SÉCURITÉ : LE NOUVEAU VISAGE.
Parmi l’effectif en constant renouvellement du service
de la sécurité, il est
un nouveau collègue qui ne laisse
personne indifférent, il a pour nom
York, il vient de rejoindre
l’effectif avec son maître.
JOSÉ GALLARDO/C DAVID ONUG
Face aux interrogations et à la curiosité des lecteurs, des fonctionnaires et des visiteurs du Palais, José Gallardo son maître, a souhaité répondre aux questions d’UN special.
José quel est votre parcours personnel
et professionnel?
Depuis mon enfance, j’ai été attiré par le domaine
canin. En fait, mes premiers souvenirs
canins sont liés à un chiot Berger Allemand
prénommé Romy, acquis par mon père. C’était
un petit mâle de trois mois, parfaitement indiscipliné.
Ce polisson de chiot est très vite devenu
un problème quand il a dévasté le petit
logement que mes parents louaient. Un matin,
au retour de l’école, mon père m’annonça en
quatre mots, qu’il avait pris la décision de
ramener Romy à son élevage. Plus tard, j’ai
compris que cette maudite journée avait été
l’aveu d’un terrible échec pour mon père. Inconsciemment,
j’ai certainement voulu montrer
à mes parents que l’échec n’en était pas un
et qu’il a contribué à forger ma vocation. J’ai
alors entamé une carrière dans la gendarmerie
suisse policière par idéalisme et dans le souci
de faire respecter la justice. A 16 ans, je signais
mon premier contrat d’apprentissage au centre
de formation de la police cantonale
genevoise. Nous étions en septembre 1984. En
1991, j’eu le privilège d’intégrer la Brigade canine.
C’est en février 2008 que j’ai intégré
l’UNOG et sa sécurité afin de saisir cet opportunité
énorme qu’est le projet K9 Unit.
Présentez nous notre nouveau
collègue
Mon chien York est un Berger Allemand de
10 ans ½. Son poids de forme est à 35 kg. Il vit en famille, comme tous les futurs chiens
de notre unité et il est doux comme un agneau.
Parlez-nous du projet de création
d’une unité canine et du métier de
maître chien.
Le Service de la sécurité a beaucoup évolué
ces deux dernières années, outre un renforcement
de l’effectif, il est en cours de totale
restructuration. Cette volonté est motivée
par un souci d’efficacité pour répondre
aux exigences et aux nouvelles missions.
Dans ce cadre, la création d’une unité canine
était incontournable, dans toutes les unités
militaires et de police elle apporte un réel
bonus aux missions de la sécurité.
Le métier de maître chien est avant tout
une passion, il suppose une réelle symbiose
avec l’animal. Ce dernier est en effet
un être surdoué, doté de qualités extraordinaires.
A cet égard, c’est souvent celui
qui se définit comme le maître qui apprend
de son animal, et qui pose un genou devant
ce loup apprivoisé supposé inférieur. L’apprentissage
et la connaissance de l’animal
sont constitués d’un mélange de sensibilité,
d’abnégation et de goût du travail bien fait.
Une relation fusionnelle et une quête s’établissent,
leur aboutissement est constitué
d’une parfaite communication: comprendre
son regard, écouter son souffle, sentir
ses mouvements et être lui.
La confrontation entre deux êtres a priori
différents n’en est plus une, les deux équipiers
deviennent alors un être bicéphale qui
pense, réagit, intervient d’une manière naturelle
sans même y penser.
Comment cette unité sera-t-elle
constituée, quelles seront ses
missions?
Les missions sont liées au formidable potentiel
que revêt l’utilisation de cette unité.
Dans une enceinte comme la nôtre, nous
travaillons au milieu de dizaines d’hectares
de parc, la sécurité ne peut se concevoir sans
cet apport essentiel. Toute l’électronique
disponible sur le marché ne pourra jamais atteindre
l’efficacité d’un binôme maître chien.
Toutes les armées et unités constituées du monde ne peuvent d’ailleurs pas se passer de cet apport essentiel dans des domaines comme ceux des rondes, de la détection des explosifs. La perspective de confrontation avec un chien en cas de tentative d’intrusion ou le simple fait de savoir que des chiens effectuent des rondes constitue un aspect dissuasif non négligeable. Cette unité canine sera constituée d’agents et de chiens spécialisés dans la détection d’explosifs.
L’objectif de cette unité canine est celui de
l’excellence.
La valeur des agents sélectionnés se doit
d’être à la hauteur de la mission. Ces maîtreschiens
(gestionnaires du canidé propriété de
L’UNOG), recevront une solide formation
dans le domaine concerné. Cette formation
suivie d’un diplôme, reconnue par les autorités
du pays hôte, sera agrémentée d’une
solide expérience cumulée lors de stages,
d’entraînements et de mises en situation des
équipes cynophiles. Les compétences dans la
conduite basique de l’animal, seront renforcées
par des formations également reconnues
au niveau Suisse. Des exigences particulières
à la fonction seront acceptées par
écrit par les agents gestionnaires. Ces exigences
sont identiques au système actuellement
en fonction à la K9 Unit de New York
(sauf particularités). Ces astreintes sont lourdes
et expliquent le niveau d’engagement
personnel et de motivation requis.
Les compétences canines suivantes seront
exigées:
- Obéissance poussée. Selon règlement civil en application du pays hôte.
- Olfaction développée par des exigences de pistage permettant le suivi d’une intrusion dans le domaine de l’UNOG et annexes.
- Compétences reconnues et évaluées continuellement dans le domaine de la recherche d’explosifs. Haut niveau d’aptitude requis, évaluation de mise en service en présence et sous jugement de représentants reconnus du pays hôte.
- A noter qu’aucune compétence n’est désirée dans le domaine du «chien de patrouille», à savoir que le travail de «mordant» est hautement prohibé avec un chien de l’organisation.
La mission des unités canines, au regard des effectifs disponibles consistera à:
- Fouilles sporadiques des véhicules se présentant aux entrées de l’UNOG et annexes.
- Fouille systématique, selon évaluation des risques, du transit postal sous responsabilité de l’UNOG et annexes.
- Fouille systématique, selon évaluation des risques, des marchandises et matériaux livrés à l’UNOG et annexes.
- Fouilles sporadiques des véhicules stationnés à l’UNOG et annexes.
- Engagements et fouilles des locaux concernés par des conférences ou des réunions à l’UNOG et annexes.
- Engagements et fouilles de colis suspects.
- Patrouilles pédestres «sécurité» dans les locaux de l’UNOG et des ses annexes.
- Démonstrations et informations aux fonctionnaires internationaux.
Selon les effectifs disponibles, et la demande, ces diverses prestations pourraient être présentées aux multiples organisations internationales.
Quelles sont les réactions des
collègues et des fonctionnaires?
J’ai observé beaucoup de réactions de curiosité
et d’étonnement. Nos collègues comprennent
rapidement à la fois l’avantage pour
leur sécurité personnelle et ils ressentent une
vraie sympathie pour l’animal une fois que
l’aspect purement sécuritaire et donc forcément
contraignant est passé.
Plusieurs collègues, et pas seulement de la
sécurité, m’ont d’ailleurs demandé de ses
nouvelles quand il a dû subir une petite
intervention.

