DU BUREAU SANS PAPIER... À LA SALLE DE COURS VIRTUELLE!
SERGIO DA SILVA, ONU/STIC
Nous avons tous entendu parler de SecondLife depuis un certain temps déjà. Il s’agit d’un monde virtuel auquel on accède via le navigateur de notre ordinateur.
Malgré le peu d’intérêt que cela avait suscité jusqu’à présent, l’évolution de son utilisation ne peut pas nous empêcher de regarder de plus près ce «monde parallèle».
Des entreprises comme l’Oréal, l’utilisent
pour ses entretiens d’embauche, des universités
telles que Harvard, s’en servent dans le
cadre des études de droit et des pays tels que
la Suède, ont adopté ce nouveau moyen de
communiquer avec leur public et ouvert en
mai 2007, un portail culturel et administratif:
la Maison de la Suède.
Gary Lebowitz travaille dans la Section du
perfectionnement et du développement du
personnel à l’ONU à Genève et depuis
quelques années s’intéresse à la mise en
place d’un environnement virtuel pour l’enseignement
à distance.
Selon lui, cela ne demande même pas un grand investissement matériel, en largeur de bande, en assistance informatique ou en formation en technologies de l’information.
Comment avez-vous découvert ce
nouvel outil de formation?
A vrai dire, je suis l’évolution de ce type d’environnement
depuis presque 10 ans. A
l’époque, ce qui m’intéressait le plus dans le
cadre de l’enseignement, c’était la possibilité
qu’avaient les gens de se rencontrer dans un
espace virtuel et de discuter par chat ou voix
sur IP (VOIP). Au départ, ceci me semblait
n’être qu’un jeu pour les plus jeunes. Mais je
me suis vite rendu compte de ses possibilités
pédagogiques.
Qu’avez-vous fait ensuite?
Après avoir évalué plusieurs produits de ce
genre nous en avons choisi un, qui correspond
le mieux à nos besoins d’enseignement
pour les gens se trouvant sur le terrain.
C’est-à-dire, que vous formez déjà des
gens utilisant cette méthode?
Oui, depuis le début de cette année on
donne des cours de langue aux fonctionnaires
des Droits de l’homme au Népal.
Comment sont organisés ces cours?
Il s’agit d’un groupe d’une dizaine de personnes
se trouvant à Katmandu et dans différents
lieux d’affectation un peu partout au
Népal. Nous nous donnons rendez-vous
préalablement par e-mail et nous nous
connectons connecte ensuite via Internet à la
plate-forme représentant un monde en 3D
qui est assez réaliste.
Que voient les élèves dès qu’ils se
connectent?
Ils voient ce qui s’appelle leur «avatar» qui est
leur représentation graphique à l’écran. Non
seulement ils voient le leur mais aussi celui
des autres participants. Dans notre cas, le
point d’entrée dans ce monde, se trouve devant
notre centre de formation virtuel.
Que se passe-t-il ensuite?
Ensuite, je les invite tous à me suivre dans le
bâtiment, en utilisant les touches directionnelles
du clavier. Une fois dans le bâtiment, on
se déplace vers la salle de classe, le cours
peut enfin commencer, comme dans la réalité.
Une fois les élèves installés, comment
se déroule ce cours d’un type nouveau?
Dans mon cas, vu qu’il s’agît d’un cours de
conversation en anglais, je demande aux
élèves de visionner une vidéo affichée sur un
écran se trouvant au fond de la salle de classe.
Ensuite, je leur demande d’en discuter entre
eux soit par texte (chat), soit par voix (VOIP).
Sunil Gurung travaille pour le Centre pour les
droits de l’homme au Népal et est un des
élèves de Gary Lebowitz.
Sunil, quelle est votre opinion sur
ce type de formation par rapport
à un cours traditionnel?
Ce type de cours n’est jamais monotone,
nous nous déplaçons dans différents endroits,
nous parlons dans un auditorium,
nous participons à des jeux de rôle, ce qui
rend ce type de formation très stimulant. Il
s’agit d’une très bonne alternative aux cours
traditionnels.
Avez-vous discuté avec d’autres
collègues sur le sujet?
Ils étaient comme moi, amusés et impressionnés
par le fait de se rencontrer ensemble
dans une même salle, sachant qu’en réalité
nous étions un peu partout à travers le
Népal...
Qu’avez-vous appris?
Non seulement la pratique de la conversation
anglaise, mais aussi de nouvelles méthodes
d’apprentissage pour les adultes. Celles-ci,
ont été une entière découverte pour nous et
ont aussi rendu les cours particulièrement intéressants.

