IMTIAJ SHOHAG, UN ARTISTE ORIGINAIRE DU BANGLADESH AU PARCOURS PROMETTEUR
Remarqué pour son talent au
Bangladesh, Imtiaj
Shohag
obtient une bourse du
gouvernement français et
poursuit ses études en France,
d’où il sort – avec
mention – de
l’Ecole Nationale Supérieure
des Arts
Décoratifs de Paris. Il
participe à de nombreuses
manifestations artistiques
internationales, ateliers,
résidences... Il est exposé en
solo et de façon collective
en
Europe, en Asie, au Moyen-Orient et ailleurs.
Aujourd’hui,
il vit et travaille en France.
CÉCILE BOISSIMON
Son travail porte sur les désastres auxquels la société contemporaine est confrontée. A l’heure où les médias déversent quotidiennement des images chocs d’accidents et de catastrophes, nous ne prenons plus le temps de nous arrêter sur les évènements présentés. La multitude d’images que l’on reçoit se confond puis finit par s’estomper. La démarche d’Imtiaj Shohag consiste à extirper certaines images de ce flux ininterrompu, afin de rendre leur dimension humaine à ces fléaux, tels que tremblements de terre, inondations, tempêtes, tsunamis, changement climatique, les accidents de voitures, la pollution des marées noires, les toxines dans les casses de bateaux en Inde et au Bangladesh, les guerres, les naufrages... Ses toiles nous rappellent combien l’homme est petit face à ces forces dévastatrices. Il s’intéresse à l’impact du choc, aumomentmême où l’incident se produit, à la trace de la violence qui accompagne ou suit l’accident. Ayant lui même subi de grosses inondations et des tempêtes, il s’identifie aux victimes et nous donne souvent l’impression d’une scène vécue. La réalité qu’il dépeint est éclatée, plurielle, morcelée, déformée, floue, imprécise et intemporelle. Les couleurs utilisées sont souvent gaies, porteuses d’espoir. En revanche, les coups de pinceaux sont emportés, d’une force chaotique.
Dans ses toiles, il part souvent de la partie pour exprimer le tout: un bateau qui coule, un visage qui pleure, une voiture fracassée,... autant de scénettes qui renvoient à un fléau plus général. Dès lors, il s’est penché plus particulièrement sur cette puissance inconnue qui emporte tout sur son passage. A travers ses toiles, il étudie les relations de l’ordre et du désordre qu’elle engendre. Il donne à s’interroger sur le sens d’un élément qui ne serait pas relié à sa totalité ou d’un ensemble d’éléments détachés de leur contexte. C’est ainsi qu’il a peint toute une série de tableaux intitulés «fragments» où une multitude de formes rectangulaires s’entrecroisent, se mélangent et se répondent.
Le chaos étant aussi quelque chose de non visible et d’impalpable, Imtiaj Shohag le suggère par un enchevêtrement plus ou moins flou de formes, de couleurs, de lumière et de fragments, ce qui l’a amené à s’intéresser aux accidents plastiques, à la rencontre accidentelle de couleurs, de formes et à leur interaction, à la façon dont la peinture dégouline, aux zones plus ou moins floues. Pour accroître ses chances de créer des accidents plastiques, il se met volontairement en difficulté quand il peint. Il utilise constamment de nouvelles techniques qui contraignent sa dextérité. Il peint en rendant l’effet de l’aquarelle avec de l’huile et joue ainsi avec les transparences, il retourne ses toiles au fur et à mesure qu’il peint, il peint sur de très grands formats, il retourne un morceau de sa toile au sein de sa propre composition. Et dans ses dernières toiles, il utilise une technique très particulière à base de cire, d’huile et d’acrylique qui ne lui laisse que très peu de temps pour poser sa peinture. Il peint d’abord de façon hyperréaliste puis il chauffe sa toile à l’aide d’un fer. Il appose ensuite un film plastique sur sa toile puis il l’arrache, ce qui crée des accidents plastiques qu’il provoque en fonction de l’effet recherché.
Témoin de notre temps, Imtiaj Shohag dénonce la fragilité de notre existence face aux fléaux naturels et humains. A travers l’acte de peindre, sans doute cherche t-il à dompter ces éléments déchaînés? Par son ton direct et sans artifice, ilmêle cruauté et beauté avec un réalisme déconcertant. Par sa démarche, son regard humain et lucide nous place face à nos limites et à nos responsabilités.
Retrouvez plus d’informations sur les prochaines expositions et les oeuvres d’Imtiaj Shohag sur www.shohag.fr

