EL HIERRO
El Hierro, la plus petite île des Canaries et la
plus jeune, encore
préservée du tourisme,
a su garder son authenticité et ses beautés
naturelles. Elle a été classée Réserve mondiale
de la biosphère par
l’UNESCO en 2000.
JOËLLE MENETREY, OMS
Baignée par l’océan Atlantique, elle possède la plus grande densité de volcans de l’archipel, avec plus de cinq cents cônes à ciel ouvert et trois cents autres recouverts par des coulées plus récentes. Sa superficie, de 287 km2, nous offre un continuel contraste de paysages : champs de lave, dômes volcaniques, pinèdes, prairies cloisonnées de murets de pierre de lave et forêts de chênes verts et de hêtres : le Fayal. La flore, qui compte 30% de variétés endémiques – proportion la plus élevée d’Europe –, est d’une grande diversité. Visite incontournable du site d’El Sabinal, où les genévriers torturés par les vents, formant d’étranges chevelures, sont uniques aux Canaries.
Les alizés apportent un degré d’humidité élevé qui se condense sur les versants. Ce qui explique l’existence du célèbre arbre sacré de l’île, le «Garoé», qui était déjà vénéré par les Bimbaches (premiers habitants). L’eau des nuages se condensait sur ses feuilles et gouttait de telle sorte qu’il était possible de la recueillir dans des «bassins» entourant l’arbre. En 1610, il fut détruit par un ouragan, mais un autre tilleul fut planté en 1949 au même endroit pour le remémorer.
Dans la région du Golfe de Frontera, les criques semblent se superposer. On peut se baigner dans les piscines naturelles aux eaux chaudes de La Maceta ou de Las Calcosas. Sur le versant opposé, le littoral de Las Playas est ourlé de l’écume des vagues qui forme un liseré blanc tout le long des plages de sable noir ou de petits cailloux.
Quelle satisfaction de suivre les «caminos», sentiers balisés qui sillonnent El Hierro où les senteurs de vanille se mêlent à la quiétude, au silence environnant, et d’apprécier au tournant du chemin, après l’effort de la grimpée, la vue sur l’océan d’un bleu intense, la côte découpée frangée de blanc, ou encore une gorge profonde aux roches colorées! Ou de s’adonner au plaisir de la plongée, un autre attrait de cette île attachante, les fonds marins et la faune aquatique comblant les amateurs de ce sport.
Les vignes couvrant les versants du Golfe de Frontera fournissent d’excellents vins. Les marchés locaux regorgent de bananes, papayes, ananas, avocats, mangues au goût délicieux cultivés dans cette région et de pâtisseries faites maison que les femmes de l’île sont fières de nous faire goûter. La propreté règne partout, et les maisons blanchies forment un éblouissant contraste sur un fond de terre volcanique ou de verdoyants vignobles. La multitude de chapelles ou d’églises et les fêtes religieuses témoignent de l’attachement de la population aux croyances ancrées au plus profond de leur cœur.
La douceur du climat n’a d’égal que la gentillesse et l’amabilité des habitants de El Hierro. Il n’est pas rare qu’un autochtone, de sa terrasse ou de son jardin, fasse un petit signe de la main en guise de bonjour ou d’un «au revoir » plein de signification.

