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                    Genève internationale

ENTRETIEN AVEC M. OLIVIER COUTAU, DÉLÉGUÉ CANTONAL À LA GENÈVE INTERNATIONALE

C. DAVID

Monsieur Coutau, vous êtes Délégué à la Genève internationale depuis le 1er mai 2008, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette fonction et quelle est son origine?
Pour faire simple, je dirais que je suis le conseiller de l’Etat de Genève pour tout ce qui concerne les relations avec la Genève internationale. J’entends par Genève internationale, la Genève de la diplomatie et de la coopération internationale. Avec 22 organisations internationales, environ 250 ONG, 162 États représentés et 25 000 postes de travail dans ce domaine, Genève a une chance et un honneur uniques de contribuer à la construction d’un monde plus sûr, plus prospère et plus juste. Le canton tient donc à apporter le meilleur soutien possible à l’ensemble de ces acteurs. En ce qui me concer ne, j’ai deux activités principales. La première est une activité de veille qui consiste à suivre d’aussi près que possible la vie de la Genève internationale afin de comprendre ce que sont ou seront ses besoins et mieux y répondre. La seconde est une activité de coordination: je préside ou je participe aux travaux d’une série de groupes qui ont tous pour finalité d’offrir une réponse coordonnée aux besoins de la Genève internationale, tant au niveau interne de l’administration cantonale qu’au niveau de l’ensemble des autorités hôtes, qu’elles soient fédérales, cantonales ou communales. Cette fonction de délégué à la Genève internationale est relativement récente. Elle a été voulue par le Grand Conseil, le parlement cantonal, en décembre 2004.
Celui-ci a adopté, à l’unanimité, une loi sur le développement et le renforcement de la Genève internationale: http://www.geneve.ch/legislation/rsg/f/rsg_a2_65.html. Un premier délégué a été nom mé au printemps 2005 et je lui ai succédé en mai 2008. Outre le poste de délégué, cette loi a créé deux organes. Premièrement, un Groupe interdépartemental aux affaires internationales. Il s’agit d’une instance de coordination, au sein de laquelle tous les services de l’administration cantonale sont représentés, comme d’ailleurs la Mission suisse et la Ville de Genève. Et deuxièmement, une commission consultative composée d’une douzaine de personnalités qui partagent avec le canton leur expertise dans le domaine de la Genève internationale.

Quels sont les contacts que vous entretenez à la fois avec les autorités suisses et internationales?
Avec les autorités suisses, mes contacts sont constants, tant avec la Mission suisse à Genève qu’avec la Division politique III du DFAE, chargée des organisations internationales, à Berne. Quant aux acteurs internationaux, je dirais que, formellement, je ne suis pas en première ligne. Ce sont le CAGI et la Mission suisse qui sont en principe leurs premiers interlocuteurs pour toute demande spécifique relevant de l’accueil. Cela ne m’empêche pas, naturellement, d’entretenir des liens étroits avec de nombreuses personnalités représentatives de la Genève internationale. Ces échanges sont indispensables, notamment dans le cadre de mon activité de veille.

Quels sont les dossiers récents que vous avez eu à traiter et quelles sont les solutions envisagées et ou déjà mises en œuvre?
Nous avons aujourd’hui deux grands dossiers prioritaires. Le premier est celui du site unique de l’OMC. Le second est celui des missions permanentes.
Depuis sa création en 1995, l’OMC a grandi, l’espace dans le centre William Rappard n’est plus suffisant. Il a fallu trouver une solution. La Confédération, la FIPOI et le canton ont donc élaboré un projet de rénovation, densification et extension du bâtiment. C’est évidemment un projet onéreux. Nous devons aussi prendre en compte le fait que le bâtiment se situe au bord du lac, lieu de pro menade particulièrement apprécié des Genevois. Il faut donc que l’atteinte à l’environnement soit minime, que l’accès au bord du lac soit garanti, que la sécurité soit efficace, que ce bâtiment historique ne soit pas dénaturé et bien sûr que l’OMC dispose des locaux dont elle a besoin.
Toutes ces contraintes ne sont pas aisément compatibles, d’où la difficulté de l’exercice. Mais je crois que l’ensemble des intervenants ont maintenant réussi à s’entendre sur un excellent projet.
Le deuxième dossier prioritaire est donc celui des missions permanentes. Beaucoup d’entre elles, ces derniers mois, nous ont fait connaître leurs besoins pour des bureaux, des résidences ou des logements. Souvent ces demandes émanaient de pays ne disposant que d’un budget limité. Par ailleurs, sur les 192 pays membres de l’ONU, 162 sont présents à Genève. Nous aimerions que les 30 pays qui ne sont pas là et qui souhaiteraient l’être puissent eux aussi participer au dialogue universel qui se déroule à Genève. Notre but est donc double: accueillir les pays qui ne sont pas présents à Genève et mieux répondre aux besoins de ceux qui le sont. En ce qui concerne les bureaux, le canton participe financièrement, à hauteur de 3000 Fr. par mois, aux frais de location des PMA. Par ailleurs, un important projet immobilier de la FIPOI, localisé à l’avenue de France, est aujourd’hui à un stade avancé. Ce bâtiment comprendra 10 000 m2 de bureaux à l’attention notamment des missions permanentes. Sa livraison est prévue pour 2011. D’autres projets sont en discussion.

Nous voulons aborder le sujet de la coordination actuelle interorganisations, pensez-vous qu’elle puisse être améliorée et de quelle manière?
Effectivement, plus les besoins des acteurs de la Genève internationale, que ce soit dans le domaine des transports, de l’immobilier ou des crèches, seront exprimés de façon coordonnée, plus il sera facile pour les autorités hôtes d’y répondre avec efficacité. Ceci étant, à propos des difficultés rencontrées dans les trois domaines que je viens de citer, je relève qu’elles ne sont pas spécifiques aux internationaux. Le reste de la population genevoise y est aussi confronté. Les autorités locales recherchent donc des solutions pour l’ensemble des personnes résidant ou travaillant à Genève. Mais elles sont aussi conscientes que les internationaux ne disposent pas des mêmes informations et repères. Elles doivent donc leur proposer des moyens suscep tibles de faciliter leur intégration. Le CAGI joue un rôle de premier plan à cet égard, non seulement pour proposer des services, mais aussi pour mieux identifier les besoins.

Quels sont selon vous les médias et moyens d’informations disponibles abordant les informations sous l’angle de la Genève internationale?
Vous m’apprenez que votre magazine va fêter son soixantième anniversaire. Je tiens à féliciter le comité de rédaction pour le travail accompli et la place particulière qu’occupe UN Special dans le paysage international puisqu’il est distribué à plus de 10 000 exemplaires et que son site web permet également de véhiculer l’information au-delà de nos frontières.
La radio WRS, que nous soutenons, est en passe de devenir un média de référence anglophone pour la Genève internationale, grâce aux reflets de l’actualité de la Genève internationale qu’elle diffuse et grâce aux informations pratiques qu’elle propose aux expatriés souhaitant s’intégrer à la vie genevoise.

Le site internet http://www.geneve.ch/internationale, permet par ailleurs, de situer les différentes composantes de cette Genève internationale, qu’il s’agisse des acteurs internationaux ou des autorités hôtes. Sur ce site vous trouvez aussi une sélection quotidienne de documents d’actualité. Chacun peut s’abonner par courrier électronique pour recevoir la livraison du jour. Cette sélection, qui était tout d’abord prévue pour informer le délégué dans le cadre de sa mission de veille, a été finalement mise à la disposition de tous.

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