LA COSMÉTIQUE AU FIL DU TEMPS
«DE L’OLIVIER AU SAVON D’ALEP».
A cent ans, l’olivier est encore un enfant. Aujourd’hui encore
il symbolise
l’opiniâtreté et la longévité. Partout en Méditerranée,
cet arbre au tronc noué
et buriné, aux formes tourmentées
s’impose dans cette région gorgée de
soleil.
SONJA L. HANACHI
Dans l’Antiquité, cet arbre était considéré comme le symbole de la paix et comme un présent divin. Pour les Athéniens, l’olivier était un don fait par la déesse Athéna à la cité. Il nous offre les plus vieux fruits de notre planète, fruits miraculeux : les olives qui produisent des huiles vierges parfumées.
Essence des plus utiles pour toutes les populations du pourtour méditerranéen, l’huile d’olive ne jouait pas seulement un important rôle alimentaire ; on s’en frottait le corps au sortir du bain afin d’assouplir muscles et articulations.
Comme l’olivier, le laurier symbolisait la paix. Le laurier noble produit un fruit dont l’odeur rappelle à la fois celle du girofle et de la noix de muscade.
Élaboré depuis la haute Antiquité, le savon d’Alep représente plusieurs milliers d’années de culture et d’histoire. Le mode de fabrication originaire de la ville d’Alep en Syrie a été perpétué. Au fil du temps, et grâce aux croisés qui le rapportèrent en Occident, ce savon s’est répandu à travers le bassin méditerranéen, pour atteindre Marseille, dont le savon est l’héritier direct du Savon d’Alep.
Le savon d’Alep est à l’origine de la totalité des savons durs dans le monde. Il est élaboré exclusivement avec des matières premières naturelles dont les vertus curatives sont réputées. L’olive et le laurier sont utilisés pour la fabrication de ce savon dit «surgras».
Depuis la plus haute antiquité, le savon d’Alep est fabriqué selon une recette ancestrale et un procédé artisanal qui demeurent à l’identique depuis sa création. Cette tradition séculaire est perpétuée jusqu’à nos jours, génération après génération et de père en fils, par les maîtres savonniers d’Alep.
Il est élaboré exclusivement avec des matières premières nobles et ne contient, en sa forme originale, ni colorant, ni parfum, ni adjuvant.
Son secret réside dans l’utilisation conjointe d’huile d’olive (entre 1 % et 20 %) et d’huile de baies de laurier (20 %) qui confère à ces savons leur valeur et leur efficacité dermatologique.
Chaque année, en novembre, quand les huiles d’olive viennent d’être extraites, le même rituel se répète. L’huile d’olive est cuite très lentement, avec de l’eau et de la soude naturelle, pendant plusieurs jours dans un grand chaudron en pierre. En fin de cuisson, quand la pâte est prête, il est ajouté l’huile de baies de laurier afin de l’enrichir et de la parfumer.
La pâte est ensuite étalée, puis découpée manuellement en morceau. Les savons seront séchés au soleil pendant un minimum de 10 mois. En séchant, ils prennent une couleur brune, seul le cœur reste vert.
Très respectueux des peaux les plus sensibles, on peut l’utiliser aussi bien pour la toilette du corps et des cheveux, que pour le linge.
LA COSMÉTIQUE AU FIL DU TEMPS
«KHÔL OU KAJAL»
SONJA L. HANACHI
Le khôl, kohol ou kohl est une poudre minérale composée principalement d’un mélange de galène (ou de malachite), de soufre
et de gras animal, utilisée pour maquiller les
yeux. Le khôl peut être noir ou gris selon les
mélanges.
Si le khôl est d’abord utilisé en tant que cosmétique, il a aussi des vertus médicinales. Les
Égyptiens l’utilisaient déjà comme collyre
pour prévenir et soulager des infections oculaires, mais aussi pour protéger les yeux des
fortes réfractions de la lumière du désert.
Rapidement, le pharaon et ses sujets ont
été conquis par la profondeur et le mystère
que conférait le khôl à leur regard, si bien
que femmes et hommes l’utilisaient pour se
maquiller.
Au fil des siècles, le khôl a continué à être utilisé par les Arabes et les Berbères. La recette
de cette poudre varie de l’Irak au Maroc,
chaque région et chaque femme ayant sa propre recette. L’une des recettes classique
consistait à mélanger en proportions égales
du sulfate de cuivre, de l’alun calciné, du
zenjar et quelques clous de girofle, puis de ré
duire les différents ingrédients dans un mortier. Au Maroc, on y ajoutait de l’huile d’olive pour le rendre plus doux à l’application.
Traditionnellement, on l’applique en utilisant un bâtonnet en bois appelé mirwed.
Après l’avoir enduit de khôl, on glisse le bâtonnet entre les deux paupières jointes et, par
un mouvement de va et vient, le khôl souligne harmonieusement l’œil ou la paupière.
Le Kajal signifie en arabe «charbon». Il s’agit
d’un baume naturel indien qui s’applique
comme le khôl oriental et qui a l’avantage,
tout en se maquillant, d’être un véritable soin
naturel pour les yeux. Grâce au «charbon de
ghee» et au camphre, il permet de rafraîchir
les yeux, d’évacuer les poussières, de prévenir les irritations, et surtout d’éclaircir l’œil
en diminuant les vilaines rougeurs, les vaisseaux éclatés à cause du port de lentilles, de
la pollution, de l’air sec dû au chauffage ou
à la climatisation et, pour nous, à la fatigue
oculaire devant l’écran d’ordinateur !
En contact avec les yeux il enrobe poussières et autres particules et permet au liquide lacrymal de les évacuer. On obtient ce
charbon en brûlant le ghee, suivant la tradition ayurvédique, dans une lampe à huile. La
suie qui s’en dégage est fixée sur des plaques
de cuivre ou d’argent et est ramassée pour
constituer le «charbon de ghee», utilisé pour
les kajals ayurvédiques.
Le Kajal est fabriqué à base de beurre clarifié, de lanoline, huile de coco, huile de ricin,
cire de carnauba, cire d’abeille, huile
d’abeille, huile d’amande douce, de camphre naturel (environ 0,8 %), de colorants
alimentaires et de nacre véritable. Autant
dire entièrement naturel !
Le Kajal noir est au charbon de ghee et les
Kajals de couleurs contiennent des colorants
naturels et de la nacre micronisée.
Son application est également rapide et facile. Il se pose à l’intérieur et à l’extérieur de
l’œil comme pour le khôl.
Un petit plus : il rafraîchit l’œil grâce au camphre naturel qui le compose ce qui surprend
les premières fois de sa pose. Et comme le
khôl il protège des infections oculaires et
des éblouissements du soleil.
Il existe en version incolore pour les hommes
qui aime son coté frais.

