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ÉGYPTE:

FABULEUX DÉSERT DU SINAÏ

Restitué à l’Egypte par Israël en 1982, à la suite des
accords de Camp David, le Sinaï fait aujourd’hui partie
du territoire égyptien. Mais si l’Egypte se trouve sur
le continent africain, le Sinaï fait, quant à lui, partie de
l’Asie. En effet, le canal de Suez fait office de frontière
entre les deux continents.

CLAUDE MAILLARD, OMS

Deux mers bordent le Sinaï. Au nord, la mer Méditerranée et au sud la mer Rouge. A l’est, le golfe d’Aqaba le sépare de l’Arabie saoudite et de la Jordanie. Seuls Israël et la bande de Gaza ont une frontière terrestre avec lui. Enfin, l’ouest du Sinaï est bordé par le golfe de Suez et le canal de Suez qui le sépare donc du restant de l’Egypte.

Fort heureusement, le Sinaï ne se résume pas à Sharm-el-Sheikh, station balnéaire créée de toutes pièces qui attire 2,5 millions de touristes chaque année. Avec ses cinquante kilomètres de plage «bétonnée» d’hôtels, on a peine à imaginer qu’un peu plus au nord se trouve l’un des plus beaux désert de la planète, le désert du Sinaï.

Mais avant de se mettre dans la peau d’un bédouin afin de pouvoir « savourer » la splendeur des paysages, un petit détour au monastère de Sainte-Catherine s’impose. Tout d’abord nommé monastère de la Transfiguration de Jésus, le lieu prit son nom actuel au VIIIe siècle lorsqu’on découvrit la dépouille de Sainte-Catherine dans le Sinaï.

Nichée au fond d’une étroite vallée, à 1570 mètres d’altitude, cette « demeure de la solitude » est cernée par des montagnes désertiques. L’une d’elles, le mont Moïse (2285 mètres) serait le lieu présumé de la rencontre entre Dieu et Moïse. Autre sommet tout proche, le mont Catherine qui, avec ses 2635 mètres est le point culminant de l’Egypte.

Le monastère de Sainte-Catherine a été construit au VIe siècle par l’empereur romain Justinien afin de protéger la petite communauté de moines venue méditer autour du Buisson ardent, lieu sacré de la Bible.

C’est le plus ancien monastère chrétien dont l’activité est ininterrompue depuis sa création, et cela malgré les luttes et conquêtes qui ont ponctué l’histoire de la région. Des califes arabes au général Bonaparte, en passant par les chevaliers croisés et autres sultans turcs, tous prirent le monastère sous leur protection, le préservant ainsi du pillage.

Curiosité du lieu, une mosquée édifiée en 1381 par un sultan mamelouk fait face à une église de style byzantin, véritable musée qui renferme entre autres une splendide collection d’icônes.

Montagne sacrée, le mont Moïse attire quotidiennement des milliers de pèlerins venus assister au lever du soleil, et cela malgré trois heures d’ascension par un sentier au relief assez abrupt.


Après un tel bain de foule, l’appel du désert, le vrai, se fait ressentir!

D’une superficie de 56000 km2 , le désert du Sinaï est peuplé par trente-cinq mille bédouins répartis en cinq tribus. Habitant des huttes basses ou bien encore sous des tentes traditionnelles, ces bédouins nomades sont venus de la péninsule arabique il y a cinq mille ans. Ils ont été les guides des chrétiens, puis des pèlerins musulmans qui se rendaient à La Mecque. Une minorité d’entre eux sillonne encore le Sinaï à dos de chameau. Ils se consacrent uniquement à l’élevage, déplaçant leurs troupeaux au gré des très rares pluies qui arrosent la région.

A mi-chemin du monastère de Sainte-Catherine et de la côte du golfe d’Aqaba s’étend le territoire de la tribu Mézéna. Composée de quatre mille bédouins, elle gère une contrée pas très grande, mais dont la diversité des paysages en fait un lieu idylique pour celui qui saura apprécier les beautés que notre terre a su nous offrir… et que l’être humain n’a pas encore saccagées!

Aïd et Solimane, deux chameliers de la tribu Mézéna, et Hemaïd, « ministre du tourisme » local nous accompagneront dans notre périple long de 65 kilomètres, à travers des wadi (vallées), naqb (collines), canyons, montagnes et oasis qui ne cesseront de nous surprendre.

Après la traversée du wadi Ghazala et un premier bivouac au pied de naqb Hemedate, nous atteindrons le canyon Blanc. Etonnante faille creusée dans le socle de la montagne, ce canyon a la particularité d’être essentiellement composé de calcaire, ce qui lui donne un aspect crayeux où la lumière donne des reflets rosés et orangés.

Après une pause à l’oasis de Aïn Hodra, notre périple sillonnera naqb Hodra avant de rejoindre le wadi Rum (vallée des Romains) où nous passerons la nuit. Le lendemain sera consacré à la découverte du wadi Rum et ses massifs de grès érodés. Un immense paysage de désert d’une incroyable variété s’ouvre à nous avec de magnifiques couleurs, allant du jaune-vert au rose, en passant par le noir et le blanc, sans oublier l’orange-brun: absolument superbe!

Nos chameliers ont planté le bivouac au wadi Arada où le thé à la menthe nous attend.

Le canyon Arada, étrange faille, sans doute née d’un tremblement de terre, sera au programme du lendemain. La douce lumière matinale donne de superbes couleurs pastel à ce défilé étroit et érodé qui procurera pas mal de sueurs froides à certains…

Toutes bonnes choses ayant une fin, c’est dans le wadi « Zig Zag » que nous nous séparerons, à regret, de nos bédouins qui nous auront permis de vivre une merveilleuse expérience, au rythme du soleil et loin de toute cette agitation qui secoue le monde.

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