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                    Salon de l’Auto

LA VOITURE À EAU D’HECTOR VAES

Avec un prix du baril de pétrole tombé au plus bas, les coûteuses recherches de nouveaux gisements pétroliers risquent de ralentir, voire carrément s’arrêter… et avant 2020 l’or noir peut bien faire défaut.

CLAUDE MAILLARD, OMS

Les bureaux d’études automobiles auraient donc une dizaine d’années devant eux pour faire face à ce problème et pour trouver un nouveau moyen de faire avancer nos voitures.
Mais les nouveaux «carburants» existent déjà depuis plus ou moins longtemps et jusqu’à présent, pour des histoires de gros sous, ils étaient tenus secrets.
Mais cela va peut-être bien changer…

Lorsque durant l’automne 1981 je rencontrais Hector Vaes, citoyen belge exilé à Condes, village du Jura français, je pensais tenir un scoop. Correspondant pour les revues automobiles «Echappement » et «AutoHebdo», un ami pilote m’avait parlé de ce bricoleur de génie qui avait mis au point une voiture qui consommait de l’eau pour rouler.

Rendez-vous était alors pris avec M.Vaes qui m’attendait dans la cour de sa maison près de sa Chevrolet Impala censée fonctionner à l’eau.
Une fois les présentations faites, et après avoir détaillé les modifications apportées sur son imposante voiture américaine, son concepteur me demanda alors de bien vouloir faire le plein du réservoir en utilisant… l’arrosoir rempli d’eau de pluie (eau distillée) qui était destinée, avant tout, à son jardin. Et, c’est au moment où le gros V8 se mit à rugir, que je me suis dit : ça y est, tu le tiens ton scoop!
Article achevé, tirage des photos fait et croquis technique réalisé, j’envoyais le tout aux rédactions de mes journaux. Celles-ci me firent savoir que leurs principaux annonceurs publicitaires étant des pétroliers, elles s’imaginaient mal publier mon reportage.
La vie de journaliste est parfois cruelle!

Quelques jours avant notre rencontre, Hector Vaes venait de recevoir le procès-verbal d’un huissier de justice mandaté pour vérifier la consommation de sa Chevrolet. En deux mois, la belle américaine avait parcouru 1855 km. Avant d’être modifiée, la voiture, qui avait déjà été transformée pour rouler au GPL, aurait englouti 20 litres aux 100 km. D’après le procès-verbal, elle se contentait maintenant de 0,9 litre d’eau aux 100 km, auquel il faut également ajouter 3 litres de gaz.
En effet, l’apport de gaz est nécessaire pour démarrer le gros V8. En conclusion, la Chevrolet Impala de M. Vaes consomme maintenant presque sept fois moins de carburant qu’auparavant.
Alors, lorsque l’on sait les bénéfices réalisés sur les carburants, aussi bien par les compagnies pétrolières que par les gouvernements (taxes), on comprend mieux que l’invention ne plaisait pas à tout le monde!

En deux mots, cette invention se résumait en une petite boîte cylindrique qui transformait l’eau en oxygène et en hydrogène (souvenez vous des expériences de physique à l’école!). Les deux gaz ainsi produits sont alors injectés dans l’admission et dans l’arrivée d’air du carburateur. Mais, théoriquement, la décomposition de l’eau par électrolyse est très lente et demande beaucoup d’énergie électrique. Le MASER (Microwave Amplification by Stimuled Emission of Radiation, signifiant amplification de micro-ondes par émission induite de rayonnement) fixé sur la petite boîte cylindrique accélère la séparation de l’eau en oxygène et en hydrogène. Quant à l’énergie électrique nécessaire, elle n’est pas plus importante que celle consommée par un feu de position grâce à deux membranes poreuses polarisées (commercialisées au Japon) qui, installées dans la fameuse petite boîte, permettent de séparer l’oxygène et l’hydrogène.
Décédé depuis plusieurs années, Hector Vaes n’aura pas eu le loisir de voir sa réalisation commercialisée et produite en grande série.

Mais M. Vaes n’est pas le précurseur dans le domaine du moteur à eau.
Déjà en 1930, Charles Nelson Pogue avait testé avec succès un système à eau avec la complicité du constructeur Ford. Cet inventeur américain avait créé un super carburateur qui augmentait le taux d’octane du carburant volatilisé en présence de vapeur d’eau. En 1932, il est censé avoir parcouru 320 km au volant de sa Ford V8 en ne consommant que 1,1 litre d’essence aux 100 km. A cette époque l’invention avait été passée sous silence… Le jour où les gisements de pétrole seront épuisés, peut-être reverrons-nous ces brevets resurgir (par le plus grand hasard!) des fonds de tiroirs de ces multinationales qui y trouveront alors une source de profit.

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