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14E SESSION DE L’UNIVERSITE D’ÉTÉ DES DROITS DE L’HOMME DE GENÈVE

Comme chaque année depuis 1995, l’Université d’été des droits de l’homme a tenu sa session francophone du 11 au 22 août 2008. Le programme de cette année était axé sur les droits économiques, sociaux et culturels.

NICOLAS EMILIEN ROZEAU, OHCHR

Je vous propose de découvrir cette université, sa structure, ses objectifs et son programme grâce à une interview avec Monsieur Alfred Fernandez, Coprésident du Collège universitaire Henry Dunant.

Monsieur Fernandez, pourriez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu’est que l’Université d’été des Droits de l’Homme?
C’est une formation en lien direct avec les organes des droits de l’homme dont le but est de donner aux étudiants des outils efficaces pour promouvoir les droits de l’homme. La formation se déroule en deux parties. La première, virtuelle, se passe sur Internet. Elle a été suivie par cent cinquante-trois personnes (chiffre record). La seconde se déroule sur place, à Genève, et comprend des enseignements magistraux, des ateliers interactifs, et des temps de travail personnel.

Quelle est la finalité première du Collège universitaire Henry Dunant?
Le Collège universitaire Henry Dunant (cuHD) organise des formations de courte durée de niveau universitaire destinées aux acteurs non gouvernementaux et gouvernementaux. Les sessions se déroulent aux Nations Unies, pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme et de ses organes subsidiaires. L’objectif est de promouvoir une culture des droits de la personne, basée sur le dialogue entre les cultures.

Comment se compose votre corps enseignant?
Le corps enseignant de l’Université d’été se compose d’experts d’organisations internationales, de professeurs d’université, de diplomates, et de membres d’ONG. Réalisés en étroite collaboration avec le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme les cours ont pour but de donner aux participants des connaissances de base sur le système international de protection des droits de l’homme grâce à un contact direct avec les institutions des Nations Unies.

En associant la pratique et la théorie dans vos enseignements sur le thème des droits économiques, sociaux et culturels, offrez-vous également à vos participants une vision des droits de l’homme à travers les mécanismes onusiens?
En effet, cette confrontation avec le milieu onusien et la connaissance concrète de son fonctionnement sont souvent ce qui fait défaut aux membres des ONG et aux agents gouvernementaux, et l’université d’été se propose d’y remédier.

La session de cette année s’est ainsi tenue au moment où le Conseil des droits de l’homme met en place son architecture institutionnelle. Dans ce contexte, les rapporteurs spéciaux (récemment reformés) et l’Examen périodique Universel (EPU) jouent un rôle stratégique majeur. Les deux prochaines années à venir seront décisives: elles peuvent signifier un renforcement ou une régression dans la protection des droits de l’homme.

Selon vous, quel a été le fait marquant lors de cette 14e session?
Cette année l’Université d’été des droits de l’homme a formé son millième participant. En effet avec les participants de cette session – septante-sept au total – l’Université d’été a atteint ce nombre de personnes formées en provenance de nonante pays répartis sur les cinq continents. Le millième participant était un chercheur malien, Kassoum Coulibaly, collaborateur
du Centre international sur les droits culturels récemment créé à l’Université de Nouakchott.

D’où viennent les participants de cette session 2008, et quel type de public était présent pour travailler sur le thème des droits économiques, sociaux et culturels?
Les participants sont venus de trente-deux pays: douze d’Europe, seize d’Afrique, deux d’Amérique et deux d’Asie. Il s’agissait de fonctionnaires internationaux, de spécialistes d’opérations de maintien de la paix, de magistrats, de diplomates ainsi que des responsables d’ONG. La moitié des participants étaient des femmes.

Comment était structuré le programme de cette 14e session?
Nous proposions deux angles pour aborder les défis actuels des droits de l’homme:

  1. Gérer les diversités culturelles et les conflits par le droit

    Le programme de la XIVe session de l’Université d’été était centré sur les outils pratiques pour gérer la diversité et les conflits culturels en s’appuyant sur les droits de la personne. Il oeuvrait en faveur d’un pluralisme ordonné dans les pays en mettant l’accent sur les droits culturels. Une place importante a été réservée cette année à l’étude de la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, qui avait été présentée en mai 2007 aux Nations Unies.

    Un colloque public a réuni le 21 août au Palais des Nations, des spécialistes sur le thème Diversité des croyances et citoyenneté démocratique. Ce colloque organisé pour célébrer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle a traité des questions de la citoyenneté inclusive et du rôle des religions dans les conflits internationaux. Figuraient parmi les orateurs K. Singh de l’UNESCO, G. Ngefa de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire, M. Veuthey, Vice-président de l’Institut de droit humanitaire, A. Sow de l’Université de Nouakchott, N. Rondeux du Ministère des Affaires Etrangères de Belgique et W. Ossipow de l’Université de Genève.

  2. Tester les nouveaux mécanismes du Conseil de droits de l’homme

    Le programme 2008 se proposait également de tester les nouveaux mécanismes de protection des droits de la personne mis en place par le Conseil des droits de l’homme, notamment l’Examen périodique universel (EPU) et le protocole facultatif autorisant des plaintes pour violation des droits économiques et sociaux. Une simulation de deux jours a mis en scène le protocole facultatif et un atelier de trois heures a développé les compétences pour participer efficacement à l’Examen périodique universel.

    Les participants ont eu l’occasion de suivre le nouveau Comité Consultatif du Conseil car la formation s’est déroulée pendant la session de cet organe qui a siégé pour la première fois cet été.

    Le programme incluait des sessions sur l’éducation aux droits de l’homme, sur le droit international humanitaire, le droit à l’éducation, le droit à la santé et les droits de peuples autochtones et le développement durable. Une partie était dédiée à cette question en lien avec les changements climatiques, présentée par A. Dramé, membre vert du Conseil municipal. L’impact de la finance internationale sur les droits de l’homme était examiné par le professeur P. Dembinski, Directeur de l’Observatoire de la Finance, et l’éthique de la coopération internationale par le professeur F. Rizzi de la Chaire Unesco de l’Université de Bergame.

Quel est le fonctionnement interne et quels sont les membres fondateurs du Collège universitaire Henry Dunant?
L’Université d’été des droits de l’homme et du droit à l’éducation (ueDH), créée en 1995, et devenue, en 2005, le Collège universitaire Henry Dunant (cuHD).
C’est une fondation placée sur la surveillance du Département Fédéral de l’Intérieur. Son siège est à Genève, ville des organisations internationales et de plus de deux cents ONG, la capitale mondiale des droits de l’homme, et le premier lieu de rencontre des défenseurs des droits humains.
Le Collège universitaire Henry Dunant est une initiative de la société civile soutenue par la DDC et les communes de Cologny, Planles-Ouates, Lancy et Veyrier, ainsi que par le programme de Participation de l’UNESCO, la Banque Pictet et Cie et la Banque Cantonale de Genève.
www.aidh.org/uedh

Pour conclure, et avant de nous quitter, souhaiteriez-vous rajouter pour nos lecteurs des informations complémentaires sur les réalisations du Collège universitaire Henry Dunant?
En quatorze ans d’activité, le Collège universitaire Henry Dunant a développé huit programmes de formation en Europe et Amérique Latine dont deux avec l’Université de Genève. En 2008, il a créé avec l’Université de La Rioja (Espagne), une chaire UNESCO intitulée Citoyenneté démocratique et liberté culturelle.

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