société civile. Je suis également
fier que l’ONUG offre une plate-forme
au dialogue entre les cultures au travers de
son programme d’activités culturelles. En
tant que Secrétaire général de la Conférence
du désarmement et représentant personnel
du Secrétaire générale de l'ONU à la Conférence,
je suis particulièrement intéressé par
les liens entre désarmement et développement.
Laissez-moi vous donner un exemple:
les dépenses militaires globales ont atteint la
somme de 1300 milliards de dollars. Imaginez
ce que nous pourrions faire en termes de
développement avec seulement une fraction
de cette somme. Je souhaite attirer l’attention
sur ces liens. Je suppose que mes intérêts professionnels influencent parfois ma vie à
l’extérieur du bureau. Je suis, par exemple,
un lecteur avide de livres d’histoire, en particulier
d’histoire politique. Mais, j’aime également
les sports et particulièrement le ski. Je
suppose que cela ne saute pas aux yeux de
ceux qui me voient à mon bureau ou sur un
podium!
Quels sont les défis auxquels l’ONUG
doit faire face dans le domaine de la
gestion et comment, en tant que directeur
général, pensez-vous contribuer à
surmonter ces défis?
Les défis auxquels l’ONUG doit faire face
dans le domaine de la gestion sont les mêmes
que dans l’ensemble des Nations Unies. Nous
formons une seule et même Organisation. Je
pense que notre principal défi est précisément
de garantir que nous travaillons ensemble
à la réalisation de nos objectifs communs.
La Résolution 63/250 sur la gestion des
ressources humaines, qui a été adoptée par
l’Assemblée Générale l’année dernière, va
contribuer largement à s’assurer que nous
puissions le faire. Notre système de gestion
des ressources humaines sera plus simple, de
meilleures opportunités seront offertes à nos
nombreux collègues sur le terrain. Il se peut
que la résolution ne réponde pas à toutes les
aspirations. Cependant, je crois que sur le
long terme, ces changements bénéficieront à
l’Organisation tout entière. Cependant, des
changements au sujet des dispositions des
contrats peuvent, bien sûr, provoquer une inquiétude
pour le personnel, si les implications
ne sont pas communiquées de manière
claire et complète. De ce fait, je considère
que ma tâche consiste à apporter des conseils
et du soutien au personnel et aux managers
pour la mise en place de ces nouvelles dispositions.
Nous savons que vous vous sentez
très concerné par la préservation du
Palais des Nations. Pourriez-vous nous
en dire davantage sur le programme
de préservation du Palais?
Vous avez vu juste: je me sens vraiment
concerné par la protection du Palais des Nations.
C’est une préoccupation également
partagée par nos États Membres et par le Secrétaire
général. Le Palais des Nations n’est
pas n’importe quel édifice. Il représente un
symbole du multilatéralisme et il fait partie de
l’héritage de la communauté internationale.
Les parties principales ont été construites
dans les années 1930. De nombreuses installations
absolument nécessaires, dont l’installation
électrique et la tuyauterie, ont simplement
dépassé leur durée de vie. Le
bâtiment a besoin d’être modernisé pour se
conformer aux standards actuels et pour nous
permettre de fournir le meilleur service possible.
Un Groupe des Amis du Palais des Nations
a été créé. Ce groupe est ouvert à tous
les États Membres et nombreux sont ceux qui
en font déjà partie. En travaillant également
de manière rapprochée avec le Département
de la gestion et le directeur exécutif du Plan
Cadre d’équipement au siège des Nations
Unies, nous avons élaboré un programme de
préservation en trois phases pour une rénovation
et une remise à neuf complètes du Palais.
Les deux premières phases consistent en
des études d’ingénierie afin d’évaluer l’étendue
des défis afin que les États Membres
puissent prendre en considération les différentes
options pour la rénovation. La troisième
– et dernière – phase serait, par conséquent,
la rénovation proprement dite. Le
gouvernement suisse a généreusement fait
don de la somme de 150000 dollars pour la
première phase, de ce fait la mise en place du
programme est maintenant vraiment en
cours. Les États Membres devront débattre du
financement pour les deux prochaines
phases. Selon les résultats des études et les
décisions des États Membres, nous espérons
être en mesure de commencer la rénovation
elle-même après 2013.
Envisagez-vous que la restauration de
la Sphère armillaire fasse partie du
programme de préservation?
La Fondation Woodrow Wilson des États-Unis a fait don de la Sphère à la Société des
Nations à la mémoire du Président Wilson
qui a joué un rôle important dans la fondation
de la Ligue. Selon la tradition, les dons
ont été entretenus par leurs donateurs. La
Sphère ne fait pas partie de l’infrastructure du
Palais, alors il est peu probable qu’elle fasse
partie du programme de préservation en tant
que tel. Elle est, en revanche, un symbole important
de la Société des Nations et, par
conséquent des Nations Unies. Il serait donc
bon qu’elle soit restaurée aussitôt que possible.
Quelles relations entretenez-vous
avec le pays hôte? Quels sont les
projets que vous avez en commun?
Nous partageons une relation étroite et
constructive avec le pays hôte. La Suisse est
un membre actif et très engagé de l’Organisation.
Le don que je viens juste de mentionner
en faveur de la première phase du
programme de préservation, n’est qu’un
exemple parmi d’autres de l’engagement du
pays hôte dans notre travail sur place. Nous
devons nous assurer que la communauté diplomatique
peut contribuer de manière aussi
efficace que possible au travail multilatéral à
Genève et nous travaillons ensemble à la
réalisation de cet objectif. Nous collaborons
également sur les questions de sécurité, du
fait que le pays hôte est responsable de la sécurité
en dehors de notre périmètre. La dernière
édition d’UN Special s’intéressait à la
«Genève internationale» et passait en revue
l’éventail des activités entreprises ici. Toujours
à ce sujet, nous nous associons avec le
pays hôte parce que nous sommes aussi intéressés
au rehaussement du profil politique
de Genève et des nombreuses questions qui
y sont abordées.
Quelles sont les manifestations
qui vous ont le plus impressionné
au cours de votre service en tant
que directeur général?
Je suis impressionné par la vision des pères
fondateurs des Nations Unies. Il y a bientôt
soixante-quatre ans. Ils ont créé une Organisation
qui est toujours indispensable, avec
toutes ses réussites et ce, en dépit, de ses
points faibles. Je trouve celà fascinant et inspirant.
Le moment le plus passionnant a été
en 2007 lorsque la Conférence sur le Désarmement
s’est presque mise d’accord sur son
programme de travail. Malheureusement,
cette occasion de commencer des discussions
multilatérales sur le désarmement a été
manquée. Mes nombreuses réunions bilatérales
avec les Chefs d’États et de Gouvernement
et avec les ministres des Affaires étrangères
ont eu un impact particulier. Ma
conversation en 2005 avec le Roi d’Espagne,
Juan Carlos Ier, et la décision du gouvernement
espagnol de faire don à l’ONUG de la
Salle des Droits de l’homme et de l’Alliance
des civilisations, un des dons les plus importants
à l’attention des Nations Unies, en
sont un exemple. Le dévoilement en 2003 de
notre mémorial pour les collègues qui ont
perdu leur vie au service de la paix a aussi
laissé une impression durable. Les cérémonies,
que nous avons organisées à la mémoire
des défunts collègues après les attaques
contre nos bureaux à Bagdad et Alger,
l’ont été de la même façon. J’ai été ému à la
fois par le sacrifice de ceux qui ont péri et la
détermination des collègues à poursuivre
leur travail.
Est-ce que vous lisez UN Special? Quel
message souhaiteriez-vous transmettre
à nos lecteurs et à nos rédacteurs?
Je pense que j’ai déjà répondu à la première
question lorsque j’ai fait référence aux articles
sur la «Genève internationale»! Oui, je lis
UN Special chaque mois. C’est une bonne
source d’information sur les activités quotidiennes
du système des Nations Unies au
sens large ici à Genève, et au-delà. Je pense
qu’un des messages clés à transmettre est
celui qui revient au fil des pages d’UN Special.
C’est que tous les membres du personnel
apportent une importante contribution à l’Organisation.
De nombreux articles d’UN Special
parmi ceux que j’ai trouvé les plus intéressants
sont ceux qui décrivent le travail
des membres du personnel qui ne serait sinon
que très peu connus – quel que soit
leur lieu d’affectation. Lorsque vous lisez ce
qu’ils font au quotidien, vous notez la manière
avec laquelle ils s’intègrent dans les
efforts de l’Organisation. Le message est que
chacun apporte sa pierre à l’édifice.
INTERVIEW WITH Mr. SERGEI A. ORDZHONIKIDZE, DIRECTOR-GENERAL OF THE UNOG
EVERYBODY MAKES A DIFFERENCE
What are your main areas of interest
personally, and as Director General of
UNOG?
Let me start with the last question. As Director
General, my interests are wide-ranging because
UNOG’s work covers many areas. We
cooperate with the entire United Nations family
here to facilitate efforts across the three pillars
of the Organization’s work: peace and security,
development and human rights. UNOG
hosts some 9,000 multilateral meetings every
year. We work to build partnerships with regional
and other intergovernmental organizations,
with the research community and with
civil society. I am also proud that UNOG provides
a platform for dialogue across cultures
through its Cultural Activities Programme. As
Secretary-General of the Conference on Disarmament
and the United Nations Secretary-General’s Personal Representative to the Conference,
I am particularly interested in the
nexus between disarmament and development.
Let me give you an example: global military
expenditure has now topped USD 1.3
trillion. Imagine what we could do in development
with only a fraction of that amount. I
want to raise awareness of these connections.
I guess that my professional interests sometimes
influence life outside the office. For example,
I am an avid reader of books about history,
in particular political history. But, I also
enjoy sports, especially skiing. I guess this may
not be immediately obvious when most people
see me either at my desk or on a podium!
What are the challenges that UNOG is
facing in the area of management and
how do you, as UNOG Director-General,
plan to contribute to overcoming these
challenges?
The challenges that face UNOG in the area of
management are the same as for the entire
United Nations. We are one Organization. And
I think that our main challenge is exactly to ensure
that we work together as one to achieve
our common goals. Resolution 63/250 on human
resources management, which the General
Assembly adopted last year, will go a long
way towards ensuring that we can do just that.
We will have a simpler human resources management
system, with greater opportunities
for our many colleagues in the field. The resolution
may not fulfil all aspirations. However,
I believe that in the longer term these are
changes that will benefit the Organization as a
whole. But changes in contractual arrangements
can, of course, be a source of concern
to staff, if the implications are not communicated
clearly and fully. So, I see my task in this
challenge as providing guidance and support
to staff and managers in the implementation of
these new arrangements.
We know that you are very much
concerned by the preservation of
the Palais des Nations. Could you
tell us more about the Strategic Heritage Plan for the Palais?
You are right: I am very concerned about protecting
the Palais des Nations. And it is a concern
that is shared by our Member States and
by the Secretary-General. The Palais des Nations
is not just any building. It is a symbol of
multilateralism and it is the heritage of the international
community. The main parts were
built in the 1930s. Many critical installations, including
wiring and pipes, have simply passed
their lifespan. The building needs to be modernized
to conform to present-day standards
and to enable us to provide the best possible
service. A Group of Friends of the Palais des
Nations has been established. This Group is
open to all Member States and many have already
taken part. Working closely also with the
Department of Management and the Executive
Director of the Capital Master Plan at United
Nations Headquarters, we have formulated a
three-step Strategic Heritage Plan for a complete
renovation and refurbishment of the
Palais. The first two phases consist of engineering
studies to review the scope of the
challenges so that Member States can consider
different options for the renovation. The third
– and final – step would then be the actual renovation.
The Swiss Government has generously
donated USD 150,000 for the first step, so
the implementation of the Plan is now actually
underway. Member States will need to discuss
funding for the two next steps. Depending on
the outcome of the studies and the decisions of
Member States, we hope to be able to start the
actual renovation after 2013.
Do you foresee the restoration of the
Armillary Sphere as part of the Strategic
Heritage Plan?
The Sphere was donated by the Woodrow
Wilson Foundation of the USA to the League of
Nations in memory of President Wilson who
played an important role in the establishment
of the League. Traditionally, gifts have been
maintained by their donors. The Sphere does
not form part of the infrastructure of the Palais,
so it is not likely to be part of the Strategic Heritage
Plan as such. It is, however, an important
symbol of the League and through this, of the
origins of the United Nations itself. And I would
welcome its restoration as soon as possible.
What are your relations with the host
country? What common projects do you
have?
We enjoy a very close and constructive relationship
with the Host Country. Switzerland is
an active and very committed member of the
Organization. The donation I just mentioned
towards the first step of the Strategic Heritage
Plan is just such an example of the Host Country’s
involvement in our work here. We share
an interest in ensuring that the diplomatic community
can contribute as effectively as possible
to the multilateral work in Geneva and we
work together towards this objective. We also
collaborate concerning security matters, as the
Host Country is responsible for security outside
our perimeters. The latest edition of UN Special
was devoted to “International Geneva” and
gave an impression of the breadth of activities
here. Also in this area, we connect with the
Host Country as we too are concerned to raise
the political profile of Geneva and of the many
issues that are addressed here.
What are the events that have impressed
you most during your service as
UNOG Director General?
I am impressed by the vision of the founding
fathers of the United Nations. Almost sixtyfour
years ago, they created an Organization
that it is still today indispensable, with all its
achievements and despite its shortcomings. I
find that fascinating and very inspiring. The
most exciting moment was in 2007 when the
Conference on Disarmament almost agreed
on their programme of work. Unfortunately,
this opportunity for starting multilateral disarmament
talks was missed. My many bilateral
meetings with Heads of State and Government
and with Foreign Ministers have made a particular
impact. Among them was my conversation
in 2005 with the King of Spain, Juan Carlos
I, and the decision of the Spanish
Government to donate to UNOG the Human
Rights and Alliance of Civilizations Room, one
of the biggest gifts ever given to the United Nations.
The unveiling in 2003 of our memorial to
colleagues who have lost their lives in the
service of peace also left a lasting impression.
So have the ceremonies we held in memory of
colleagues lost in the attacks on our offices in
Baghdad and in Algiers. I have been moved
both by the sacrifice of those who perished and
the determination of colleagues to continue
their work.
Do you read UN Special? What message
would you like to convey to our readers
and to our writers?
I think I already answered the first question
when I referred to your articles on “International
Geneva”! Yes, I read UN Special every
month. It is a good source of information on
the day-to-day activities of the wider system
here in Geneva – and beyond. I think that one
of the key messages to convey is one which
comes across in UN Special itself. It is that all
staff members make an important contribution
to the Organization. Many of the UN Special articles
that I have found most interesting are
those that describe the work of staff members
who may not otherwise be well-known –
wherever they are working. When you read
about what they do on an everyday basis, you
see how they fit into the Organization’s efforts.
The message is that everybody makes a
difference in this large machinery.
UN Special thanks Ms Charlotte Lindberg Warakaulle for help and kind collaboration.

