ENTRETIEN
M. REYMOND, DIRECTEUR DU CENTRE D’ACCUEIL GENÈVE INTERNATIONALE: CAGI
English
M. Reymond, vous avez pris vos fonctions en avril 2008 quel est votre rôle
et quelles sont les perspectives
offertes par le CAGI?
Le CAGI est une association fondée en 1996,
à la suite de la mutation du GATT vers l’OMC.
Une réflexion et une action sont intervenues
de la part de la Confédération et de l’Etat de
Genève, visant à accompagner cette transformation dans le cadre des accords de siège.
Une structure d’accueil a été créée, dont ont
bénéficié, et bénéficient toujours, les fonctionnaires internationaux des organisations et
des Missions diplomatiques, consulaires et
des membres des ONG. Le CAGI permet à
tous, dés leur arrivée à Genève et pendant
leur séjour, de leur faciliter la vie dans notre
cité et d’offrir des solutions aux problèmes
qu’ils peuvent rencontrer. Dans ce cadre
d’intégration sociale, un soutien administratif leur est proposé. Nous remettons notamment à chaque nouvel arrivant, un «welcome kit» comprenant toutes les informations nécessaires. Je dirais que le CAGI joue avant
tout un rôle de facilitateur pour une population multiculturelle depuis son arrivée à Genève jusqu’à son déménagement. Nous tentons, en équipe, d’identifier les aides et de les
adapter aux demandes afin d’accomplir notre mandat. Malgré la «jeunesse» du CAGI nous recevons des témoignages de satisfaction et nous avons acquis un certain savoirfaire au point que sont envisagées des structures similaires à la nôtre à La Haye ou à
Bangkok par exemple.
Quelles sont les activités culturelles
proposées par le CAGI?
Plusieurs prestations sont organisées avec le
concours de M. Stettler. Deux fois par mois,
le premier jeudi, des visites dans des lieux caractéristiques, pittoresques, gastronomiques
ou autres sont proposées afin de présenter et
de permettre d’apprécier les attraits de notre
cité. Le troisième jeudi de chaque mois, dans
notre villa, à la Pastorale, une thématique
permet de créer des liens de partage entre la
Genève internationale et la Genève locale. Le
réseau d’accueil met en place un programme
de visites, de conférences et d’évènements
festifs. La fête de l’Escalade est particulièrement caractéristique car elle réunit, dans notre villa la Pastorale, les nouveaux arrivés,
pour leur faire partager un évènement marquant de notre histoire. Le kiosque culturel
qui se trouve à la porte 6, au Palais des Nations (Kiosque culturel) donne également une information précise sur les spectacles et permet
l’achat des billets. Il existe également des
activités sportives et des bourses d’échanges
linguistiques.
Quelles sont les évolutions
auxquelles le CAGI a dû s’adapter?
L’importance de notre association consiste
avant tout à une identification claire auprès de
nos «clients» dont la population évolue au
gré des affectations. A ce titre, des informations sont sans cesse envoyées dans les différents lieux où notre action doit être connue.
Beaucoup d’internationaux qui résident à Genève depuis longtemps et qui n’ont pas eu besoin des services du CAGI, car ils ont constitué leur réseau, seraient surpris de constater
quels services nous pourrions leur rendre.
Ceci dit, tout de même 1500 personnes par an
environ, font appel au réseau d’accueil.
Le logement : la première évolution de la
demande qui me vient immédiatement à l’esprit concerne le logement. L’intégration
culturelle et efficace suppose en effet, de
prime abord, que les personnes puissent se
loger ce qui n’est pas évident à Genève. Nous
développons, avec M. Schaller un système
qualitatif et personnalisé permettant d’adapter l’offre à la demande en accompagnant les
recherches afin de les rendre à la fois plus
adaptées, et plus efficaces.
Cette démarche suppose une identification
très précise de la problématique du logement et un contact étroit avec les agences et
régies. Nous proposons ainsi un accompagnement individualisé et une bourse du logement afin que dés qu’un logement est libéré, une offre corresponde. Nous constituons
actuellement une base de données informatique couplée à un site web permettant d’interagir. Nous sommes convaincus que cet
outil nous permettra d’être plus efficaces.
L’idée est de gérer rapidement et précisément l’offre et la demande. Grâce à cette
nouvelle démarche, nous avons par exemple
réussi à solutionner des recherches de logements de cette manière.
Imaginons qu’une famille constituée
d’un père diplomate ou fonctionnaire
international, de son épouse et de leurs deux enfants, vienne vous
voir. Quelle aide pouvez-vous leur
apporter?
Nous pouvons leur donner des informations
par exemple sur les écoles sans nous substituer cependant au travail individuel de
contact direct des familles avec l’enseignement. Nous pouvons les aider à appuyer
leurs demandes, leur offrir une aide administrative pour les écoles et le logement et les
accueillir pour les inviter à connaître notre
cité et sa population locale.
Il existe également une demande
relative à l’emploi des conjoints.
Nous sommes conscients également de la
demande concernant l’emploi des conjoints
et tentons de nous organiser pour y répondre. Nous avons commencé en créant une
bourse de travail pour les ONG qui sera sur
notre site web.
Toujours dans le domaine familial,
comment faire face à la pénurie
d’offres pour les crèches?
Effectivement, nous nous battons pour trouver une solution face au problème d’offres
pour les crèches et également pour les écoles
privées. Pour les crèches nous orientons vers
des solutions palliatives comme la maman de
jour ou vers le Bureau d’Information de la Petite Enfance. Il faut en effet être conscient que
sur Genève, toute demande de crèche passe par la ville. Nous sommes actuellement efficaces sur les demandes pour les écoles publiques. Un modèle de crèche dans l’environnement international est la crèche des Morillons
qui accueille pour moitié, des enfants genevois
et pour moitié, des enfants de fonctionnaires du
CICR. La mise en place de crèches pour répondre à la demande croissante est conditionnée à une volonté partagée de mettre des
moyens coordonnés à dispositions des demandeurs. Ce sujet est extrêmement complexe
car il faut identifier un certain nombre de paramètres depuis la construction des locaux ou
leur conformité, la contribution des internationaux qui est différenciée des nationaux (les
subventions ne peuvent pas être les mêmes car
la fiscalité est différente). Le CAGI peut certainement jouer ce rôle de facilitateur pour coordonner une démarche à condition que tous les
acteurs concernés soient prêts à se mobiliser.
La question des stagiaires, notamment
leurs problèmes de logements peut-elle trouver une solution?
Sébastien Ziegler qui travaille au sein de la
fondation mandat international connaît ce
sujet et pourra vous éclairer davantage. Un
centre d’accueil à Bellevue loge principalement des délégués mais offre également cette
possibilité à des stagiaires. Ce problème mérite effectivement comme pour la crèche,
d’être pris en compte par l’ensemble des acteurs en présence.
Que pensez-vous de l’idée d’organiser
des fêtes interorganisations?
Cette idée est tout à fait réalisable, nous
avons contribué à des manifestations afin de
créer des synergies. Le consulat du Portugal,
la Mission de Colombie auprès de l’OMC,
une soirée péruvienne ont tour à tour été
organisées.
Comment prendre contact avec le
CAGI et obtenir tous ces renseigne
ments?
Toutes nos informations sont accessibles sur le
site www.cagi.ch. Sur ce site, vous trouverez
toutes les informations relatives au réseau d’accueil, à l’assistance, aux projets culturels, aux
atouts touristiques de notre cité et l’assistance
aux ONG. Je précise que l’assistance aux ONG
est fournie par le Service ONG directement
rattaché à la Chancellerie d’Etat et placé sous
l’autorité du chef du Protocole. Toutes les informations ont également été répertoriées sur
le mémento 2009 format de poche.
Ce mémento est véritablement une source de
renseignements unique sur l’environnement
Genevois et a rencontré un vif succès.
Vous pouvez enfin vous rendre à la villa la
Pastorale qui se situe au 106 route de Ferney
à Genève où nous vous accueillerons avec
plaisir.
www.cagi.ch
INTERVIEW
Mr. REYMOND, DIRECTOR OF THE GENEVA WELCOME CENTRE
Mr. Reymond, you became director in
April 2009. What is your role, as such,
and what does the Geneva Welcome
Centre offer exactly?
Geneva Welcome Centre is a non-profit organization founded in 1996, at the time when
the seat of GATT became the headquarters of
the World Trade Organization. The Confederation and Canton of Geneva thought they
should mark this change and a structure was
created that benefited, and continues to do
so, the international civil servants and diplomatic missions as well as the members of the
non-governmental organizations. Geneva
Welcome Centre is open to everyone, from
their arrival in Geneva and during their stay,
to make life in the city easier and to offer solutions to problems they may encounter. To
ease their integration, we offer administrative
assistance to them as well. Each new arrival
is given a welcome kit that gives them all the
necessary information. I would say that our
Welcome Centre’s main function is as a facilitator for a multicultural population from
the time of their arrival until they leave. As a
team, in order to accomplish our mission, we
try to identify what could be of help to the
visitors and to adapt to their needs. Despite
the “youthfulness” of our organization, we’ve
received positive comments from satisfied
customers and we have acquired a certain
know-how that similar structures would like
to duplicate, for example, in The Hague or in
Bangkok.
What activities are offered by
the Geneva Welcome Centre?
Several events are organized thanks to Mr. Stettler. The first Thursday of each month
visits are arranged to places that are characteristic, picturesque or for wine-tasting,
among others, so that the newcomers can
get to know and appreciate what our city has
to offer.
Each third Thursday of the month, in our villa La Pastorale, we present a topic of interest that the local and international communities can share in. The festival of the “Escalade” is a good example of a theme we present at the Pastorale, because it helps the newcomers share an important moment in our history. The cultural kiosque at Door 6 in the Palais des Nations gives precise information on concerts and theatre events as well as offering a ticket service. We also organize sports events and a have a language exchange programme.
What changes has the Welcome Centre had to adapt to?
First of all, our organization had to be widely
publicized in close proximity to our “clients”
who change constantly according to their
assignments. To do this, we constantly send
information to the various places where our
work should be visible. Many internationals
living in Geneva have never used our services and are not aware of our presence because they did their own networking. They
would be surprised to learn what we could
actually offer them. This said, approximately
1500 people a year do use our network.
Housing
The first change that comes to mind is our
housing service, which constitutes the majority of requests for assistance. Efficient integration presupposes that people have a
place to live, which is not that easy in
Geneva.
We developed a personalized quality service that adapts the current offers to the clients search, making it easier and more efficient to find a suitable living space. We are highly aware of the housing problem and we have close contacts with agencies and “régies”. Because of that, we can offer individual assistance and a stock of housing that correspond to availabilities as soon as something is put on the market.
We have a database and a website for ease of interaction with our clients, and we’re convinced this will allow us to be more efficient. The main thing is to rapidly and regularly organize both supply and demand. It’s mainly thanks this new way of working that we think we have found a good solution to the housing search.
If a family, with the father being a
diplomat, the mother an international
civil servant and their two children,
came to see you, what help could you
offer them?
We could give them information about
schools, for example, without of course substituting an individual contact with the academic establishments. We could help by endorsing their request for admission, by
offering administrative assistance for schools
and housing, and advising them on how to
get to know our city and its local population.
And if they also have a request related to employment for one of the
spouses, could you help them?
We are very aware of the demand for a
spouse wanting to find employment, and we try to offer some responses. We have begun by creating a listing of jobs available
with NGOs that will be posted on our website.
What about the lack of day care
for young children, which is another
problem for families?
Indeed, we are battling to find a solution to
the problem of lack of day care centres as
well as the lack of private schools. For day
care we guide our clients towards palliative
solutions like daytime mothers and the
Geneva Information Office for Young Childhood (Bureau d’Information de la Petite Enfance”). In fact, we have to remember that in
Geneva, all requests for day care go through
the city administration.
We are actually quite efficient filling requests for public schools. For the moment, the ideal day care centre in the international environment is the Crèche des Morillons, which accepts half of its children from the local residents of Geneva and the other half are children of employees of the International Committee of the Red Cross. Opening more day care centres to meet the increasing demand would need the shared motivation of the relevant parties to coordinate the places in day care that are currently available and make them easily accessible to those looking for one.
The subject is quite complex due to the different parameters that need to be met, like the construction of the buildings or their conformity to norms and regulations, and the childcare fees for international civil servants that would not be the same as the local fees because subsidies from separate sources will apply according to different taxable income criteria. Geneva Welcome Centre would be ready to be the facilitator and to coordinate efforts, as long as all the relevant partners are ready to work together.
There is the question of interns, and
especially their problems to find housing. Is there a solution to the issue?
Sebastien Ziegler, who works for the foundation Mandat International, knows this subject
very well and can give you more information.
There is a reception centre in Belle vue that
houses mostly delegates, but it does offer
some possibilities to interns. This problem,
like day care, should indeed get more attention in Geneva from the parties concerned.
What do you think of the idea of
organizing inter-organization events?
The idea is a good one and we have participated in a few events that created a certain
synergy. The Portugal Consulate and the
Colombian Mission to WTO have each organized an event, and a Peruvian evening
also took place in the past.
How does one get in touch with
the Geneva Welcome Centre?
Information is accessible on our website
at www.cagi.ch. You will find information
about our housing network, assistance for
various questions, some cultural projects,
some tourist tips in and around the city, and
helpful notes for NGOs. I should mention
that assistance to NGOs is furnished by a
specific service attached to the Geneva Chancellery (Chancellerie d’Etat), under the supervision of the chief of Protocol.
All the information we furnish has also been
printed in a pocket-size memo book for 2009.
This little booklet is a mine of information
unique to the region and has had great success.
You can also stop in at the Villa “La Pastorale”, located at 106 route de Ferney in Geneva, where it will be a pleasure to welcome you.

